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Patti Smith › Radio Ethiopia

  • 1976 • Arista AL 4097, AL4097 • 1 LP 33 tours
  • 1996 • Arista 07822-18825-2 • 1 CD

cd • 7 titres • 48:10 min

  • 1Ask The Angels
  • 2Ain't It Strange
  • 3Poppies
  • 4Pissing In A River
  • 5Pumping (My Heart)
  • 6Distant Fingers
  • 7Radio Ethiopia/Abyssinia

enregistrement

Record Plant Studios, New York

line up

Patti Smith (chant, guitare), Lenny Kaye (guitare, basse, chant), Richard Sohl (claviers, synthétiseur, piano) Ivan Kral (basse, guitare), Jay Dee Daugherty (batterie, percussions)

remarques

Préférez les versions récentes à la version originale, et évitez - comme il se doit avec les pressages compact disc de vieux albums sortis dans les années 80 - les premières éditions CD.

chronique

"La beauté sera convulsive, ou ne sera pas". Nadja d'André Breton, cité au dos du LP, un escogriffe dont on m'a bassiné en cours et dont - donc - je n'ai jamais lu le moindre bouquin, contrairement à sa disciple Annie Le Brun (si vous croyez que l'essai de femme se résume à la maquerelle de Sartre et ses suiveuses qui font la guéguerre contre papa -> Lâchez Tout), qui aurait sûrement eu des choses à raconter avec la mère Patti.

Mais posons nos lunettes : plus expérimental, plus proto-post-punk - quelle formule laide, mais j'en vois pas d'autre - et plus théâtral encore, mais plus dans le genre théâtre morbide que boulevard, Radio Ethiopia, casé entre le mythique Horses et le hold-up FM Easter en bloc de rock-blues laid back, a toute la gueule du meilleur album de Patti. A moins que ce ne soit Easter... Merde, je sais plus. Posons-les pour de bon : dire qu'il y a pléthore pour préférer Horses à Radio Ethiopia, et que ceux qui disent haut et fort que celui-ci est plus intense passent pour pécores ! Chiotte : Horses était le disque d'un sommet incontestable au milieu de titres très cools. Radio Ethiopia est plus homogène : il n'y a à peu près que des sommets, dedans. Je ne lui mets pas la note maximale, ce serait un trop gros cran au-dessus de Easter et de l'album avec "Free Money", mais c'est un 5/6 ferme. Je grille rarement clope sur clope pendant les longues périodes où je fume, mais c'est l'effet que me fait ce disque, et c'est très mauvais, mais - fffffffff - qu'est-ce que c'est bon, je me noircis les poumons et m'empoisonne le sang pour en causer, et c'est ça, Radio Ethiopia. Même si certains, et je les plains sincèrement, seront vite gavés par l'aspect velvetien de la chose, le titre éponyme en spoken word, c'est pas vraiment dix minutes de branlette artistique de hippie : c'est une profonde introspection. C'est de la mystique rock américaine aux cîmes des abysses. Et les titres qui entourent celui-ci sont un genre de condensé de dramaturgie façon "Free Money". Alors imaginez un peu comme c'est beau... Des claviers, des guitares reptiles, quasiment omniprésents... quelques décharges de riffs hard blues... Oui, tout ça est organique, religieux, dans un décor de squat new-yorkais puant la cendre froide et l'alcool. Et puis surtout il y a Patti, qui se déplie en quatre. Babil de bonne femme androgyne qui aurait besoin de prendre une douche et d'arrêter d'étaler sa culture pour certains, pure oeuvre au noir pour d'autres, Radio Ethiopia, pour moi, c'est surtout un bon album de rock sombre, humainement chargé. Grand, même s'il en a fait et en fera encore ronfler un paquet. Une musique rugueuse, muée par une vitalité de femme coriace, brute de gosier. Cette gonzesse incarnait ici son vécu dans toute son âpreté, son étrangeté aussi, puisque le riff d'entame du sublime "Ain't It Strange" n'est pas sans évoquer du Pere Ubu avant l'heure. Radio Ethopia, c'est l'album qui fait que j'ai vraiment compris où voulaient en venir toutes ces miauleuses gratouilleuses de guitare des années 90-00 produites par Albini ou autre. Pas par cette mélomanie encyclopédique pédante du petit con actuel qui sait tout du haut de sa culture accélérée comme la croissance du poulet en batterie, non : juste parce que Patti est leur maman, à toutes ces braves pisseuses narcissiques. Et que d'un sourire aux dents jaunies, elle leur signifie qu'elle les chérit toutes tendrement. Leur mère, oui, autant qu'elle est la seule descendance féminine de Jim Morrison, quand elle part dans ses phrasés mystiques... et pourquoi pas aussi la maman de Henry Rollins, comme me le suggère si bien "Chicklets", le final en bonus indispensable ? "Fais ça vraiment sexy, et sombre, tu vois... comme dans une cave bien humide", l'entend-on lancer à un de ses musiciens au début... Mince, cette carne de baba cool avait déjà rendu caduques bien des chroniques à son sujet, en une seule phrase au micro...

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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