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Klub des loosers › Last Days

cd | 20 titres | 43:51 min

  • 1 Arrival [00:59]
  • 2 Special Guest [02:38]
  • 3 True Story [02:35]
  • 4 The Lab [02:36]
  • 5 Working Time [03:15]
  • 6 On Drugs [03:54]
  • 7 The Trip [01:19]
  • 8 Wet Dreams [00:40]
  • 9 On His Own Way [02:06]
  • 10 High Again [02:01]
  • 11 Iron Birds [02:01]
  • 12 Anonymous [00:36]
  • 13 Workaholic [01:46]
  • 14 Recovery [03:45]
  • 15 Nervous Breakdown [01:41]
  • 16 The Declaration [01:13]
  • 17 Magic Pills [01:51]
  • 18 Alone [02:40]
  • 19 Prepared [02:10]
  • 20 Goodbye (The Heart Pulses) [04:10]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit en 2006-2007 par Fuzati. Mixé par Detect et Fuzati.

line up

Fuzati (production)

remarques

Artwork : Katarina Daroshka

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
abstract hip-hop rétro-douteux

Quand un type masqué se regarde en face, il voit quoi ? Fuzati, il voit un autre type masqué, en train de sombrer lentement dans l'obsession et les substances illicites. Un peu l'histoire de sa vie, qu'il passe au prisme de sa vision musicale maintenant bien familière à tous les membres du Klub. Je dis membre, mais j'ai pas pris la carte. Le type des abonnements est vraiment détestable. Et comme disait Marx, je ne voudrais pas faire partie d'un club qui m'accepterait comme membre. Fuzati a toujours été un peu le numéro 1 sur une liste ou même Detect n'occupait qu'un strapontin (scratches, mixage). La production du Klub, cette ambiance mi-feutrée rétro mi-jazzy malsain a toujours été presque exclusivement le fruit du travail de Fuzati, fouilleur de vieux cartons de vinyles sans répit, créateur de boucles dans la pénombre après les heures de boulot, entre la bière et les pilules pour tenir le choc. Un peu vite accusé d'être dans le circuit d'un hip-hop dit "alternatif" par hasard voire opportunisme, le parcours du Fuz a gentiment démontré le contraire. MC singulier mais esthétiquement contestable, le meilleurs du misanthrope masqué s'est toujours concentré dans ses instrumentaux. Cette fois, point de compilation de loops destinés à d'autres, un travail d'abstract hip-hop qui se tient pour lui-même, qui raconterait presque une histoire. Celle de Fuzati elle-même en fait, celle d'un type obsédé par la création musicale qui se ruine la santé à la tâche jusqu'à ce que son coeur lâche. Ce qui a bien failli arriver. Des samples de vieux films ressassent l'aspect totalement obsessionnel du personnage, savant fou replié dans une chambre d'hôtel, n'ayant des contacts réguliers qu'avec sa propriétaire dont il tombera amoureux, tel un fantôme de l'opéra de sanatorium. Petite facilité de production ou saupoudrage d'ambiance parfois grotesquement drôle (le très Fuzatien "Wet Dreams", les amateurs comprendront), ça dépend de l'humeur. Reste qu'il se dégage une atmosphère un peu poisseuse de ces productions entièrement fignolées à la main, de ces beats minimalistes sur fond d'instru de jazz-rock de téléfilm, d'easy-listening ratiociné, de library music électronique transmutée en boucles nauséeuses. Comme on imagine le décor kitsch-morose de l'hôtel de campagne dans lequel échoue le scientifique accidenté, Fuzati s'invente un environement rétro-douteux qu'il est bon de découper en rondelles, sans ironie aucune. Musique d'ascenseur coincé dans les combles poussiéreuses et dérangées d'un reclu volontaire. Space-age pop vidée de sa légèreté pour n'en garder que le pur élixir au goût d'ailleurs plus psychotique qu'exotique. Entendez-vous ces petits oiseaux qui gazouillent ? Ils sont apocryphes, ils sonnent comme du tripotage d'antiques synthétiseurs. Pas de porte de sortie de ce cerveau-là, les effets de la drogue se font sentir au fils de tracks (oui, c'est comme ça qu'on dit, c'est du hip-hop avant tout) où s'affolent des musiciens momies exhumés des seventies. "Last Days", c'est comme la BO d'un feuilleton de série B un peu horrifique, un peu sentimental, qui finirait mal, forcément, et dans les vieux fauteuils duquel on aimerait se glisser mollement. Et malgré le souffle léger d'une bossa-nova tordue à l'instant d'une déclaration d'amour, pas vraiment un truc à coller en bruit de fond de votre cocktail-party le jour de la fête des voisins, à cause de la sourde inquiétude qui en émane, un sentiment de malaise très diffus mais néanmoins immanent. Tout là-dedans respire le truc pas net. Et puis d'abord vous feriez confiance à quelqu'un qui porte un masque en permanence ?

note       Publiée le mardi 26 mai 2015

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Horn Abboth › mercredi 27 mai 2015 - 01:13  message privé !

Sympathique, à ressortir de temps en temps, un disque bien mais pas ouf non plus. ça décolle jamais vraiment mais en même temps, je crois que c'est un peu fait exprès afin de plonger l'auditeur dans une sorte de semi léthargie.

Note donnée au disque :