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Hans Zimmer & James Newton Howard › Batman Begins

cd • 12 titres • 60:26 min

  • 1Vespertilio
  • 2Eptesicus
  • 3Myotis
  • 4Barbastella
  • 5Artibeus
  • 6Tadarida
  • 7Macrotus
  • 8Antrozous
  • 9Nycteris
  • 10Molossus
  • 11Corynorhinus
  • 12Lasiurus

line up

Hans Zimmer, James Newton Howard

remarques

chronique

Zimmer sur Guts of Darkness ? Ce pompier compositeur pour blockbusters, souvent considéré comme un sous-John Williams ? Oui... Seulement ses scores les plus sombres, car il y en a tout de même eu quelques-uns au milieu de sa tripotée de commandes pour hamburgers du septième art. Et s'il est de rigueur de ne parler que de musique, je deviserai un peu du film aussi, car je suis cinéphile et parfois frustré de ne pouvoir en chroniquer ici. Batman Begins, c'est ce blockbuster capitaliste-gothique aussi fin qu'une campagne présidentielle de Sarkozy qui aurait été concoctée par des fans de The Crow : t'adhères, ou tu remballes, et si tu remballes tu es donc contre le peuple paisible de cette Cité et nous te traquerons dans la nuit, voyou ! La différence tout de même dans Batman Begins étant que l'homme providentiel n'est pas un nabot aussi fourbe qu'hypocrite, mais un milliardaire rompu au kung-fu ancestral de Ra's Al Ghul, portant un déguisement plus cher que trois Lamborghini agrémenté d'une cape crypto-souple résistant aux balles par solidification "hyperréaliste". Un truc à te faire mouiller en deux-deux NKM et Bat-Rachida dans leurs tenues latex + kevlar. Effet magique, comme le slogan "travailler plus pour gagner plus" ! Sans parler de la voix caverneuse grotesque mais gutsienne de Bale Bailey's quand il est dans son costume post-Vador, un acteur qui a possiblement écouté l'intro de Valor sur "This is Heresy" de Christian Death (uhuhuh même pas fait gaffe - c'est chié non ?) et qui ferait sûrement un excellent vocaliste pour un groupe qui n'existe pas encore, s'il n'ambitionnait pas une carrière à la Cruise De Niro... Et voilà, je tombe une fois de plus dans ce qui est un peu le piège de la plupart des B.O., le laurent-weilisme crasse ! Mais celle-ci ne fait pas partie des meilleures (celles qui s'apprécient en faisant abstraction totale du film). Pourtant elle contient assurément quelques-un des rares thèmes gutsiens du grossier Zimmer, à l'image du superbe "Vespertilio", des ruées cauchemardesques sur "Artibeus", de la suite épique "Tadarida" ou du puissant "Antrozous". Sa collaboration avec James Newton Howard pour le premier Batman de Christopher Nolan, quoique trop inégale, est souvent badante il faut dire, avec pour le putassier quelques relents de B.O. de Gladiator burnée sans le gâchis de sous-employer la grande Lisa. Hélas cette bande originale contient aussi des compositions très banales, au tiers environ, pur recyclage de thèmes entendus et ré-entendus (des passages sur le soyeux "Marcrotus" me rappellent trait pour trait un des thèmes de Braveheart). Mais les meilleurs passages, telle cette intro puissante et rampante, sont très racés, et ils n'ont par moments absolument rien à envier aux B.O. de Danny Elfman pour les Batman de Tim Burton, plutôt datées, ce qui attend du reste déjà le style filmique de l'ambitieux et pontifiant Nolan, réalisateur de séries B qui se prend pour le messie (il y a eu Ridley Scott avant lui). Elle sonne comme le prolongement post-11 septembre de ces B.O. de l'ère 90's, à savoir bien dans l'esprit du film : à savoir désabusé, sinistre, ayant une foi de six tonnes en sa représentation monolithique (justice corrompue contre justice par deus ex machina, dépassement de soi, foi en la capacité d'un homme seul à incarner le salut d'une société... que des trucs de droite quoi, sooo 2005). Musique symphonique grossière, pompière même, oui ! Comme souvent avec Zimmer, et c'est ce qui est parfois si bon, car c'est souvent épique - et noir chauve-souris - comme