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Dinosaur Jr. › Where You Been

cd • 13 titres • 65:47 min

  • 1Out There5:55
  • 2Start Choppin5:40
  • 3What Else Is New5:09
  • 4On The Way3:30
  • 5Not The Same6:02
  • 6Get Me5:51
  • 7Drawerings4:51
  • 8Hide4:18
  • 9Goin Home4:20
  • 10I Ain’t Sayin2:33
  • Bonus Tracks
  • 11Hide (John Peel Session)3:49
  • 12Keeblin’3:40
  • 13What Else Is New (Live)10:02

enregistrement

Pistes 1 à 10 enregistrées aux studios Dreamland, Master Control et Baby Monster par John Agnello, assisté de Dan McLaughlin,Ted Trewhella, Matt Pakucko, Bryce Goggin, Steve et Rojo. Piste 11 enregistrée pour le John Peel Show (BBC1), au studio Maida Vale 5, le 24 novembre 1992. Piste 12 enregistrée aux studios Wendell Recording, maxi-single (#63) sorti au Royaume Uni par Blanco Y Negro en juin 1993. Piste 13 enregistré pour la BBC à la Brixton Academy le 8 octobre 1994, maxi-single (#77) sorti par Blanco Y Negro au Royaume Uni en février 1995.

line up

J Mascis (voix, guitare, timbale, carillon, batterie sur 3, piano, orgue), Murph (batterie), Mike Johnson (basse, chœurs, guitare, note basses de piano sur 5, solo (haut-parleur droite) sur 8, premier solo sur 6)

Musiciens additionnels : Kurt Fedora (guitare rythmique (haut-parleur droite) sur 7), Tiffany Anders (voix sur 6), George Berz (tambourin sur 9), Rob Turner (violoncelle, arrangements de cordes), Dave Mason (alto), Larry Packer (violon), Abbie newton (violoncelle)

remarques

Peintures : Angry Johnny.
Les pistes 11 à 13 sont des bonus de l'édition CD de 2006.

chronique

Cette fois tout passe. Tout emporte. Ce qui pulse et chauffe, saigne, se consume. Tout entraîne, selon sa logique, ou leste : propulsions et poids morts. Jay Mascis, en studio, est peut-être une espèce de dictateur. En musique, en type au manche, au micro, à l’écriture, voilà qu’on sent ici pleinement son génie. Le génie n’est jamais chose détachée, hors le monde tout à fait. Ce qu’il y a de grand dans ce disque, c’est aussi tout ce qu’il brasse, pris au continent, aux longs territoires, aux routes. L’horreur dans les yeux blancs de l’auto-stoppeur craspec avec son flingue à la ceinture. L’ennui des pavillons juste devant les bois immenses. Ce qui pourrit sous les souches. La frustration et le souffle. L’autre. L’absence. "Je sais que t'es là, dehors". Et puis ce qui est fini, cette fois pour de bon. Ce qui s’est figé. "Alors sinon, quoi de neuf ?"…

Je vous parlais de Neil Young, à propos du précédent Dinosaur Jr, celui à la fameuse pochette avec la mioche à clopon. Il semble qu’ici Mascis trouve en celui-là mieux qu’un modèle : un pair. Where You Been a la profondeur d’Harvest – arrangements, compositions, nudité des mots avoués, grandeur poétique de ce qu’ils ont de brut et choisi, d'élagué. Et la puissance – dans le jeu de guitare, dans le son, des meilleurs Crazy Horse. L'album, pourtant se tient tout seul, pas du tout dans l’ombre de ceux là, de celui-ci. Une suite sans défaut et sans froideur, poignante, fulgurances et langueurs parfois presque indiscernables. Murph est de retour, à temps plein, à la batterie – et que s’est-il passé, d’où lui viennent cette finesse nouvelle, cette épaisseur aussi dans les textures, les matières crachées par les fûts, les cymbales ? Lou Barlow reste absent, pour le moment. C’est un autre groupe, certes. Même lorsqu’il semble renouer avec ce qui a fait, dans sa jeunesse, la gloire de ce nom, rien ne sonne redit, refait, falsifié. Start Choppin a beau rappeler – en riff (mais alors il serait ralenti...), en tons, dans sa construction – cette fameuse percée publique qu’avait été Freak Scene, sur Bug… Ce morceau est une respiration pure – course vive et autonome, fluide, entre les blocs d’angoisse, de colère, les denses beautés électriques, les étales coulées de cordes, les ombres des timbales qui viennent envelopper les guitares acoustiques, autour.

