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Scarlett Johansson › Anywhere I Lay My Head

  • 2008 • Atco R2 454524 • 1 CD

cd • 11 titres • 44:58 min

  • 1Fawn
  • 2Town With No Cheer
  • 3Falling Down
  • 4Anywhere I Lay My Head
  • 5Fannin Street
  • 6Song For Jo
  • 7Green Grass
  • 8I Wish I Was In New Orleans
  • 9I Don't Wanna Grow Up
  • 10No One Knows I'm Gone
  • 11Who Are You

line up

Scarlett Johansson (chant, 90-D), Nick Zinner (guitare), Sean Antanaitis (orgue, piano électrique, synthétiseur, tambourin, carillon, cloches, banjo), Jaleel Bunton (basse), Ryan Sawyer (batterie), Martin Perna (saxophone), Stuart Bogie (saxophone), Korey Richey (bols tibétains), David Andrew Sitek (guitare), Dave Bergander (percussions)

Musiciens additionnels : Tunde Adebimpe (chant sur "Song For Jo"), David Bowie (chant sur "Fannin Street")

remarques

L'album est intégralement constitué de reprises de Tom Waits. "Song For Jo" est la seule chanson écrite par Scarlett Johansson (co-écrite par David Andrew Sitek).

chronique

Styles
pop
blues

Scarlett Johansson sur Guts of Darkness, nom d'un caprice des dieux ! Rentrera, rentrera pas ? Allez, j'appuie sur la tête... mmmMMMPHHH - chérie, rentre tes flotteurs s'il te plaît, je force à fond là ! mmmfffCHPOP - merci ! Bon en même temps l'appellation "Tom Waits covers" et "enregistré avec TV On The Radio" t'avait huilé les hanches. Car en effet, le cas qui nous intéresse messieurs (et mesdames, si si, ne vous cachez pas) est celui du consensus libidineux hollywoodien à peau de lait dans l'exercice de reprises d'un artiste gutsien sur long-format. A.k.a. Scarlett Johansson reprenant papy-la-grogne. Un truc pour Guts of DSKness ?

Même pas, le sex appeal vocal de la bru étant plus qu'approximatif. On l'imagine comme ça la Scarlett, gauche de la séduction comme dans le navet Vicky Cristina Barcelona, empruntée et fromage blanc de femme, puisqu'il paraît que cette bougresse adore le fromage de notre doux pays, eh bien au micro elle dégage l'aura d'une faisselle, moi qui savait déjà qu'elle en avait le teint. Elle est aussi parisienne à mi-temps depuis quelques années, c'est pas moi qui le dit c'est la presse people, alors peut-être nous lira-t-elle si elle a amélioré son frenchie, ce dont je doute quand même (quoiqu'il en soit, je m'engaillardis d'un petit message à son attention : dear Scarlett, I know you are a cheese addict, and this is appropriated because your voice sounds cheesy - but don't get me wrong Scarlett, you are cute as a cottage cheese, and your musicians sprinkled you with ciboulette (sounds better than "chive" to me, even if I won't give you six bullets), so... not so bad !) N'ayant pas la maîtrise du tai chi érotomane de mon collègue numéro six, cela me demandera tout de même une analyse technique et musicale très rigoureuse de l'épiphénomène qu'a été à sa sortie cet album de reprises par la gourgandine, conspué par les uns (fans de Tom) et adulé par les autres (fans de Scarlett pas encore sourds à force de la célébrer), rendant tièdes les nombreux restants. Mais évitons le piège tendu par ce châssis. Parce que là, normalement c'est le moment où je fonce dans le piège comme un gros bourrin de chroniqueur mâle alpha, et vous assomme de tout un paragraphe que vous ne voulez pas lire sur l'anatomie généreuse de Scarlett, sa poitrine - plus vibrant hommage aux frères Montgolfier jusqu'à ce que Christina Hendricks ne lui vole la vedette - sa peau si laiteuse comparable à la fraîche guimauve des confiseries d'antan, les moues façon "ôte-moi d'un doute : suis-je sexy ?" de sa bouche moelleuse de mérou réclamant un brutal lahar de foutre chaud et les dents parfaites qui y sont logées prêtent à plier sous les coups de bélier d'un chibre d'assaut, et ses airs persistants de crémière ingénue déjà prise par le boulanger, le boucher, l'épicier, le facteur et tous les vieux cochons du village...

