Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesAArno › Brussld

Arno › Brussld

  • 2010 - Naïve, NV820911 (1 cd)

cd | 12 titres | 44:42 min

  • 1 Black dog day
  • 2 Quelqu'un a touché ma femme
  • 3 God save the kiss
  • 4 Mademoiselle
  • 5 Brussels
  • 6 How are you
  • 7 Le lundi on reste au lit
  • 8 Elle pense quand elle danse
  • 9 Get up stand Up
  • 10 Pop star
  • 11 Ginger red
  • 12 Ça monte / Monday

line up

Arno Hintjens (chant, harmonica), Bruno Fevery (guitare, chœurs), Mirko Banovic (basse, chœurs), Serge Feys (piano, claviers, chœurs), Sam Gysel (batterie, chœurs)

Musiciens additionnels : Amanda Malea-Mbuyi (chœurs), Camille De Bruyne (chœurs)

chronique

Ah Brussld, le disque de l'année où j'ai enfin vu Arno sur scène... Oui, Arno ! Je n'aime pas beaucoup ce prénom mais Arno, ça me plaît ! Cette rock star venant du plat-pays qui a été introduite sur Guts par notre progmonstre belge pour rappel (qui d'autre ?) et dont le groupe culte a été chroniqué par notre gothique suisse, désormais chroniquée par un froggy avec un avatar de corbeau, ce qui est une façon comme une autre de rendre hommage à son métissage rock/blues/pop bien personnel. Arno, qui est fatalement toujours comparé au même, ce qui doit je crois beaucoup l'agacer. Je parle bien sûr de Monsieur Attend, Thomas sans le diminutif. Oui, Arno a souvent été vu comme une version bon marché de ce gars. Ce qu'il a peut-être un peu cherché sans vouloir l'admettre. Le Belge est ironiquement un chouia plus vieux (longue longue errance underground depuis 1970), et puis en ce qui me concerne ses chansons d'ivresse n'optent pas pour la parade ouf-malade arty-valide et expérimentale, mais pour un blues rock sans costume, métissé le plus naturellement du monde (croisez Belgique, France, USA et Hollande, mais pas que), certes moins extrême que chez le freak à Coppola (encore qu'Arno reprenait volontiers Beefheart je crois), mais toujours marqué par les années post-punk/nouvelle vague de monsieur Hintjens... Agaçant. Généreux. Encombrant quand il a trop bu, mais avec un cœur gros comme ça. Spécial. Belge, en un mot. Des ritournelles d'ivrogne pas très esthète pour le coup, ni narcissique, qui ne peaufine pas ses textes pour plaire aux décortiqueurs de chansons, c'est une certitude (chaque verset qui sonnerait un peu classe est presque systématiquement cassé avec un plaisir de gamin). Qui plutôt les envoie comme ils viennent. De la chanson polyglotte de vieux mec qui a de la bouteille, sans la masturbation vocale... Et puis un type vraiment attachant, pour le coup. Ce qui ne l'empêche pas sur Brussld de donner dans la ballade de troquet un peu glauque comme il peut le faire, la chanson-portrait rance, au détour de cette "Mademoiselle" claudiquante qui pour le coup évoque beaucoup l'américain cité plus haut. C'est presque devenu une habitude. Mais Arno réserve, comme toujours, de quoi faire mentir les réducteurs, des petites pépites de son secret. C'est son côté chanteur-poubelle, entre les cannettes cabossées y a toujours du gem comme disent les angliches, du magnétique. Pas tant son rock de bayou à la nostalgie poisseuse ("How are you"), ni sa reprise affligée de Bob Marley (osée ceci dit, Arno aime bien les reprises osées de tubes), pas non plus les charmants entractes euphoriques (le titre épo, bien T.C. Matic dans l'esprit), mais plutôt les minimaux, plus déprimants (j'y viens). Arno vieillit bien, son timbre de voix aussi, et ce disque qui a donc marqué mon premier concert du vioque - très cosy, très pop/blues rock, et intime aussi - m'avait beaucoup plu à sa sortie. À la réécoute il sonne comme Amours Suprêmes de Darc, disque que j'ai chroniqué trop tôt pour le coup : un peu trop gominé, un peu bancal aussi (bon ça c'est un peu une des caractéristiques du père Hintjens)... Et pourtant, ce Brussld a une épaisseur, une gueule de bon album d'Arno, il ne fait pas moche du tout à la suite de Ratata ou d'À la française, sonne un peu comme un Idiots Savants en manucuré. Il est varié, mais attention, pas du tout variété, malgré quelques vaselinages aux endroits tubesques stratégiques (on jettera "Pop Star" si le côté synth-pop discount dérange). Parfois trop facile, parfois trop fainéant, mais balafré en beauté par deux morceaux qui mouillent les yeux : "Elle pense quand elle danse" (bien appuyer le "euh" sur la fin), et surtout "Quelqu'un a touché ma femme". Cette dernière comptant je pense sans trop m'avancer parmi ses plus touchantes, et sur laquelle je ne préfère pudiquement pas trop m'attarder. Comme le jour où je l'ai entendu chanter Les yeux de sa mère, voilà. L'coup de pute blues en tout dépouillement. M'enfin c'est quand même un peu trop intime pour le coup, la prochaine fois faudra penser à prévenir, vieux salaud.

note       Publiée le dimanche 7 juin 2015

partagez 'Brussld' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Brussld"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Brussld".

ajoutez une note sur : "Brussld"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Brussld".

ajoutez un commentaire sur : "Brussld"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Brussld".