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Gert Emmens / Ruud Heij › Echoes from Future Memories

cd • 4 titres • 75:24 min

  • 1Secrets Lie within the Event Horizon 12:24
  • 2Depth of Prolonged Nature 21:20
  • 3Whispering Winds over Dusty Roads 17:04
  • 4Echoes from Future Memories 24:30

enregistrement

Pistes 1 à 3 enregistrées au Infinite Echoes Studio à Utrecht, Hollande en 2014 Piste 4 enregistrée au studio de Gert Emmens à Arnhem, Hollande en 2015

line up

Gert Emmens (Clavier, synthés, guitare et FX) Ruud Heij (Clavier et synthés)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://home.zonnet.nl/gert.emmens/

chronique

Gert Emmens et Ruud Heij avaient des choses à se faire pardonner après le très ambiant Signs. Ceux qui suivent les aventures soniques du duo Hollandais depuis Return to the Origin en 2004 étaient habitués à de longs fleuves soniques avec des figures rythmiques qui projetaient leurs ombres dans de denses décors ambiosphériques. Et en réalité ces fans ne s'étaient pas mis quelque chose sous la dent depuis 2011 avec The Sculpture Garden, car même Lost in the Swamp annonçait une aventure vers le monde de la musique planante. Et ces fans ne seront pas déçu! Avec “Echoes from Future Memories”, Emmens/Heij effectue un virage à 180 degré en remettant leur MÉ à l'ère de l'analogue. Avec ses quatre longues pièces bien ancrées dans de lentes introductions qui bouillonnent d'ambiances vaporeuses imbibées de gaz cosmique et de brume métallisée et où les rythmes lents chevauchent paresseusement les plaines intersidérales, ce dernier opus du très apprécié duo possède tous les attributs pour les reconnecter avec les fans qui avaient fuient le navire cosmique des aventures soniques de Gert Emmens et Ruud Heij. Et au final, vous découvrirez en “Echoes from Future Memories” un superbe album qui resplendit de toutes les phases d'une Berlin School et de ses complexités. Et je vous le dit d'emblée; la pièce-titre est un coup de génie!
Une grosse ombre de bruits menaçants gronde en ouverture de "Secrets Lie within the Event Horizon". Les horizons suintent une eau métallique alors que des résidus de tonalités se fondent dans la masse des lignes de synthés plutôt sobres qui échappent des nappes de voix absentes. Le décor lunaire des œuvres interstellaires de Gert Emmens et Ruud Heij prend forme. Les arches soniques et les denses nappes de synthé flottent et forgent une tranquille oasis sonique où les illusions s'évaporent dès que des claquements surgissent un peu avant la barre des 3 minutes. Les nappes de synthé ornent une enveloppe sonique qui devient plus intense et les ambiances se déplacent comme un long vaisseau qui tente de changer de cap sur la Mer de la Tranquillité. Une ligne de basses séquences palpite violement, forçant un mouvement lourd et vif à osciller dans le sillage d'une autre ligne de séquences qui fait rugir des ions plus limpides dont les vifs reflets papillonnent vivement sous les langoureuses caresses d'un synthé et de ses solos rêveurs. Ici comme sur les trois autres titres de “Echoes from Future Memories”, le décor sonique est enchanteur. Mis à part les nappes éthérées et les solos, le duo Hollandais garnit ses ambiances intersidérales d'une nuée de bruits ambiants tous hétéroclites qui déferlent comme une brise légèrement psychédélique. L'introduction de "Depth of Prolonged Nature" nous projette littéralement dans l'espace avec des grondements d'une navette spatiale qui peine à déplacer sa carcasse métallique parmi les particules de météorites et des multiples explosions des astres. Une belle ligne de flûte fait entendre une évanescente mélodie acuité qui rôde comme un spectre parmi des nappes de voix errantes, des vents creux, des brises d'Orion et de tendres arrangements orchestraux. C'est à travers ces éléments très oniriques que le rythme émerge tranquillement un peu après les 4 minutes. Les séquences scintillent comme les reflets d'un ruisseau et de ses eaux suspendues dans le cosmos. Elles ondulent timidement avant de permuter en un mouvement vif avec des séquences basses qui oscillent maintenant avec plus de vigueur. Malgré sa fermeté le mouvement reste ambiant. Il reste flottant avec une flopée d'ions qui se bousculent et piétinent leurs ombres comme un troupeau pris de panique dans un long tubulaire trop petit pour conférer un semblant de liberté. Ce sont des figures de rythme typique à la signature du duo Emmens/Heij avec une approche très hypnotique avec juste assez de nuances et de variances dans le mouvement pour se défaire d'une étiquette minimaliste. Ici la tempête fait rage et progresse avec de subtiles gradations dans d'immenses bancs de brumes melltronnées où on peut entendre les charmes de cette belle ligne de flûte, des accords de claviers qui sonnent étrangement comme ceux d'une guitare et des voix à moitié formées qui errent comme des spectres bannis du cosmos.
"Whispering Winds over Dusty Roads" propose aussi une introduction très éthérée alors que le rythme est plus fluide et plus vivant. Avec ses ambiances à la Phaedra, la pièce-titre est la pierre angulaire de “Echoes from Future Memories”. Le duo aménage à merveille ses 25 minutes avec une enveloppe sonique qui rayonne d'une luxuriante faune de tonalités. On y trouve des vents sibyllins, des brumes emplies de menaces, des woosh et des wiishh écarlates et des cerceaux rayonnants de discorde qui peu à peu forgent la première structure de rythme de "Echoes from Future Memories". Les ions qui sautillent le font dans la discorde alors que l'emprise de Phaedra guide les ambiances. Les solos sont uniques à la signature d'Emmens avec une tonalité un brin nasillarde. En ce qui me concerne; nous avons le meilleur d'Emmens/Heij avec ce long titre où les ions se dédoublent afin de forger une ligne de rythme aussi riche que douce dans des ambiances psychotroniques qui se multiplient tout en laissant la place à ces doux solos et ces harmonies de fûtes issus d'une machine à tisser les rêves. Si la première partie est doucereuse, voire onirique, la tempête fait rage et violence après la barre des 9 minutes. Le rythme est vibrant et très nerveux avec une nuée d'ions qui sautillent violement dans un long cylindre, et ses courbes, trop étroit pour laisser une liberté à des cabrioles plus amples. Des nappes de synthé remplies de brume, des percussions animées par des gaz cosmiques, des élytres métalliques virevoltant contre le sens du rythme, des voix absconses et des beaux solos ornent cette 2ième phase très agitée de "Echoes from Future Memories" qui, comme tout bon titre en MÉ, s'éteindra dans des brumes morphiques non sans avoir étalé auparavant une puissance sous-estimée avant d'atteindre cette finale. Disons que c'est un très grand titre qui porte ombrage aux trois autres qui sont pourtant des bonnes pièces de MÉ, témoignant de la force de cet album qui marque un grand retour du duo Emmens/Heij.

note       Publiée le mercredi 15 juillet 2015

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