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Primitive Man › Home Is Where The Hatred Is

cd • 4 titres • 32:00 min

  • 1Loathe
  • 2Downfall
  • 3Bag Man
  • 4A Marriage with Nothingness

line up

Ethan Lee McCarthy (Guitare / Chant), Ben Kennedy (Batterie), Jonathan Campos (Basse),

remarques

chronique

Styles
metal extrême
black metal
doom metal
Styles personnels
blackened sludge

Je ne vous le cache pas, ces mecs me l’avaient souvent laissée mi-molle. Que ça soit chez Clinging to the Trees of a Forest Fire, ex-groupe du guitariste, et son "funeral grind" qui peinait un peu sur le split avec Nesseria ; ou encore le premier skeud des primitifs à proprement parler, "Scorn", nettement meilleur, mais qui avait beaucoup de gueule pour trop peu de couilles réelles — je veux dire, d’originalité, compte tenu que la subversion morale, le tempo d'éléphant et l’agression à la dissonance c’est à peu près la norme dans l’ultra sick blackened doom qu’ils revendiquent —, et surtout des longueurs, des longueurs. Le format EP, par contre, leur va comme un gant — et y a de quoi grailler, rassurez-vous, car on caresse les 10 minutes de moyenne pour chaque morceau, sauf le dernier. Cloisonné dans ce semi-format, Primitive Man va à l’essentiel et taille le surgras du gras pour ne laisser qu’un coeur de graisse solidifié, gélifié, un coeur substantiel de dégoulinance. Depuis que Celeste s’était mis à tourner en rond dans sa propre lie, que Black Sheep Wall avait trahi pour le camp des émos, que Admiral Angry était mort né avec un album glorieux, et même si Lord Mantis avait tant bien que mal maintenu le level, il manquait un bon gros cochon à la scène, un cochon vorace, dévastateur, et d'une couleur originale. Si c’est sur ce 3ème point que pèche Primitive Man, il n’empêche qu’ils envoient la patate primitive avec une certaine classe. Cette classe tient à la production, alourdie par un son de batterie plus lointain et plus organique, et un couple guitare-basse comme deux grosses fesses cellulitées, dont la superficie assise étouffe la totalité du spectre sonore. Et en parlant de Celeste, si leur tournée avec Primitive Man succédant la sortie du skeud peut mettre a posteriori sur la voie d’un rapprochement, on dirait que ce "Home Is Where The Hatred Is" les a phagocytés. Symphonie de dissonances sur fond abyssal de powerchords, intenses séances d’écrasage à la double pédale ("Bag Man"), riffs constricteurs qui s’embobinent malicieusement autour des aires émotives du cerveau, déluges glaiseux et cascades de boue dans les accélérations ("Downfall"), arpèges blutausnord-ien répétés ad libitum (sur la très belle fin de "Loathe"), accalmies parasitées par des larsens porcins qui ne font qu’ajouter en lourdeur et en tension… Bref, rien de nouveau sous le soleil goudronneux du plus vilain sludge, mais ce skeud a l’avantage jouissif de faire grimper tous les poncifs du genre à la puissance 10. Le son, il faut le dire, est absolument écrasant, et rarement une prod a été si réussie, maximisée et hypertrophiée, un peu comme les gros pleins de soupe qui en sont à l’origine ou les BBW à effigie américaine qui trônent sur une table symbolique de manigances peu morales. Pour enfoncer le clou de cette évidence, ne reste qu’à citer "A Marriage with Nothingness" : "interlude" conclusif quasi classique dans le genre, qui voit s’affronter un crescendo de guitares bruitistes et un sample de scène SM, de viol, de femme démente, de ce que vous voulez tant que ça vous rappelle "(S)" de Celeste, et son sympathique sample d’Irréversible. Et dire que "Primitive Man", c’est aussi un sympathique album de synthpop d’Icehouse. "Home Is Where The Hatred Is", à son opposé, est une réussite : de la musique à faire trembler saïmone. 4,5/6

note       Publiée le dimanche 19 avril 2015

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born to gulo › vendredi 19 juin 2020 - 19:59 Envoyez un message privé àborn to gulo

Caustic est un peu son - modeste - sommet, et pour ma part je crains - sans que ça m'empêche trop de dormir, je vous rassure - que le prochain, malgré une pochette pour une fois regardable, révèle un réservoir vide. L'extrait rend modérément impatient, en tous les cas.

boumbastik › vendredi 19 juin 2020 - 17:25 Envoyez un message privé àboumbastik

Primitive Man sur Guts depuis 5 ans. Faudrait que je me réveille. Caustic sorti en 2017 est particulièrement gouleyant. Vivement août.

Klarinetthor › vendredi 19 juin 2020 - 15:33 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Le nouveau Primitive Man pour aout. C'est vrai qu'une année 2020 sans eux, ça aurait été une faute de goût.

Note donnée au disque :       
merci pour le fusil... › dimanche 17 décembre 2017 - 20:13 Envoyez un message privé àmerci pour le fusil...

Le dernier en date, Caustic, porte parfaitement son nom. Ils ont enfin coupé les cornes et les bubons, et c'est parti pour une descente dans les Limbes, option corniches et près de l'os.

Dioneo › lundi 29 février 2016 - 15:11 Envoyez un message privé àDioneo  Dioneo est en ligne !
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Également demain (mardi 1er mars) aux Pavillons Sauvages à Toulouse... Puis un peu partout en Europe du sud, puis centre, puis nord, puis re-passage pour une date en France puis retour dans leurs États... En tournée jusqu'à fin juillet, en fait, les Grö (avec MagruDergrind, donc, apparemment).

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