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Cypress Hill › Cypress Hill

cd | 16 titres | 46:54 min

  • 1 Pigs
  • 2 How I Could Just Kill A Man
  • 3 Hand On The Pump
  • 4 Hole In The Head
  • 5 Ultraviolet Dreams
  • 6 Light Another
  • 7 The Phuncky Feel One
  • 8 Break It Up
  • 9 Real Estate
  • 10 Stoned Is The Way Of The Walk
  • 11 Psycobetabuckdown
  • 12 Something For The Blunted
  • 13 Latin Lingo
  • 14 The Funky Cypress Hill Shit
  • 15 Tres Equis
  • 16 Born To Get Busy

line up

B-real (MC), Dj Muggs (production), Sen Dog (MC)

Musiciens additionnels : Ponch (percussions)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
gangsta rap

Le premier Cypress me laisse dubitatif... Je n'ai jamais bien saisi l'engouement général, avec le recul vis-à-vis d'une discographie contenant quand même trois disques nettement plus corsés. Préférer ce début aux trois suivants ? Faut pas abuser quand même... Ou alors dégainer les arguments "celui-là est fun, ce qui n'est pas le cas des trois suivants" et "je ne suis pas gothique", qui seraient pour le coup imparables. Y a une certaine désuétude tout de même... Comparé à, au hasard, le premier N.W.A., y a pas photo. Muggs avait encore un style assez gauche et bancal, B-Real (du temps où il était coiffé d'une touffe lui donnant un look plus qu'approximatif) n'avait pas encore pleinement développé cette voix de canard humain traversant le Styx avec un blunt vissé au bec, bref tout ce qu'ils deviendront sur la trilogie qui logiquement aurait dû faire oublier ce premier brouillon... Ce premier Cypress Hill est culte, mais c'est surtout parce qu'il a amené un truc neuf. Pensez donc, des latinos qui font du hip-hop. Pourquoi pas des irlandais tant qu'on y est ? Ah ouais aussi, merde... Beau calcul commercial, ciblage ethnique de public, cynique, recette gagnante. Jackpot. B-Real prenait son rôle au sérieux, ceci dit, et invectivait la flicaille avec une certaine virulence sous son attitude lazy gangsta. Un canard au plumage encore juvénile, un rappeur aux lyrics sans intérêt répétant grosso mierdo les même sottises. Mais l'atout majeur de Cypress Hill, c'était Muggs. Instrus incomparables avec ce qui se faisait avant, sensation de vinyle cradoque recouvert de poussière (ou de cendres de spliff), samples chelous, Muggs a déjà une marque de fabrique personnelle, il défigure le funk pour en faire un son à lowriders crapuleux, une musique de purs zonards. "Hand on the Pump", "Light Another" (ma préférée), "Real Estate" et "Latin Lingo" se défendent très bien dans le genre, "How I could just kill a man" reste un tube sympathique, et "Tres Equis" reste bien le seul titre rappé en espagnol qu'ils ont jamais été inspirés de sortir. De la musique pour lowriders circa 1991. Un premier album comme une photo en noir et blanc, comme cette pochette. Le Cypress Hill glauque et spectral naîtra sur le suivant ; ici il n'est que latino attitude foutraque, grimaces et gangsta rap ciblant un public ethniquement délaissé dans le hip-hop au profit des afro-américains. Encore une superbe combine lucrative après le produit Public Enemy, pas de doute. Album purement stratégique et quelque peu casse-couilles, que je range toujours avec les vieux Funkdoobiest dont il est une version plus psycho. Réservé aux incorrigibles old-schoolers, aux antiquaires.

note       Publiée le samedi 6 juin 2015

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taliesin › mardi 9 juin 2015 - 14:45  message privé !

Il faut vraiment que je jette une oreille aux autres albums, celui-ci me laisse sur ma faim...

Note donnée au disque :       
Damodafoca › lundi 8 juin 2015 - 12:35  message privé !

Un caractère évident mais un choix de sample encore trop facile qui ne les démarque pas. Comme disait muggs en itw récemment, il a produit cet album avec un sampler limité et seulement quelques albums mais avait une putain d'inspiration, qu'il a du mal a retrouver aujourd'hui avec 15000 lps dans la collection et des machines à ne plu savoir quoi en faire.

No background › lundi 8 juin 2015 - 11:20  message privé !

Le côté culte est en effet exagéré, il est loin de la trilogie à suivre. C'est un album bien cool mais sans plus. D'accord également avec Seijitsu sur le côté inégal d'N.W.A..

Note donnée au disque :       
Seijitsu › samedi 6 juin 2015 - 13:11  message privé !

Il est cool celui-ci car il y a du bon groove dessus effectivement. Plus jouissif et moins daté/inégal que le premier N.W.A., il n'y a pas photo.

Note donnée au disque :       
E. Jumbo › samedi 6 juin 2015 - 12:20  message privé !

J'ai vraiment mis du temps à l'apprécier mais finalement il est bien sympa. J'adore ce son bien funky de 1990-91 ("Psycobetabuckdown" est monstrueux), c'est leur plus ghetto et urbain et en même temps il a une ambiance '80s assez cool.

Note donnée au disque :