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The Holocaust › Blue Sky Black Death Presents : The Holocaust

cd | 15 titres | 57:55 min

  • 1 Plunder
  • 2 Twilight Zone
  • 3 We All Are Well Known
  • 4 What Can The Matter Be
  • 5 God Be With You
  • 6 Monarchs
  • 7 No Image
  • 8 The Ocean
  • 9 Sinister
  • 10 Smoking Room
  • 11 Lady Of The Birds
  • 12 The Worst
  • 13 Killer Moth
  • 14 Wing To Wingfeather
  • 15 Crash

line up

Blue Sky Black Death (production), The Holocaust (MC)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
hardcore symphonique

Gros, gros album de capuchard. Du hip-hop de trafiquant d'armes, avec une ambiance limite russkoff, zéro feat, zéro groove. Vu l'origine abstract-hip-hop du MC chauve et antipathique qui opère ici, on aurait pas trop pu se douter que ça allait virer négociations au fusil à pompe filmé en Imax et aux belles instrus Michael Mann qui beurrent la raie ; et ça en jette pas mal, avouons. Qui se souvient du Bobby Digital de RZA ? Ce skeud sublime qui fût l'occasion de découvrir dans ses featurings The Holocaust, rappeur brutal et frontal, originaire de la west coast, portant son blase comme une balafre outrancière en travers de la gueule, et qui donnait pour l'occasion son nom à l'un des titres les plus magnétiques et soyeux jamais apparus dans l'univers du Wu-Tang. A la fois lié au monde du Wu, donc, au style froidement contrôlé d'un GZA par exemple, mais aussi au style full coup de boule microphonique, ruant dru dans un style bourrin bas du onfr à la Necro ou Ill Bill, sans le suif ingrat. Si RiZzA est le parrain pété de cash et hautement respecté des bas-fonds jusqu'au show-biz, se vautrant dans ces gaudrioles et ses fantasmes de septième art avec le magot, The Holocaust est clairement l'homme de main à qui on laisse porter les fagots. Et pourtant il a rappé sur un des skeuds les plus "septième art" du genre, en MC aux visions d'apocalypse tarées et au flow rude, terre-à-ter-ter, à la hardcore pas pécore, même assez lunatique pour tout dire, tendance ourson, mais en bien plus ursin (et qui appelle pas les flics quand on kidnappe la mifa). Monochrome comme un corbak dans la nuit, The Holocaust rappe camion. Mais camion du genre gros mack au pare-choc défoncé, roulant phares éteints au milieu des docks. On le suit dans sa nuit. Dans son gros bahut noir, avec les corps transhabutés à l'arrière qu'il faudra mettre en sac sans broncher. Et on a pas envie de le lâcher, parce qu'il nous raconte ses anecdotes de porte-flingue qui a jamais pu passé le cap du fantasme de grandeur, resté au grade du nettoyeur. En gueulant non-stop qu'il faut pas le faire chier... mais rien n'empêche de baisser la fenêtre pour respirer, tant cette nuit est belle, aussi. Ciel bleu-noir... hip-hop luxueux dans le style symphonique-mélancolique, ou simplement froid et sinistre. Cette production façon "grand thriller tragique" par les très attentionnés Blue Sky Black Death a de la gueule, c'est indéniable. Ma découverte deux ans après la sortie fût un moment assez mémorable, et j'avais même brièvement pensé dégainer cette chro dans la foulée de celles de Mobb Deep avec une note maximale, dites-vous... Avec le recul je tempère, car il manquera toujours quelque chose à cet album pour être le grand disque de hip-hop tragique et mortifère qu'il aurait pu être. De la crasse, du bitume, des effets moins Jedi Mind Tricks et plus Havoc, j'en sais rien... Le son est inattaquable, pourtant, malgré son effet hollywoodien... Les beats de Blue Sky Black Death sont nickel-chrome, avec leurs vastes samples symphoniques se déployant majestueusement, passée cette introduction très Wu-Tang. Aucun moment, à part ce final plus serré et intime, ne viendra nous sortir de cette ténébreuse armada de violons et de pianos. C'est un peu comme la première fois où j'ai vu Collateral si vous voulez : des défauts évidents, mais quelle putain d'ambiance, cette nuit. "No Image", une des instrus les plus douces et subtiles de l'album, est pourtant celle où Holocaust attaque le plus en gros forcené, comme un Method Man qui se ferait cramer les burnes au chalumeau par des albanais dans un cachot. Gros couteau de combat dans un écrin duveteux. Et un rappeur pas trop du genre à fumer la marijuana... Disque réservé aux brutes sensibles, qui versent leur larmiche devant la dernière scène de Rambo quand tous les autres se fendent la gueule.

note       Publiée le samedi 18 avril 2015

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SEN › lundi 20 avril 2015 - 22:50  message privé !

Mélancolique et hypnotique, moi je le trouve top aussi cet album... D'ailleurs je vais pas hésiter à le chopper en vinyle il a toute sa place dans mon rayon Hip Hop ! Du coup la version instru est vraiment sympa aussi, elle permet d'ailleurs de mieux se rendre compte de la qualité du Flow d'Holocaust !

Note donnée au disque :       
Raven › dimanche 19 avril 2015 - 21:57  message privé !
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Y a les chros pour ça, donc patience

nowyouknow › dimanche 19 avril 2015 - 12:20  message privé !

Bouuuuuuh il aime un album qui a une mauvaise note sur rateyourmusic!!!! Non c'était pas pour tacler ou quoi, j'attendais que tu me dise ce que tu lui trouves en fait. C'est un album que j'avais trouvé vraiment triste, genre RZA d'un coup vidé de son talent. Mais je sais qu'il a ses amateurs.

Raven › dimanche 19 avril 2015 - 01:16  message privé !
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Ah mais il est objectivement moche, sûrement, enfin j'imagine hein. S'il fallait s'arrêter aux listes de classics bien rangés bien proprets... Mais... certes, j'aurais dû mettre l'article défini, l'adjectif et le verbe au pluriel, pour les deux premiers Bobby s'entend. Quelle tête en l'air, vraiment ^^

nowyouknow › dimanche 19 avril 2015 - 00:50  message privé !

Bobby Digital "sublime", v'la aut'chose