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François Couperin (1668-1733) › Messe à l'usage ordinaire des paroisses

  • 1997 • Erato 0630-17581-2 • 1 CD

24 titres - 66:10 min

  • 1-5/ Kyrie - 6-14/ Gloria - 15/ Alleluia - 16/ Offertoire - 17-20/ Sanctus - 21-22/ Agnus dei - 23/ Prière pour le roy - 24/ Ite missa est.

enregistrement

Produit, enregistré et mixé par Martine Guers-Fernoux, cathédrale Saint Pierre de Poitiers, 23-28 septembre 1996.

line up

Marie Claire Alain (Orgue Clicquot de la cathédrale saint pierre de poitiers) ; Les chantres de la chapelle de Versailles ; Emmanuel Mandrin (conducteur).

remarques

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-ancienne

La messe à l’usage ordinaire des paroisses est une œuvre de facture rigoureuse et primitive. L'oeuvre, ici dans son contexte liturgique, alterne donc pièces pour orgue seul et monodies grégoriennes masculines. Lents, profondément recueillis et austères, ces chœurs à l’unisson sont tout de méditations et d’obscurité. Ils sonnent à nos oreilles modernes comme le souvenir des vieux cloîtres, et des pas solennels, autistiques et solitaires qui en habitaient respectueusement le silence. Ces moments de murmures ténébreux assurent avec justesse le calme et le repos… car les partitions d’orgue composées par Couperin sont, elles, tout sauf agréables. A l’opposée de la retenue, discrétion viscérale de ces voix consacrées, l’instrument gigantesque accumule les folies, virtuosités maladroites, colonnes sonores surpuissantes, superpositions de notes graves et dévastatrices, distensions rythmiques… tout cela dans un déchaînement progressif et épouvantable de dissonances absolues, et de déséquilibres rythmiques aux variations incontrôlables… un véritable chaos sonore, au cœur duquel l’enthousiasme et la glorification positive de Dieu sont certes perceptibles, voire centrales, par des saillies d’harmonies éclatantes, que l’on espérait plus, des traces de mélodies réelles mais aussitôt brisées, assommées et concassées par la masse dissonante qui ne cesse de s’abattre, comme on assisterait à l’écroulement dantesque et anarchique d’une cathédrale immense. Un fracas assourdissant digne de la fin du monde. Cette liberté de fait d’écriture dans la France de l’époque qui attend encore les parfaites grammaires des maîtres baroques tels que Vivaldi, Heandel et surtout Bach, explique en grande partie cette incroyable musique, dérangeante, violente, extrêmement éprouvante lors d’accès indicibles où rien, mais alors rien du tout, ne peut séduire l’oreille. Heureusement certaines pièces plus posées arrivent à point nommé pour nous ravir le cœur d’une douce mélancolie, où le potentiel harmonique et sonore délicat du divin instrument est enfin respecté. Inutile de cherche à savoir d’où nous vient cette musique au déroulement très strict et brut, opposant dos à dos recueillement ténébreux et destruction atroce. Se plonger aujourd’hui dans ce disque est une expérience douloureuse sans équivalent, qui bouscule sans pitié nos habitudes d’auditeurs, nos envies mélodiques et besoins harmoniques… et entre chaque pandémonium, le plain-chant minimal à la texture ténèbre nous soulage de nos sueurs, comme une brise dans la nuit. La brutalité de facture de la pièce en fait une des expressions les plus saisissantes de la plastique sonore religieuse : orgue, chants grégoriens… et Chaos. Ahurissant…

note       Publiée le lundi 24 juin 2002

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Wotzenknecht › lundi 29 octobre 2007 - 17:44  message privé !
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La version de Harmonia Mundi (Michel Chapuis à l'orgue) possède une tracklist (ce mot est-il d'époque ?) différente... ce qui n'empêche nullement l'appréciation de l'oeuvre qui doit surement prendre tout son sens lorsque les fidèles perdent raison