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Kourosh Yaghmaei › Back From The Brink

2cd | 30 titres

  • 1 Gol E Yakh
  • 2 Dar Enteha
  • 3 Hajme Khali
  • 4 Paiz
  • 5 Leila
  • 6 Del Dareh Pir Misheh
  • 7 Akhm Nakon
  • 8 Shirin Joon
  • 9 Ghazal
  • 10 Tavalode Yek Seda
  • 11 Mosafere Shahre Baran
  • 12 Saghe
  • 13 Entezar
  • 14 Niyayesh
  • 15 Saraabe Toe
  • 16 Reyhan
  • 17 Baroona
  • 18 Khaar
  • 19 Havar Havar
  • 20 Ashiooneh
  • 21 Bachehaye Khoobe Koocheh
  • 22 Akhtare Asemanha
  • 23 Tak Derakht
  • 24 Share Cheshmat
  • 25 Dokhtare Delkhasteye Shahr
  • 26 Daas
  • 27 Ghahr
  • 28 Aabere Shab
  • 29 Ghad Boland
  • 30 Kei Toe Miayee

line up

Changiz Farjad (batterie), Kamran Yaghmaei (guitare éléctrique), Kambiz Yaghmaei (clavier, piano), Kourosh Yaghmaei (voix, basse, guitare), Amir Beheshti, Mirdadian (trompette), Bardia (congas, batterie), Jamshid Sobhani (harmonica), Fereydoon Farhoodi (basse), Behrooz Partovi (batterie), Jamshid Sobhani (choeurs), Fariborz Akhgar (clavier), Houman Darioush (piano), Mehrzad (clavier), Farokh Hejazi (batterie), Behrooz Soori (basse)

chronique

C'est ça aussi la magie du Internet : la profusion des blogs musicaux tenus par des monomaniaques qui essayent d'établir des listes exhaustives d'enregistrement de l'indépendance du Zimbabwe ou de perles yéménites (entre autres exemples) et de les numériser pour les proposer gratuitement sur des sites de téléchargement. La beauté n'étant qu'éphémère dans ce monde radin et sans pitié, ces enregistrements prennent vite la route des maisons de disques et de leur batterie d'avocats dégueulasses qui les ressortent ainsi en vinyle à peine remastérisé (et à peine c'est déjà beaucoup) à des prix absolument démentiels – on se rappelle le récent témoignage historique de la musique Iranienne du début du siècle précédent issus de 78 tours immondes vendus pour un demi-salaire dans la fonction publique. Kourosh Yaghmaei est une des victimes de cette nouvelle appropriation (en témoigne cette initiative de célèbres DJ parisiens de « créer » une webradio qui « révèle » la musique de TOUT les pays du monde selon les décennies), avec articles dans le Télérama, Vogue, Libération, sur FIP, vous voyez où je veux en venir. Les éditions sont à l'image, double CD, triple LP, quadruple 7 pouces, doit aussi y avoir des cassettes, j'imagine. Le label s'appelle Now Again, vous auriez presque pu le deviner. C'est d'autant plus agaçant quand ce succès soudain concerne un artiste hyper commercial certes, mais qui envoie méchamment dans le kitsch et le psychédélique du pauvre sur inspiration fiévreuse du sexe en fin de liberté. Kourosh, sans aucune gêne, mélange allègrement instruments traditionnels et rock pour une pop psyché funky de ballades sensuelles et ringardes, avec ce charme seventies des couleurs outrées, du rose aveuglant, des moumoutes roucoulantes, des cocktails préliminaires, des drogues en apesanteur, au carrefour d'un Kinks et du Floyd, un Floyd où The Wall aurait été une réalisation de Bollywood, faute à ces mélodies traditionnelles, imparables, implacables, celles-là qui firent le succès des meilleurs titres des Stones ou des Beatles, ici égrenées à l'envie de façon plus hasardeuse mais pas moins efficace. Kourosh donne envie de se laisser pousser la moustache sans habiter Paris, par pur plaisir moumoute, celui de la chemise ouverte sur torse, sans forcément être fan de Wes Anderson j'entends (ce que je suis par ailleurs). Maintenant, le problème de cette compilation, c'est d'envoyer le top du Kourosh (= la poignée de singles imparables) dès le départ, ce qui fait que je n'ai absolument aucune idée de comment sonne le deuxième disque ; car on va pas se mentir, les costumes Pierre Cardin, si t'es pas entraîné, ça devient difficile de garder le ventre rentré après les quelques dances sur projo, rapidement au bord de l’écœurement. Un disque sympa, surtout en soirée ; un disque tombé dans l'oubli à cause d'un régime politique horrible, exhumé, puis hypés à mort ; la boucle est bouclée.

