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Enigma › MCMXC a.D.

  • 1990 • Virgin 261 209 • 1 CD

cd • 7 titres • 40:16 min

  • 1The Voice Of Enigma
  • 2Principles Of Lust (Sadeness / Find Love / Sadeness (Reprise)
  • 3Callas Went Away
  • 4Mea Culpa
  • 5The Voice & The Snake
  • 6Knocking On Forbidden Doors
  • 7Back To The Rivers Of Belief (Way To Eternity / Hallelujah / The Rivers Of Belief

line up

Michael Cretu a.k.a. Curly MC (production, chant)

Musiciens additionnels : Sandra Cretu (chant), Frank Peterson a.k.a. F. Gregorian (samples), Louisa Stanley (voix)

remarques

chronique

Styles
ambient
house
Styles personnels
new age

Première page : la new age music. Bonne banque pour un braquage et j'explique : ils font un max de pez avec leurs trucs cybers leurs clips cheap, pleins d'effets style Chaussée aux Moines donc bibi pas con, il monte Enigma Productions, pour encaisser un max de pognon... Certes, messire, certes... Voici peut-être le seul projet expérimental (guillemets... ou pas) qui aie autant inflitré les ondes à cette époque de transition. Chants grégoriens de synthèse et citations littéraires à l'appui, histoire de bien déguiser la soupe en velouté. Fabrication allemande, comme Snap! et plus tard 666, mais références un peu plus poussées tout de même. Cretu, le responsable, MC Curly pour les intimes (es-tu toi aussi accro à la cahuète soufflée ?) avait bien calculé son hold-up : plus c'est con plus ça vend, règle numéro un. Certes, avec le recul, localisé dans un espace-temps bien délimité... Calibré pour tuber dans les soirées post-séminaire et les partouzes, avec son introduction supra-cliché new age de cérémonial méditatoire. "Turn off the light, take a deep breath and relax. Start to move slowly, very slowly. Let the rhythm be your guiding light". Sous-titres : "mettez-vous à poil, et commencez à vous caresser de partout". Pour l'usage qui en sera fait de Berlin à Ibiza, 'voyez. En lieu et place d'expérimentation qualifiable a posteriori de gutsienne, il s'agissait pour Cretu de coller sur des rythmiques crari hip-hop et proto-dance une mixture de samples de moines et de spoken words de femme en chaleur. Si leur tube "Sadeness Part II" reste imparable dans le genre sensuel et sans suite (comme dirait l'Serge), le reste est parfaitement anecdotique, kitsch le plus plan-plan, pougne raëlienne. Un pur produit attrape-nigauds, qui a très bien fonctionné. Enigma a scellé le sort esthétique du new age grand public. LE disque d'introduction au mauvais goût des années 90. Et un single complètement improbable, avec son sample totalitaire de chants grégoriens chaussée aux moines, son shakuhachi cheesy, ses chuchotis lascifs de la sculpturale germaine Sandra (Madame Cretu, ou Lauer une fois libre), et son poème sur le divin Marquis récité dans un français glacial. Un beat culte, si j'ose dire, même si totalement aseptisé, grossièrement incorporé dans la longue suite "Principles of Lust". Tout ce qui est déroulé après est bien sûr parfaitement inoffensif, autant que du Virginia Astley dans ses passages les plus cucul-cuicui (préparez le panier à pique-nique) mais évidemment d'un goût bien plus TF1, ayant l'accroche vulgairement et grossièrement pop des vrais nanars radiophoniques. "The Rivers of Belief" atteint un climax dans l'indigence, mais "Callas went away" se défend bien aussi, tandis que "Mea Culpa" pourrait s'intituler "Emmanuelle 5 : fantasmes au Monastère", avec un solo de guitare proto-Era en cerise moisie sur le cyprine-cake. Enigma avait au moins le mérite d'être fluide, reconnaissons ça à l'infâme Cretu (dont les successeurs chez nous seront Era). Les passages ambient rituels ont influencé pas mal de projets, dont au moins un assurément chroniqué ici. Certains ont tenté de sublimer la recette, mais tout ça était de la Ushuaia music. De la daubasse new age pour les beaufs. Enigma pratiquait un métissage calibré pour plaire à la ménagère et au cadre dynamique aux fantasmes ennuyeux à mourir, c'était de ce point de vue l'ancêtre musical de 50 nuances de Grey, mais à la sortie c'était un peu la musique du futur avec des éléments du passé, 'voyez... Une musique hybride mais parfaitement ridicule. L'érotisme à l'allemande, dans toute sa rigidité aseptisée. Certes je le possède, et il me possède volontiers, juste le temps de ce tube, qui m'a toujours fait tripper. Alors allume les bougies Sandra, la nuit peut commencer... Rien de grave vraiment, il me semble qu'il y a des fans de Juno Reactor parmi mes collègues.

note       Publiée le lundi 8 juin 2015

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zugal21 Envoyez un message privé àzugal21

Perso je possédais 2 albums de tubes internationaux en chant grégorien. Jouissif quand t'en as un coup dans les carreaux, nase quand t'es sobre. Lâchés à un pote qui trouve ça génial.

Note donnée au disque :       
Raven Envoyez un message privé àRaven
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Cette année après le foie gras, y a eu du Era... Quand on pense que que ça a été enregistré au Moyen-Âge !

Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Ya pas de Noël sans Enigma. C'est ça aussi les Finnois. Le roi est mort, vive le roi !

Note donnée au disque :       
Raven Envoyez un message privé àRaven
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Cette scène est la plus marquante du film.

Dane Envoyez un message privé àDane

"Les passages ambient rituels ont influencé pas mal de projets, dont au moins un assurément chroniqué ici." C'est "Semantic Spaces" de Delerium ? EDIT : wé c'est bien ça.
Sinon je ne me souvenais pas d'avoir lu la chronique, très bon.