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Compilations - Bandes originales de films › Sliver

cd | 13 titres | 55:13 min

  • 1 Can't Help Falling In Love [UB40]
  • 2 Carly's Song [Enigma]
  • 3 Slid [Fluke]
  • 4 Unfinished Sympathy [Massive Attack]
  • 5 The Most Wonderful Girl [Lords Of Acid]
  • 6 Oh Carolina [Shaggy]
  • 7 Move With Me [Neneh Cherry]
  • 8 Slave To The Vibe [Aftershock]
  • 9 Penthouse And Pavement [Heaven 17]
  • 10 Skinflowers [The Young Gods]
  • 11 Star Sail [Verve]
  • 12 Wild At Heart [Bigod 20]
  • 13 Carly's Loneliness [Enigma]

chronique

Sliver, thriller érotique velouté à souhait, m'a révélé la beauté de Sharon Stone à son climax esthétique ainsi que celle de Massive Attack. Sliver n'était peut-être pas aussi chaud-tatin que 9 semaines et demi, j'en conviens... mais j'imagine que c'était toujours un peu plus savoureux que de fantasmer sur 50 nuances de Raie. Sliver surfait surtout sur le succès de Basic Instinct, et la vague hollywoodienne très lucrative des thrillers érotiques. Une bonne manne bien juteuse. Un scénario écrit sur un coin de nappe, quelques plans léchés avec des seins et des fesses, ombres portées si possible, éventuellement une partie très intime pour le climax de l'intrigue... et il suffisait de se baisser pour ramasser la thune. Sans avoir oublié la bande originale à distribuer aux gogos qui, encore émoustillé par le corps de Sharon, iraient découvrir sans le vouloir les Young Gods au détour d'une sélection très chill-out avec des groupes attendus sur le thème de la bagatelle (Lords of Acid et Enigma en tête). Sharon Stone toute nue + un tube des Young Gods, pensez-y. C'était ça, la magie des années 90. Sliver ne fût que l'un de ses produits, mais un peu plus pour moi... Basic Instinct était certes supérieur d'un point de vue purement cinématographique, mais Sliver avait son petit charme et une sensualité plus, notamment parce que Sharon Stone n'y était pas une prédatrice glaciale, mais s'y montrait vulnérable, petite fleur moite mouillée de rosée, et cela sans perdre cette ambivalence caractéristique de la femme trop intelligente pour être aussi canon. Sharon incarnait le rôle d'une femme non plus manipulatrice mais aux mains - littéralement - d'un homme manipulateur, incarné par l'un des frères "regard-de-clébard"-Baldwin, en l'occurence le plus "teckel-abandonné" des trois, le jeune bellâtre de Backdraft (autre film que je kiffais et qui a rapport avec la lance à incendie aussi, mais ne digressons pas). Une bonne petite ambiance à la Sea of Love (ah cette grande époque des sexy thrillers) avec un soupçon d'American Psycho de mémoire. M'bref pas un grand film, mais son utilité était un peu ailleurs pour moi, comme pour la majorité des spectateurs j'imagine. Vous l'aurez compris, l'intérêt que je pouvais porter à Sliver s'achevait en général dans le froissement du tissu et la darkness de la puberté. Et justement c'est là que la musique entre en jeu, à ce moment secret où l'homme n'est qu'une barre à un neurone et que la magie l'irradie sans prévenir : alors pas du tout concentré sur la musique, je découvris Massive Attack pendant la scène-clé de Sliver. "Unfinished Sympathy", en pleine scène de baise Stone-Baldwin, avec ambiance tamisée et le corps absolument parfait de Sharon Stone ondulant à la perfection avec un jeu de bassin... parfait. Une lava-lamp dans le décor probablement, mes souvenirs ne sont pas aussi précis, ils restent granuleux comme l'image de la VHS sur pause avec les parasites de la bande magnétique qui impriment des traits tremblants. Enfin je me souviens qu'à ce moment en entendant pour la première fois ce titre je me suis dit "wow, c'est beau", et j'ai lâché la...télécommande, pour étendre mes bras en position christique avant de murmurer solennellement : "Merci mon Dieu". Bien plus tard j'en suis toujours à la même conclusion : ce morceau est d'une éternelle fraîcheur, et le réentendre est toujours un plaisir, B.O. ou pas. Pour le reste, cette bande originale incarne la compilation grand public typiquement 90's versant lounge putassier et clubbesque, ou juste soupasse hip-pop (Aftershock) avec en tâche de javel un tube 80's de vieux waveux au blase burgessien (Heaven 17), mais heureusement avec une petite portion de top notch, car comme souvent dans cette décennie une B.O.-compile contient au moins une tuerie "underground" : Young Gods en l'occurence, et le génial "Skinflowers", tube qui ne parle évidemment pas de fleurs, tube imparable des années 90 alternatives au même titre que "Any Day Now" de Cop Shoot Cop ou "Hey Man Nice Shot" de Filter entre autres... D'ailleurs j'avoue tout : je ne chronique cette B.O. que pour crier mon amour de ce titre, le reste n'est qu'enrobage, vous vous êtes fait escroquer. L'achat de cette compile a bien été amorti par le simple fait que j'ai écouté cette piste en boucle, eh oui ! Moisson maigre, mais au rayon (petites) bonnes surprises il y a aussi les gros germains cheesy de Bigod 20, un de ces groupes d'EBM de seconde zone plutôt buvables, avec "Wild at Heart" qui reste un de leurs bons titres (pas du Nitzer Ebb mais pas de la merde non plus). Et pour finir Verve, groupe que j'ai toujours dédaigné comme Silverchair mais qui à leurs débuts évoluaient semble-t-il dans un genre de bouillie psyché-shoegaze pas renversante mais mignonne comme tout, "Star Sail" n'ayant rien à envier aux Black Angels. Voilà, tout ça pour dire que les mecs qui ont confectionné cette B.O. étaient de petits farceurs, en plaçant ces titres au milieu de crèmes légères comme ces chansons d'amour r'n'b ou la new age frelatée d'Enigma. M'enfin c'était aussi ça les 90's : même quand on travaillait pour des producteurs cyniques, on pouvait pas s'empêcher de placer un peu de sombrex dans la variété.

