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Dinosaur Jr. › Green Mind

cd • 13 titres • 55:03 min

  • 1The Wagon4:55
  • 2Puke + Cry4:27
  • 3Blowing It2:45
  • 4I Live For That Look1:56
  • 5Flying Cloud2:35
  • 6How’d You Pin That One On Me4:23
  • 7Water5:38
  • 8Muck4:15
  • 9Thumb5:38
  • 10Green Mind4:56
  • Bonus Tracks
  • 11Hot Burrito #23:22 [reprise de Gram Parsons]
  • 12Turnip Farm5:50
  • 13Forget It4:07

enregistrement

Batterie enregistrée par Paul Q. Kolderie au studio Sorcerer Sound ; autres instruments enregistrés par Sean Slade à Ft. Apache North. Mixé au studio White Crow Audio. Assistants : Judy, Carl, Tom. Produit, joué et écrit par J. Mascis.

line up

Don Flemming (guitare et chœurs sur 1, basse acoustique sur 5), J Mascis (voix, guitare, basse, batterie), Murph (batterie sur 1, 7 et 9)

Musiciens additionnels : Jay Spiegel (toms sur 1, tambour et tambourin sur 5), Joe Harvard (guitare, magnétophone sur 8), Sean Slade (mellotron sur 7 et 9)

remarques

Les titres 11 à 13 sont des bonus de l'édition CD de 2006.

chronique

Cibiche Pacem… Excusez, elle était facile. Puis d’ailleurs non. Ce n’est pas là-dedans un temps de paix. Certes, il y a ces plages acoustiques, qui pourraient faire croire qu’ils ont trouvé autre chose que le boucan d’avant, ces ballades qui sentent le bois cru, les feuilles mortes humides… Il y a même un mellotron. Mais en fait de "ils", il n’y plus guère que Jay Mascis. Lou Barlow n’y est plus. Le dénommé Murph n’apprenant pas assez vite ses parties de batterie, Mascis l’a viré, reprenant les baguettes, jouant tout ça comme il l’entendait – il avait tout écrit, de toute façon, et la batterie, après tout, était son premier instrument. Il a cherché d’autres gens. Ça semblait parfois coller mais quelque chose manquait, ou cassait ; alors il y retournait seul. Enfin, seul… Il semble, quand-même, qu’il y ait du monde, là-dedans. Ça tiraille. Ils sont plusieurs, dans sa tête. Ça s’appelle l’hésitation. Ça se nomme le doute. C’est déjà un ras-le-bol. C’est peut-être la crainte, la peur de l’après. Ça pourrait être la fin. Il est comme cette mioche, là, avec ladite clope au bec, Mascis. Blasé, rejeton peut-être bien de hippies, rechignant à cette hérédité ; sans doute d’une même génération, lui et elle – renseignement pris le cliché date, il me semble me souvenir, des années soixante-dix. Peut-être pareillement lassé du laisser-couler de principe, du rien-ne-bouge à quoi ça mène. Mais bouger, vers quoi ? Trouver quoi, les autres partis, avec quoi combler le trou ? Le jeu de guitare si particulier de Mascis, là, s’affirme encore. S’aère, aussi. Se précise. L’écriture ne dissimule plus sa mélancolie. Simplement : la déconne brouillonne n’est plus là pour déborder, couvrir le malaise. Ce n’est plus le moment de l’exultation, même perturbée, déboussolée, comme pouvait être Don’t, par exemple, qui finissait le disque précédent, Bug. Green Mind est beau comme une pause fatiguée, le temps donc de s’en griller une, pris entre deux charges ; un poids sur le front, un sur les épaules ; les jours qui ne seront plus, tout ce qui reste à faire… Ce n’est plus l’adolescence. L’âge adulte est encore un fantôme inquiétant. On y rechigne – il semble ne s’y résoudre que dans la douleur – à affiner le grain. Ce jeu de guitare est superbe. Thumb est magnifique, riche autant qu’épuisée, cernée autant que parfaitement campée. Tout foisonne et la lumière tombe. Neil Young est plus que jamais là dans les doigts du chevelu, dans les climats qu’il exhale. Il y sera plus, encore, bientôt, dans la voix. Ça ne gêne pas, ça n’affaiblit rien. C’est comme un frère, grand si on veut, c’est une voie que l’époque se trouvera bientôt. Mascis a juste un peu d’avance sur ce qu’en fera ce non-courant, cette invention de plumitifs qu’on appellera le grunge. Green Mind n’a rien de paresseux. Tout simplement, il est bloqué, coincé : entre le réjouissant désordre d’avant, l’incroyable coup de flip et montée de sève qui suivra. J’aime bien ce disque renfrogné, replié. J’ai de la sympathie pour cette gosse qui s’abîme bien tôt les bronches, les poumons, pour son air bravache et infiniment, tout doucement triste. Qu’on ne se trompe pas, à voir ma note : ce disque est plus que seulement bon, dans son entre-deux-chaises, entre deux feux plutôt. Il saisit cet instant, ce moment flottant, et ça, en soi, c’est rare et fort. Inconfortable, aussi, rêche. Et en un sens, incommunicable, impossible à recevoir les jours où l’humeur n’y sera pas. Jette ce steak, gamine, la caravane repart. Écrase le, Jay, ton mégot. Reprend la route, la nuit t’attends, d'autres aubes. Vous avez fait de la braise, l’un, l’autre. Il n’y a plus qu’à laisser prendre à défaut de pouvoir lâcher.

note       Publiée le samedi 9 mai 2015

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Note moyenne        7 votes

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torquemada › dimanche 10 mai 2015 - 12:53 Envoyez un message privé àtorquemada

Y a aussi "The Wagon", "Green Mind" et "How’d You Pin That One On Me" qui sortent vraiment du lot.

Note donnée au disque :       
Dioneo › samedi 9 mai 2015 - 22:49 Envoyez un message privé àDioneo
avatar

Oui, c'est vraiment le plus beau morceau de l'album, pour moi... Et qui annonce pas mal le suivant, je trouve.

Seijitsu › samedi 9 mai 2015 - 22:34 Envoyez un message privé àSeijitsu

La chro débarque alors que je l'ai découvert il y a peu celui-ci. C'est plutôt différent des deux précédents albums qui ruaient bien dans les brancards. Le solo de Thumb est (effectivement) poignant, un instant de beauté pure joué par un gros nounours.