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Blue Öyster Cult › Spectres

cd • 14 titres • 40:29 min

  • 1Godzilla
  • 2Golden Age Of Leather
  • 3Death Valley Nights
  • 4Searchin For Celine
  • 5Fireworks
  • 6R. U. Ready 2 Rock
  • 7Celestial The Queen
  • 8Goin' Through The Motions
  • 9I Love The Night
  • 10Nosferatu
  • bonus
  • 11Night Flyer
  • 12Dial M for Murder
  • 13Please Hold
  • 14Be My Baby [reprise des Ronettes]

line up

Eric Bloom (guitare, chant, chœurs), Donald "Buck Dharma" Roeser (guitare, chant, chœurs), Allen Lanier (claviers, guitare, chant), Joe Bouchard (basse, guitare, chant, chœurs), Albert Bouchard (batterie, harmonica, chant, chœurs)

remarques

chronique

Styles
rock
hard rock
pop
Styles personnels
hard f.m. façon bÖc

Spectres, c'est un album qui s'écoute idéalement comme du vieux Christophe, histoire de bien situer d'où on cause et d'éviter l'overdose de glucose aux oreilles diabétiques. C'est du BÖC pas avare en mélodie bien poissarde de minuit, avec Bloom sous antidépresseurs. Dariev nous a (et s'est) fait plaisir avec la première partie de la carrière du Blue Öyster Cult - la meilleure - et c'est à présent à moi de vous parler de celle qui suit, plus sujette au mitigé, à l'hétérogène, au rock de bar à putains façon BÖC, jusqu'à leur perle de 1981. Je dois dire que le Cult, dans toute la grosse vague rock/hard rock des années 70, représente à mes yeux un ressenti bien précis, subjectif : la menace américaine. Un groupe de motards à lames effilées luisant dans la nuit. Le venin ruisselant sous le cuir, telle la suée froide dans le dos du hell's angel. Une menace érectogène, un goût d'organisation secrète tapie en lieu de manager, un feeling occulte (ces chœurs de secte hallucinée, ces pochettes subtilement vénéneuses), un son atypique, un sens mélodique particulièrement vil, qui proviennent pour bonne part de cette approche unique entre science-fiction glacée et imagerie trouble où le SS se confond avec le hippie dans la lueur froide d'une lune de janvier. Blue Öyster Cult, tout comme Led Zeppelin et même plus encore, était un groupe bien plus "evil" que Black Sabbath (pour prendre un cas d'école, à n'écouter que si on l'a découvert très jeune), c'est ce que j'ai réalisé en passant le cap de la pré-adolescence et c'est ce qui me fait aimer ce groupe aujourd'hui plus que jamais.

Et cette esthétique nocturne et menaçante, ils la reprennent sur l'artwork sublime de Spectres, LP inégal mais fort recommandable. Si l'étrange et puissant Blue Öyster Cult est arrivé à son climax avec la face B de Secret Treaties, difficilement surpassable dans le genre - même si pour moi ils n'ont jamais fait mieux que le premier album en termes d'aura pure - Spectres, qui représente typiquement l'album de seconde zone de BÖC, contient malgré son côté recueil de slows mielleux quelques pépites qu'il serait vraiment bête de snober. Qu'y trouvons-nous ? "Godzilla", d'entrée, tube certes complètement con mais (donc) imparable, plus du niveau d'un Nazareth- go-go-godzilla ! "Nosferatu" pour le final, le penchant plus romantique-faussement cucul la praline du BÖC. Et quelques tubes qui, s'ils n'ont rien de dantesques, fonctionnent à plein régime derrière un comptoir bondé de vieux mornes en cuir. "Golden Age of Leather" commence classique, mais mue en hard rock hanté avec un final dont l'ambiance n'est pas sans évoquer Atom Heart Mother, le titre. Car BÖC est aussi âme vénéneuse, hantise de motard cosmique. Il y a en réalité un parfum de nuit des longs couteaux dans Spectres qui en fait sans hésitation un de leurs albums à posséder. Que l'aspect "rock à papa avec piano, mélodies bienveillantes et refrains harmonieux" ne vous trompe pas : Spectres est un hard rock de fins stratèges, même sirupeux sur ses trois-quatre titres kitsch, mais aussi volontiers venimeux, mystérieux, et qui exerce sur votre serviteur une fascination réelle. "Fireworks", ça n'est pas "Don't fear The Reaper", mais j'y ressens la même alchimie, la même ambivalence mélodique. La même aura, a.k.a. Buck Dharma. "Celestial The Queen" c'est à peu de choses près du ABBA peu inspiré, je ne goûte guère à des choses comme "R.U. Ready 2 Rock" depuis que j'ai abandonné mes Saxon, "Goin' Through The Motions" est fort laide malgré quelques secondes furtives de classe et son riff final à la T.Rex, mais ce sont les seuls titres de Spectres que je jetterais sans regret.

Trois sur dix, donc note supérieure à quatre sur six non envisageable. J'accepte malgré tout de trouver un côté très Christophe à la ballade "Love The Night", aucun problème avec ça, BÖC sont trop vicieux pour être innocents, et s'il le contient pas de sommet au niveau de "Don't Fear The Reaper", Spectres est pour moi globalement meilleur que Agents of Fortune. On sent les grosses rockstars posées après avoir gravi la montagne, l'imprésario a payé l'alcool et rammené les groupies, qui seront abusées dans des chambres d'hôtel miteuses et rendues nauséeuses à papa-maman. Le Blue Öyster Cult versant beauf, baignant dans la lueur et les volutes épaisses de fumées d'un piano-bar à tapins sinistre. La pochette dit à peu près ce qu'il faut dire. Ringard ? Un peu mieux que ça : old fashioned.

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Faut écouter les meilleures chansons séparément je pense, comme des singles, si l'album te repousse. De toute façon c'est plus à écouter comme une compile de faces B qu'un truc pensé comme un album.

dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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Pour moi, à partir de là, c'est plus pareil... "Godzilla", c'est super marrant, mais ouch, comment perdre 1000 points de classe dûrement acquis en un seul refrain. On dirait un jingle de pub pour jouet, "Maman, jle veux pour Noël" !

torquemada Envoyez un message privé àtorquemada

Je fais partie des supporters : "Godzilla" doit être le tube rock le plus con depuis "Yellow Submarine" mais c'est jouissif, les deux derniers morceaux sont superbes et le reste est franchement sympa (bémol sur "R. U. Ready 2 Rock" quand même).

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COLDSTAR Envoyez un message privé àCOLDSTAR

A sauver dans cet album: la balade "I love the night" un peu convenue mais absolument magnifique. "The golden age of leather" vicieusement sinueux, dommage que le groupe ne lâche pas les chevaux sur celui-là. C'est tout. Même Godzilla et Nosferatu sont à peine passables, RUR2R plombe quasiment la crédibilité du groupe à elle toute seule.

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zugal21 Envoyez un message privé àzugal21

Bon album avec quelques perles à 5 boules. L'entrée en matière avec Godzilla, ça le fait vraiment.

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