cette série B avec laquelle la musique fait totalement corps, jusqu'à affublé intégralement sa tracklist de titres en latin qui sont des noms d'espèces de chauve-souris. Même si ce n'est pas sa meilleure B.O., jamais Zimmer n'avait créé une musique aussi enveloppante, en reprenant pourtant tous les poncifs de la musique hollywoodienne (compositions mélo par-ci par-là, grosse charges orchestrales), il garde grâce à son aide Howard (son Alfred) une ambiance Gotham de velours, obscure en diable et parfois bien magnétique. Avec les images, c'est mieux évidemment, mais "Tadarida" et "Antrozous" claquent autant sans : ces deux-là font partie des thèmes les plus épiques qu'il soit possible de composer, Hollywood ou pas. La classe ! D'autres thèmes sonnent bien superficiels, du hollywoodien très lambda par moments... Il est en effet dommage que des passages à l'eau de rose plus que communs n'entachent l'impression générale, car les moments plus goths-sympho envoient du charbon. Sur certains passages plus expé, les instruments évoquent même le battement d'ailes du chiroptère, et j'aime beaucoup cet effet, ça ne jette. On sent que Zimmer a cherché à expérimenter de ce côté-là, à vraiment incarner dans ses compos l'esprit du futur Chevalier Noir, a.k.a. monsieur le fils à papa milliardaire qui joue à botter le cul des bandits de grand chemin en tenue hi-tech après une interminable initiation mélangeant art martial et pur trip comic's (là-dessus Nolan a mis le paquet en mode premier degré total, rythme doom à souhait et foi epic doom en son scénar - et j'ai adoré, je suis incurable je vous dit !). Le thème principal, très simple mais très puissant, a beaucoup contribué au caractère épique du film, y a pas à chier. Et ce thème me fait frissonner du caleçon un truc de ouf, quand je l'écoute j'me sens comme un participant au Maillon Faible sur une trappe prête à s'ouvrir à tout instant vers une fosse remplie de piques acérées, avec la grosse Boccolini grimée en Batwoman qui me toise méchamment ; et j'aime beaucoup ça. "Raven : combien de sous-espèces de chauve-souris sont classées sous le nom vernaculaire 'roussette' ?" - "Euh... banque !" - "Vous êtes le maillon faible : au revoir." - "NAAAAAaaaaaaaaaaan......" Zimmer n'hésite pas à user et abuser des rappels de ce thème badass hollywoodien, créant des variations souvent magnifiques, parfois plus subtiles, mais ne vous attendez pas à du Bernard Hermann évidemment : on est quelque part entre l'école John Williams (période Star Wars) / James Horner, par un suiveur assez doué, et la noirceur épaisse-envoûtante d'un Howard Shore qui s'essaierait au dark-ambient pour golden boys. Donc de la B.O. de bourrin avec des gants en cuir noir hors de prix. Dommage que Zimmer ne puisse pas s'empêcher de retomber dans sa guimauve dès que l'occasion se présente, et à ce niveau la B.O. du suivant sera un peu plus gutsienne... Mais le premier reste le meilleur film de cette trilogie qui s'est mollement terminée dans le nanardesque involontaire, et cette bande originale en verre demi-teinté mérite que les amateurs s'y attardent ! "Nice coat..."

note       Publiée le mercredi 27 mai 2015

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bubble › jeudi 28 mai 2015 - 11:52  message privé !

bien d'accords sur le fait le premier film est le mieux .. c'est un peu le Graal, le numéro spécial origine tant attendu quand on était gosse etc .. le 3 ne fait que coller aux standards du film de super héro actuel . Le moins bon devient vraiment moins bon et les bonnes idées (piqué à miller.. ) ne suffisent plus à relever le tout .

SEN › mercredi 27 mai 2015 - 13:17  message privé !

Que tu aimes ou non les films de NOLAN faut quand même reconnaître que c'est pour lui que Hans Zimmer à composé ses meilleurs B.O. ! (comme Inception ou Interstellar par exemple)... La B.O. de CHAPPIE fait également partie de ce qu'il a fait de mieux ces dernières années !