Where You Been est fleuve de boue et ciel ouvert, aveuglant de clarté. Un paquet de nœuds dans la gorge, la poitrine. La libération du pas qui franchit, sort d’un lieu où tout venait de choir. Il est bien plus simple que toutes métaphores… Il me laisse, à chaque écoute, désirant encore ces silences peuplés, les fracas où – ne pouvant rien dire, rien entendre qui soit un "message" – on peut seulement, enfin, voir et bouger. Le jeu de cette guitare perce les carapaces. Il y a des monstres humains qui errent dans le désert bleuâtre, au dos du disque. Il y a ces arrangements qui rendent tellement vivant tout ce qui rôde dans ces plages : les spectres de chair et leurs proies, gens ordinaires et frémissants, jeunesses atones et nouvel âge qui se découvre à vif, de ceux qui jouent. Douceur, mélodies, déchirures, traces, tensions ; soulagement de ne pas retrouver mort, pourri, empoisonné, ce qu’on avait perdu un moment de visu, de portée de main.

"T’étais où" ? C’est un reproche, une question amicale ; l’aveu que la retrouvaille est un bonheur, même vulnérable. Et puis même si l’on enlève ce point d’interrogation : reste qu’on sait, qu’on sent, la fatigue et l’intuition de tout ce par quoi l’on est passé, de tout ce qui s'est passé, qui a passé. "Là où t'étais"... Et puis encore, on voit : qu’il sera impossible, désormais, ponctuation ou pas, d’en rester à ce point là.

note       Publiée le samedi 9 mai 2015

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Note moyenne        8 votes

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Haut, ouais, avec encore de la terre sur les pompes et sur les mains... Et Neil Young, ben : sur ce disque là, on aurait du mal à l'ignorer, à nier ça, je dirais ! "Le père du grunge" et blablabla... OK mais bien mieux que ça, bien plus et moins fléché que ça, le parcours-la lignée. (Et toujours pas seulement, pas surtout pour les chemises à carreaux).

Message édité le 12-08-2022 à 17:37 par dioneo

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GrahamBondSwing Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

Bon, ben on y est... Complétement en phase avec la chro et les commentaires (tous positifs, il me semble). Après avoir écouté les 4 prédédents, c'est une vrai surprise car on oublie d'entrée les références qu'on avait en tête (Sonic Youth, Swervedriver, Hüsker Düe, Pavement, un peu R.E.M. etc.) pour juste savourer un très bon album de Rock intemporel... Allez, on peut quand même dire qu'on est plutôt de l'école Neil Young, je suis d'accord. Et cette guitare qui ne s'excuse jamais de remplir l'espace, ça me fait penser aussi à l'album Maladroit de Weezer qui contient une bonne poignée de tueries Heavy Rock, un peu plus terre-à-terre, certes. Sur cette album, Mascis, il plane.

Message édité le 12-08-2022 à 15:37 par GrahamBondSwing

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allobroge Envoyez un message privé àallobroge

J'adore ce groupe, solos tout azimut avec un feeling unique, voix reconnaissable entre 1000 et pleine de pathos et parfois, voir même assez souvent, des mélodies "Touched by the hand of god" éblouissantes, miam !

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Rendez-Moi2 Envoyez un message privé àRendez-Moi2

Oh je me le suis refait aussi, il est incroyable et vraiment touchant, les solos sont tellement étoiles filantes et la voix ange déçu... Le kiff.

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ouais, des paillettes comme celles des orpailleurs - sauf qu'à la place de l'or, c'est de la pépite d'acier, de charbon, de trucs rouillés (qui dorment jamais, encore), crassés, dans le tamis véloce-virtuose du gars. Reste que comme vous dites, ça brille dans la bouillasse, toujours, ça ressort.

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