note       Publiée le dimanche 3 mai 2015

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(N°6) › jeudi 12 novembre 2015 - 15:10  message privé !
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Entendu le premier morceau, "Gol E Yakh" dans la BO du ma foi très attachant "Tristesse Club" (avec une touche d'absurde à la Blier des 70's pas déguelasse), ça donne assez envie.

saïmone › lundi 4 mai 2015 - 12:22  message privé !
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haha : https://www.facebook.com/events/106075663057562/

Note donnée au disque :       
dariev stands › lundi 4 mai 2015 - 11:50  message privé !
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oui il y a une belle hype qui prend de l'ampleur depuis quelques années sur tout le trip "world psyché" (ici le mot psyché, qui a éternellement bon dos, est à comprendre comme "vintage"), c'est plutot rafraichissant je trouve : aucune star, aucun look pour appuyer la zique, ça reste un truc de passionné même si beaucoup doivent trouver ça super green dans leurs soirées cocktails. C'est clair que d'autres le faisaient avant, pour parler des meilleurs, Sublime Frequencies, qui n'a pas attendu l'engouement actuel sur le tishumaren (rock touareg) pour en sortir des perles, par exemple. Et pour l'asie du sud est j'en parle même pas. Finders Keepers sont un peu la version "pop" de Sublime Frequencies quelque part, même si la logique est ici plus d'un crate-digging que l'immersion. Dans tous les cas on est sorti de la world à fond ethno où traditionnel = authentique et occidentalisé = pas bien. Et ça c'est quand même cool. Now Again c'est un peu différent, ils ont fait plusieurs anthologies 3xlp, et à chaque fois c'est vraiment un pan méconnu, c'est loin des myriades de compils bollywood ou de rock thai ou cambodgien ou se retrouvent fatalement les mêmes noms. Je pense à leur compil sur le rock indonésien, qui était jusque là assez oublié, ou à leurs réèds de rock zambien (!). Après on pourrait débattre des ayant droits parfois introuvables et des bandes souvent perdues, obligeant à prendre des sources de moins bonne qualité... y'a aussi pas mal de réèds faites à partir de k7 poussiéreuses, parce qu'il y a que ça.

saïmone › lundi 4 mai 2015 - 11:26  message privé !
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finders keepers ! oui, là aussi le nom parle de lui-même haha. Je suis un peu sévère, car j'ai bien conscience que c'est pas ce genre de réed' qui va ramener du pognon (encore que le "matraquage" médiatique me laisse pensif - cf le rock cambodgien des années 60, parallel world publiait ça y'a 15 ans et tout le monde s'en foutait, là ça fait un buzz pas possible (Vice, NPR, etc...) avec les mêmes morceaux ! mais chez un label plus important, putain même world music network s'y est mis ! ; je trouve ça cool, attention, mais, pour ne parler que de ce que je connais (aka la musique iranienne), les prix sont souvent outranciers et bien souvent réalisés à partir de... mp3 (y'a eu un petit scandale à ce sujet pour je ne sais plus quel label de réédition, persia records je crois, en même temps le truc est situé à dubaï...), façon de s'accaparer le travail des acharnés pour des trucs n'ayant de toutes façons plus aucuns droits nulle part (je caricature mais tu vois l'idée) (stark reality tu dis ?)

Note donnée au disque :       
dariev stands › lundi 4 mai 2015 - 10:47  message privé !
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Content de voir saimone s'occuper de ce disque. J'étais curieux d'entendre le % de mélodies iraniennes dans cette pop relativement désuète,je me doutais que c'était peu. Par contre je n'ai - forcément - pas le meme point de vue sur les rééditions de ce type. Je pense qu'à l'exact contraire du marché vraiment juteux des réèds de groupes de rock + ou - connus, cultes ou "qu'il faut posséder", cette vague d'exhumation a vraiment du bon. Primo, les disques sont pas toujours chers (j'ai chopé celui ci y'a 2 ans pour un petit prix en cd, et il je le vois encore souvent dans les bacs pour pas cher), deuzio, je pense que c'est souvent un vrai pari de sortir ça, et pas de l'opportunisme. Personne ne connait, et sans les rééditions, ça resterait oublié : les originaux sont quasiment inexistants ! Cela dit, Kourosh est loin d'être le haut du panier, et comme toujours c'est vendu comme un truc artistiquement chiadé alors qu'on est très très trrrrèèèès loin de l'inspiration des rockeurs Anatoliens Erkin Koray ou Selda par exemple. Je pense que le continent asiatique en était encore aux singles destinés aux radios, de toutes façons. Ah, et Now Again est un super label, inattaquable ne serait-ce que parce qu'ils ont sorti l'intégrale des inhumains Stark Reality.;) je les trouve plus cohérents que finders keepers, par exemple.