note       Publiée le dimanche 13 décembre 2015

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E. Jumbo › lundi 18 avril 2016 - 00:59  message privé !

Je m'enquille pas mal de bandes-son '90s en ce moment et franchement celle-là est dans le haut du panier. Pris indépendamment, peu de morceaux sont vraiment bons, mais je trouve l'ensemble vraiment cohérent, balayant un peu tout le spectre downtempo velouté. Y a guère que le morceau de Shaggy qui colle pas.

Note donnée au disque :       
Dane › jeudi 17 décembre 2015 - 03:35  message privé !

J'ai découvert Massive Attack de la même façon (avec la télécommande etc...).
Revu le film il n'y a pas longtemps, tu as bien résumé ce genre de film.
Il y avait pire à l'époque avec tous les "Hollywood night", pire parce qu'ils n'avaient pas droit à Massive Attack et aux Young Gods.

(N°6) › dimanche 13 décembre 2015 - 01:08  message privé !
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La bonheur des VCR et des arrêts sur image craspec, c'était ça aussi les années 90. J'avance, je recule, j'avance, je recule.

Raven › dimanche 13 décembre 2015 - 01:02  message privé !
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C'est qu'il y en a un petit paquet disséminées de ces chros sans chro, mon vieux Torque... rentrer les infos est le plus chiant, on le fait parfois (trop) en avance... ça m'apprendra à ne pas poster par flemme de relire mes brouillons.

Note donnée au disque :       
Dun23 › samedi 12 décembre 2015 - 18:53  message privé !

Ouais, c'est le post Basic Instinct. On a catalogué la belle Sharon en blonde superbe écartant les cuisses pour la bonne cause, et juste bonne à ça et ça a donné ce genre de bouse. Me souviens pas de quand j'ai découvert Massive Attack pour ma part. C'est peut être avec ça, ceci dit.