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Black Funeral › Az-i-Dahak

cd • 9 titres • 33:44 min

  • 1Druj Nasu03:43
  • 2Daevodata03:36
  • 3Az-i-Dahak (Awake)05:16
  • 4Dahak (Serpent Arise)03:47
  • 5Eye Of Arashk03:36
  • 6Kiss of Serpents01:46
  • 7Sutekh (Chaos)03:35
  • 8Astovihad05:36
  • 9The Fallen Arise02:49

enregistrement

Enregistré en aout-septembre 2004. Produit par Michael Ford. Composé, arrangé, programmé et enregistré par Michael Ford.

line up

Michael W. Ford (voix, programmation, machines, guitare, basse), Lux Ferro (voix), Dana Dark (voix).

remarques

Une édition vinyle chez Perverted Taste est également disponible.

chronique

Il y a deux manières d'écouter ce disque. La première, c'est en journée, après avoir bien mangé, de bonne humeur, il fait beau, on dirait une journée tendresse, une journée câlin, une journée bonheur : vous mettez ce disque, vous l'écoutez deux minutes en vous disant "mais c'est quoi cette merde, c'est enregistré dans un carton, c'est joué avec des instruments en carton, ça va nulle part, c'est synthétique moche, c'est pas beau, ça rime à quoi, aaaarrrrrrh !", et vous appuyez sur EJECT. Et, il y a la deuxième manière d'écouter ce disque. Cette deuxième manière laisse sous-entendre que les rituels doivent être reçus dans un état particulier, un moment particulier, que les éléments doivent être disposés comme il faut - c'est souvent un peu risible à lire dans le bouquins d'occulterie tous ces préliminaires, mais il y a une part de vérité que tout bon curé, imam, rabbin ou lama connaissent : un rituel appartient à une mise en scène, et la musique qui va avec fera "plouf" si vous ne respectez rien, bande d'anarchistes. Alors, pour bien apprécier ce disque, essayez de ne pas dormir, stressez vous toute la soirée en regardant des nanars mauvais (comme ce Chuck Norris où il joue un esprit de la forêt là...), ressassez des choses mauvaises, angoissez-vous, attendez la dernière heure de nuit (entre quatre et six heures en gros) et appuyez sur PLAY. Là, si vous êtes assez fatigué et fébrile, un paramonde agressif va tourbillonner dans la pièce, votre angoisse va vous travailler encore plus, et vous vous rendrez compte que la pauvreté de la production, les sonorités bizarro-kitsch des guitares, de la BAR, et des bruitages ou effets discordants moches ne laissent rien au hasard. L'auteur derrière Black Funeral s'appelle Michael W. Ford, et notre cher Michael est un occultiste professionnel, ayant écrit une "Bible de l'adversaire" et une quinzaine d'autres ouvrages pratiques de magie luciférienne ou vampirique (le gars est obnubilé par nos amis à grandes dents fans des Misfits). Il est également fondateur d'un ordre, en préside un autre, et a bien sûr étalé sa puissance musicale black metal ici, mais aussi électronique, ambient, rituelle et industrielle dans d'autres groupes : Psychonaut 75, Valefor, Hexentanz, Akhtya... vous pouvez même écouter des podcasts du monsieur si vous voulez étudier la chose, avant d'acheter encens, huiles essentielles ou colliers avec os humains inclus pour vous sentir TRV3 lvCyf3RjéN ! Bon, donc, comme je vous disais, ça marche, dans le sens où chez moi, cette musique m'a vraiment captivé l'attention, par l'abandon total des sens, faisant fi de toute la gaucherie apparente du propos. Sur cet album il est question d'un rituel inspiré de l'histoire ou de la mythologie perse, un rituel destiné à raviver des forces destructrices de la nature, appellées à annihiler l'humanité pour sauver la terre... manifeste écolo-démoniaque ! Les paroles (enfin, le canon, les prières, les incantations ?) nous narrent un petit voyage chez les cornus, mais avé des montagnes sèches derrière, et des boucs qui broutent des bouts de petites plantes désertiques, ça change du rock and roll circus habituel (ou de la Haute-Loire). Et j'ai vraiment eu des fourmillements mauvais, captif de ce tourbillon répétitif et malsain... alors ou quelque chose est sorti, ou passé fugacement dans la pièce, ou alors s'est carrément faufilée en moi après écoute. Je sais pas ce que c'est, mais ça me donne envie d'acheter d'autres objets culturels sulfureux... Michael W. Ford, champion du marketing luciférien ? En tout cas, spécialiste de la transe de trois-quart, les yeux de traviole, déclenchant un très subtil décalage de la raison et des sensations que je n'entends pas souvent dans le black metal... Fortiche, mais exigeant.

note       Publiée le dimanche 3 mai 2015

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Note moyenne        2 votes

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Rastignac › mercredi 19 septembre 2018 - 19:13  message privé !
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Putain c'est toujours aussi bon à la réécoute. J'ai oublié que j'existais pendant trente secondes, et je me demande bien où j'étais DUCOUP. Dans le salon de Michael ?

Note donnée au disque :       
Dead26 › lundi 4 mai 2015 - 11:06  message privé !

Une bien bonne surprise après l’excellent Belial Arisen. J’adore Black Funeral depuis ses débuts et pour moi ce projet a toujours été à part dans le petit monde fermé du black metal amerloque. Chaque album est hors du commun avec toujours ce petit quelque chose que les autres n’ont pas, Az-i-Dahak n’échappe pas à la règle. À première écoute et si on est pas habitué au groupe cet album peut dérouter, certains trouveront ça bizarroïde, inutilement froid, stérile, ennuyant… Moi je le trouve plutôt riche et non conventionnel, tous les titres mis bout à bout gardent une certaine homogénéité peu commune dans ce genre de black metal. De ces 9 morceaux il se dégage une ambiance spéciale voir hypnotique, quelque chose d’inhumain et très malsain, la boite à rythme n’y est pas étrangère et les espèces de bruits étranges derrière la musique n’arrangent pas les choses, le rendu n’est que meilleur.

Note donnée au disque :