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Compilations - Bandes originales de films › Easy Rider

cd | 10 titres | 37:38 min

  • 1 Steppenwolf - The Pusher
  • 2 Steppenwolf - Born to Be Wild
  • 3 Smith - The Weight
  • 4 The Byrds - Wasn't Born to Follow
  • 5 The Holy Modal Rounders - If You Want to Be a Bird
  • 6 The Fraternity of Man - Don't Bogart Me
  • 7 Jimi Hendrix Experience - If Six Was Nine
  • 8 The Electric Prunes - Kyrie Eleison
  • 9 Roger McGuinn - It's Alright Ma (I'm Only Bleeding)
  • 10 Roger McGuinn - Ballad of Easy Rider

chronique

Quand je pense à cette B.O. je pense à Slow End, le webzine des musiques de hippies cosmiques, de cornacs croque-peyotl et de prêtres dépressifs (parfois les trois) pour qui les deux vers d'entame de "The Pusher" feraient un excellent manifeste, et dont le patron - plus du côté Cathedral que Steppenwolf de la force - m'a confié avoir obligé ses ouailles à chroniquer cette bande originale. Mais sont-il motards ? Bonne question... à moins que j'aie rêvé cette conversation. Ouais bah, cette B.O. est un peu un rêve aussi. "Kyrie Eleison" des Electric Prunes, si c'est pas un truc de moine à beuh sorti d'un rêve crémeux de beatnik ce machin. Ils faisaient vraiment n'importe quoi ces hippAÏE!!! detchiou, le solo m'a percé les tympans, baissez le volume bande de moines tarés ! Peut-être que ça fait trop historien d'causer d'Easy Rider, allez savoir... Et si je vous dis que je n'ai vu qu'une seule fois ce film, et qu'il m'a mis plus mal à l'aise que Midnight Cowboy, ça vous semble historique ? Les films cultes de fin des années 60 et début 70's mettent souvent mal à l'aise, pensez Straw Dogs comme Délivrance, pensez aussi La Poursuite Impitoyable, autre film malsain à en crever avec son Brando pittoresque, sa tension sexuelle vicieuse et ce déchaînement de violence qui menace de péter à tout moment. Et pensez Easy Rider si vous voulez voir un film où la liberté et la mort se répondent, se confondent. Un grand film, qu'il faut que je revoie depuis très longtemps, mais c'est un peu comme le premier Mad Max, ça se regarde pas souvent des films sortis de nulle part comme ça, du trou du cul de la sous-culture road-movie, comme une mystique de la route lancée vers l'infini, des pays où les routes sont des lignes droites à perte de vue sans station essence. Et une musique qui sonne comme un manifeste à la fois folk sudiste et psychédélique : pour la face folk, quelques morceaux, pas forcément les meilleurs, même si "Don't bogart me" nous en dit plus sur l'inventivité de l'argot des fumeurs de marie-jeanne, puisque Humphrey B. portait clope en bouche mais fumait rarement, cette chanson nous rappelle donc que "bogarter" c'est faire sa pute et pas faire tourner le joint. Pour la face psychédélique, "If you want to be a bird" des Holy Modal Rounders, cette espèce de chanson de saloon avec voix de canard humain qui va d'un côté et de l'autre de la stéréo comme un petit diablotin malsain, psyché à mort dans l'esprit, presque aussi glauque que du Residents dans l'effet. Pour les deux faces confondues, "Wasn't Born to Follow", avec son effet gratouillage de guitare inoffensif + break psyché. Pour la face hard rock coupée à la face psyché, c'est tout con : y a Steppenwolf. "The Pusher" est l'ancêtre de Danzig, ça ressemble à une chemise entre-ouverte pour laisser s'épanouir un torse de poils, c'est pure mystique velue. Et "Born to be Wild", ben... "Born to be Wild" quoi. C'est un peu au hard rock ce que Jésus Christ est aux catholiques (le rock n'est pas religion ou drogue, c'est les deux à la fois, et le nazaréen avait sûrement rien contre l'alcool et plus si moyen) : over-the-symbole. Le manifeste pétaradant comme un vieux chopper que suivent encore à la lettre Lemmy Kilmister et Dave Wyndorf, entre autres moins suprêmes, qui ne feront dans le fond jamais qu'en livrer des versions plus barraquées, variations parfois supérieures, sans problème, mais "Born to be Wild" garde toute sa fraîcheur malgré un son dépassé depuis belle lurette, ça évite sans problème de causer d'AC/DC si ce n'est pour blablater sur de la musique du quotidien. Hormis Jimi Hendrix, - oups ! pardon il y est, et par un de ses morceaux les plus gaulés qui plus est - il ne manquait rien à cette bande originale pour représenter son année, et plus encore l'esprit mi-solaire mi-morbide du film. B.O. velue et cool, très attachante. Mais aussi pour partie non-négligeable recueil de quelques chansons un peu trop Bob Dylan aux jointures. J'aime pas Bob Dylan, ça m'escagasse comme un boy scout poète-cultivé qui joue de la guitare sèche, pas assez canadien et tire-la-gueule si ça s'trouve. J'préfère un noir qui fait cracher tout ce qu'elle a dans le bide à une guitare électrique et lui fout le feu pour épater les mecs et mettre les filles en transe, et plus si affinités.

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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nicola › mercredi 13 mai 2015 - 21:37  message privé !

Pour les vieux cons, Born to be wild, c’est aussi ça.