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E-Tiefengrund › The Code

cd | 4 titres | 65:35 min

  • 1 Nineda [ 15:16]
  • 2 Ninaug [ 16:41]
  • 3 Nisotyc [ 18:59]
  • 4 Nimyht [ 14:38]

line up

Silvie von Tiefengrund (boîtes à rythmes) Mick von Tiefengrund (synthétiseurs)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://www.syngate.biz/E-Tiefengrund-The-C

chronique

Une ligne de séquences qui tournoie mollement fait scintiller ses ions qui bafouent un langage électronique et titube dans une figure de rythme sphéroïdale un tantinet imparfait...mais superbement envoûtant. "Nineda" poursuit là où The Art of Decay, de A Scent of Jasmine (Voltage Sessions II), s'était arrêté. Des gazouillis électroniques servent de structure principale à un rythme vacillant qui ennoblit son approche titubante d'une bonne ligne de basse rampante et de sobres percussions électroniques. De géniales percussions en passant qui stigmatisent l'approche de "Nineda" dans une sorte de down-tempo où tout autour de nous virevolte avec la grâce de l'ivresse. Fidèles à leur signature d'une MÉ très minimaliste, Silvie von Tiefengrund et Mick von Tiefengrund trouvent encore le moyen de séduire avec “The Code” où quatre longues structures, tout comme dans les deux premiers albums de E-Tiefengrund, ornées des mêmes parures réussissent à magnétiser notre attention. Et pas juste un peu! "Nineda" nous amène dans un territoire un peu plus cosmique progressif à la Software avec un rythme en spirale ascensionnelle où le langage des séquences organiques étend ses 8 accords dans une faune psychédélique pimentée de gazouillis et de tonalités très électroniques ainsi que des solos d'un synthé qui chante autant qu'il parle. La principale force de la structure réside dans son séduisant jeu de percussions qui éparpille ses frappes aux tonalités très riches avec une judicieuse vision aléatoire. L'effet donne un genre de Kraftwerk amorti par un dense nuage de Haschich. Simple et bougrement efficace. On aimerait que ça dure plus longtemps. Bon. Paraît qu'il y a un véritable code à décrypter à l'intérieur des quatre longs fleuves soniques tortueux qui segmentent les 65 minutes de ce dernier opus de E-Tiefengrund. J'ai pas réussi à le percer. Une écoute attentive laisserait suggérer que "Ninaug" est "Nineda" mais joué en accéléré. Si les percussions s'y ressemblent, le langage organique et les solos de synthé y sont nettement plus agressifs. Et la 2ième partie est clairement plus audacieuse avec une approche saccadée , érodant ainsi une première phase sonique plutôt vectorielle qui donne une dimension plus complexe, même plus psychédélique, à "Ninaug". Notamment avec l'ajout d'une faune vocable électronique et de longs, tortueux et juteux solos de synthé. Hypnotique, "Nisotyc" propose un mouvement de 8 séquences limpides et un brin résonantes qui trempe le bout de sa structure de rythme sur la surface d'un étang gelé. Le mouvement est délicat. Il sautille avec une bonne vélocité sous les morsures d'un synthé, qui éparpillent ses gargouillis menaçants dans les torsades de bons solos aériens, jusqu'a de bonnes frappes de percussions ne le sorte de son aspect léthargique. Une bonne ligne de basse soutient le matraquage des percussions, donnant une ombre louvoyante à un rythme toujours très sériel qui étend maintenant une forme légèrement stroboscopique. Et c'est sans doute la beauté des quatre structures de “The Code”; la passive évolution. Que ce soit dans le jeu des percussions, ici c'est la ligne de basse qui grommèle le rythme lourd et résonant, ou le décalage dans le mouvement des séquences, la musique de “The Code” est toujours en mode évolutive, même si parfois tout se ressemble. Comme cette sournoise marche de "Nisotyc" qui se nourrit de celle de "Ninaug". Si la ressemblance peut paraître tangible, il y a juste assez de nuances pour nous faire douter. Ici, ce sont les solos de synthé qui ajoutent une teinte différente. Dans cet univers où tout est calqué dans la similitude, "Nimyht" se démarque par son approche très genre Neu!. Même que l'on entend des genres de riffs de guitare qui mâchonne un mouvement fluide où une série de séquences s'entrechoquent et cliquètent dans une figure de rythme qui se désarticule avec de fines saccades. Les percussions solidifient cette approche très Teutonique que des nappes de synthé aromatisent d'une enveloppe tant dramatique qu'éthérée. Comme dans les quatre structures de “The Code”, les approches minimalistes sont constamment agrémentées de changements dans les pas, ici se sont plutôt la chaine de riffs, ou dans les langages organiques des synthés, sinon les solos, ou encore dans les grassouillets gazouillis de synthé qui ici se transforment en lourdes oscillations menaçantes. La finale exploite une scission très électronique, on dirait une tempête sonique, qui fera trembler les murs de nos voisins. Prenez-en avis. Quatre longues structures répétitives moulées sur des mouvements de quatre pas séquencés, ou deux séries de quatre intimement liées, qui sautillent, marchent et errent dans un univers de sons aussi magnétisant qu'une toile de volutes soniques bariolées de taches synchronisées; “The Code” offre assez de subtilités pour éviter les pièges de la redondance des œuvres minimalistes. Et comme dans Voltage Sessions et A Scent of Jasmine (Voltage Sessions II), le jeu des percussions et l'insertion d'une séquences isolée dans les mouvements de rythme stimulent l'intérêt vis-à-vis une œuvre Teutonique qui se berce ici dans des influences de Kraftwerk, Neu! et Software. Et si les rythmes restent encore le cœur des charmes du duo E-Tiefengrund, on ne peut cependant ignorer sa progression, qui se traduit par un peu plus d'audace, où Silvie von Tiefengrund et Mick von Tiefengrund réussissent à introduire un univers parallèle très près des années d'or du mouvement psychédélique dans des structures de rythmes plus près des années contemporaines à la New Berlin School. La fusion des deux antipodes devient alors une élégance inexplicable à nos oreilles.

note       Publiée le samedi 23 mai 2015

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