...Eh bien ce paragraphe, je ne le ferai pas. Non, je ne tomberai pas dans ce piège macho, ce serait mal me connaître. Et puis je suis nettement plus charmé par Michelle Monaghan, tant qu'à causer braguettomètre hollywoodien. Respect purement mélomane à une artiste, donc, aussi show-biz soit-elle, et qui a voulu y croire. Oui : Scarlett est avant tout une artiste, qui vibre d'une envie de créer, prisonnière dans le no-man's-land vibrant de sensibilité qui subsiste entre ses deux balconnières à lactose. Et ses reprises de Tom Waits sont franchement sympathiques, même si elles ne servent à rien et ne tiennent qu'à une armada peaufinée d'instruments, ornementation et cosmétique dignes d'un Mark Lanegan au mieux, de TV On The Radio la plupart du temps. La voix de Scarlett n'est pas très comparable à celle du vieux Tom, en effet, surprenant n'est-ce pas ? Pourquoi donc ? Parce que Scarlett a alors 25 ans, une consommation modérée d'alcool de grain, et aussi parce que c'est une femme, donc un être doux et profondément inoffensif, tout le monde sait ça. Aussi tiède chanteuse qu'actrice, quand même, la Scarlett. Car ne tombons pas dans ce jeu de dupes, voire sous les jupes : les zicos qui sont derrière sont les premiers auteurs de ce disque. De l'introduction archi-guindée sur orgue, où Scarlett se fait longuement attendre, jusqu'à sa petite berceuse wannabe onirique très chouquette, sa reprise Christmas song à la Cocteau Twins en putasse de "I don't wanna grow up" et son Woven Hand de contrefaçon. Sacrée Scarlett, tu m'as presque eu ! Exercice purement casual (italique), mais ça vaudra toujours mieux que ton skeud de bobo qui joue les paysannes avec Thom Yorke. Enfin j'imagine, à dire vrai je m'en moque comme d'une bugne sans sucre glace.

Mais rien que parce qu'il a permis de voir se lever une des armée de cuistres les plus admirables qui soient (les fans du vieux Tom), souvenir dont je me délecte encore, ce disque bariolé et bien arrangé de star qui fait son caprice mérite au moins la moyenne, et sa pochette façon gloryhole pastoral est toute à nos soins, le chant des grillons est livré avec. Ouaip. Scarlett Johansson en fait, c'est Paul Anka au féminin. À la nuance près que c'est aussi un encas pour Popaul.

note       Publiée le samedi 9 mai 2015

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merci pour le fusil... › mercredi 13 mai 2015 - 20:22  message privé !

Les blocs massifs paragrophobes sont là pour vriller l'algorithme google afin que les archives sombres et expérimentales le restent.

Ou de Moïser façon Mer Rouge les trves des fans de inscrit ici le nom d'un artiste quelconque .

Mais ça donne son charme au lieu, c'est pas 20 Minutes.fr, tu ne lis pas les chros en dilettante, tu bois à la fontaine du Monsieur qui t'ouvre son âme sur un bout d'archive sonore d'une époque pas si lointaine.

Raven › mercredi 13 mai 2015 - 09:37  message privé !
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@MemphisBluesAgain : utilisez le ctrl + roulette, l'absence de paragraphes c'est parce que le patron veut nous forcer à écrire des chroniques courtes ! C'est un vicieux !

dimegoat › mercredi 13 mai 2015 - 07:44  message privé !

Et je supplie Scarlett de répondre à mes messages. Si tu reviens, j'annule tout.

MemphisBluesAgain › mercredi 13 mai 2015 - 01:41  message privé !

Ma mère, aux goûts pas sombres du tout et rarement expérimentaux, s'était acheté cet album à l'époque et n'avait pas aimé (pour vous dire quelles profondeurs a atteint Raven). Ça et le fait que Scarlett reprend quelques artistes plus gutsien avait tâté ma curiosité. J'en suis arrivé au même constat : c'est pas complètement mauvais, on évite la catastrophe mais c'est bien moyen. Le genre d'album anecdotique qui s'effacera bientôt de la mémoire de la populace. Je salue la performance du chroniqueur cependant parce que j'aurai pas pu écrire longuement sur cet album.

J'en profite pour supplier les chroniqueurs / administrateur du site de prévoir le saut de ligne dans les chroniques. Je sais qu'on vous a déjà bassiné sur ça mais Dieu que ça faciliterait la lecture de vos bonnes chroniques !

Seijitsu › samedi 9 mai 2015 - 18:53  message privé !

J'étais persuadé que ça serait Numéro 6 qui se serait chargé de son cas...