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Sepideh Meshki › A dialogue without words

digital | 17 titres

  • 1 Daramad Bayat-E Tork
  • 2 Reng
  • 3 Dad-O Goshayesh
  • 4 Shekasteh Va Zarbi-E Shekasteh
  • 5 Edameh-E Shekasteh
  • 6 Mehrabani
  • 7 Mehdi Zarabi
  • 8 Chaharmezrab
  • 9 Daramad-E Bayat-E Esfahan
  • 10 Jamehdaran
  • 11 Zarbi
  • 12 Bayat-E-Rajeh
  • 13 Oshaq
  • 14 Zarbi-E Oshaq
  • 15 Eshare Be Shoor-Va-Forood
  • 16 Sooz-O-Godaz
  • 17 Panjzarbi

line up

Sepideh Meshki (Sêtar), Ahmad Mostanbet (Tonbak)

chronique

Styles
world music
Styles personnels
iran > setar solo

Vous l'avez sans doute remarqué, nous sommes plusieurs dans la rédaction de guts of darkness à entretenir en relation d'amour/haine envers les réseaux sociaux, cette saloperie ironiquement cynique qui a inauguré le « statut » et la trace de pneu d'une ligne, tout en étant soi-même l'acteur (l'auteur) d'une page facebook qui partage à qui mieux-mieux les chansons stupides et les articles politiques (dans le meilleur des cas). Car malgré la pauvreté affligeante de ce qu'on trouve sur ce genre de lieu (on ne compte plus le nombre de bébés qui possèdent déjà la collection de leur enfance à la vue de tous), il y a parfois des espèce de... miracles qui arrivent, le genre de micro-événement qui nous pousse toujours à consulter le fil d'actualité des choses que l'on « aime ». Je parle en l’occurrence de la mort de Mohammad Reza Lotfi (que j'avais abondamment liké sur facebook), largement relayé par les médias iraniens et autres via hommages appuyés et tutti quanti. Dans cette mare informe mélangeant pleurs d'un Shajarian et discours ému d'un Alizadeh, d'un Motamedi (qui fut « découvert » par lui) ou de l'intervention de je ne sais plus quel homme politique, il y avait une petite vidéo d'une jolie jeune femme voilée jouant du sêtar auprès du Maître. Une vidéo époustouflante, un solo de sêtar absolument parfait, de dextérité, de finesse, d'inspiration, au sein de ce que j'apprendrais être le concert de la version féminine de l'ensemble Sheyda, monté par ledit ostad Lotfi (concert ayant depuis été uploadé en intégralité sur youtube – quoi d'autre ! - par votre serviteur, il faut aussi savoir l'utiliser, cette saloperie de Internet). J'apprendrais à peu près au même moment (c'est à dire il y a un an jour pour jour) que cette jolie jeune femme allait sortir un disque solo de sêtar – disque bien entendu uniquement disponible en occident via des sites de musique dématérialisés (en flac heureusement) – pas du tout en hommage à son maître. Ça a son importance : le meilleur joueur de sêtar, actuellement, est une jolie jeune femme d'à peine trente ans. Une écoute rapide de ce Dialogue Without Words (un titre un brin cliché) devrait vous convaincre sans trop d'effort. La virtuosité se dispute à la délicatesse, la poésie à la cavalcade. Accompagnée au tonbak par Ahmad Mostanbet, elle déroule deux dastgah avec tout ce qui fait le sel de ce magnifique instrument et de la richesse quasi infini du système modal iranien : un poème sans mot (...désolé... Ghassemi m'expliquait l'autre jour le rapport entre le dastgah mahour et les parades amoureuses des oiseaux, ça se tient), lyrique, épique, des envolées, des chuchotements, de longues étreintes, le petit café du matin après l'amour, l'émancipation et donc la séparation et puis la solitude et enfin l'amour retrouvé ; j'ignore si cette jolie jeune femme fait une psychanalyse (j'en doute) mais on sent qu'elle pourrait jouer comme on pourrait ne pas s'arrêter de parler – ce qui demande une maîtrise et une connaissance parfaite du radif, certes, mais aussi une espèce de « facilité » (un don ?) à pouvoir élaborer sans tenir compte des limites de son instrument. Voilà qui est cyniquement ironique dans cette République qui annihile le droit des femmes – et qui rétablit quand même un ordre historique, celui des femmes musiciennes, dont témoigne les miniatures persanes anciennes, et qui font définitivement du sêtar un instrument essentiellement féminin, dans son toucher et son caractère (c'est le târ qui en Iran est considéré comme « viril »). Mettre un note est donc complètement absurde, mais puisque je vous disais l'autre jour que la musique était politique (et là plus que jamais), je ne peux pas décemment descendre en dessous de six.

note       Publiée le dimanche 3 mai 2015

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saïmone › vendredi 13 juillet 2018 - 11:54  message privé !
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Sepideh vient de monter un petit ensemble, pour lequel elle a composé une très belle pièce, "Impatient of Separation". Disponible uniquement au téléchargement, c'est un peu compliqué vu qu'il s'est fait viré de toutes les plateformes nord-américaines (!). C'est super, les sanctions. Deezer, spotify, CDuniverse, c'est du "page introuvable" ou du "not available". Sur youtube, y'a une playlist, un peu con à trouver, du coup je vous mets le lien : https://www.youtube.com/playlist?li... en bonne qualité, proftez-en. Sinon y'a un passage secret pour y arriver sur Amazon.fr, mais je vous déconseille de le faire, donner de l'argent à ces bâtards, ce serait cruel...

Note donnée au disque :