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Chromatics › Running from the Sun

cd • 8 titres • 38:03 min

  • 1Dreaming in Color04:20
  • 2Red Car04:24
  • 3Kill For Love04:17
  • 4Last Wish04:53
  • 5Running from the Sun04:11
  • 6Disintegration03:36
  • 7These Streets Will Never Look the Same08:33
  • 8Blue Moon03:49 [reprise du standard de Rodgers & Hart]

extraits vidéo

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line up

Johnny Jewel, Adam Miller, Nat Walker, Ruth Radelet

remarques

chronique

Styles
new wave
cold wave
ambient
Styles personnels
"je vais reprendre un comprimé"

These streets will never look the same. Indeed. Parfois, la topographie de la ville change d'orientation, les rues vous tirent alors vers l'Est, de ce côté où vous n'alliez jamais par plaisir, et qui maintenant vous fait battre le coeur. Et puis d'un coup les rues se vident de ce sens neuf qu'elles avaient prise, démagnétisées par une nouvelle absence. Et puis les nouveaux souvenirs, devenus tendres, se teintent d'une tristesse inédite, plus profonde. Des rues partout dans le monde qui ne ressembleront plus à ce qu'elles étaient, parcourues en tenant une main évaporée, les signes partout sur les façades, les parcs et les terrasses plus lourds de sens en attendant de les recouvrir à nouveau, qui sait. Chromatics est vraiment un groupe déprimant. Comme l'est cette version de cette longue dérive solitaire post-amour, peu importe comment et pourquoi tout s'est arrêté brusquement, déshabillée de ses beats pour la rendre encore plus flottante, dans cet état second où le renoncement abasourdi se mêle aux larmes qui montent d'un coup. Et ce stupide vocoder trop sentimental, qu'on entend aussi ailleurs, sans trop savoir si il est magnifiquement brisé comme un coeur, ou simplement laid comme un artifice, comme une expression futile. Shallow on dit en anglais, pour ce sentiment de rester à la surface des choses. Chromatics pourrait paraître l'être, dans toute sa splendeur rétromaniaque post-moderne tournée vers des années quatre-vingt médusées d'une mélancolie souvent facile, voire factice. Mais non, décidément non, Chromatics est vraiment un truc à vous faire gober des calmants chaque soir, mélange lexo/whisky, cette fois à peine effleuré par la présence érotique et spectrale de Ruth Radeleth, n'intervenant vraiment (mise à part une version "beatless", elle aussi, du morceau éponyme de l'album précédent) qu'à la toute fin dans une interprétation noctambule du standard "Blue Moon" agissant presque comme une dernière caresse avant d'embarquer dans une nuit peuplée de rêves incertains. Mais avec l'assurance que la divine créature, telle la blonde hitchcockienne de Lost Highway, vous susurrera finalement "You'll never have me.", alors que vous touchiez le bonheur du doigt. Ca ne pouvait pas se terminer autrement, tellement Chromatics avait déjà mis les points sur les i, comme dans trIste, l'intro "Dreaming in Color" ressemble déjà à une musique de fin, la voix de Ruth n'exprime rien sinon un souffle sinistre au dessus de ces guitares à se foutre par la fenêtre. C'est plié d'avance, la menace flotte dans chaque beat de l'oppressant "Red Car", son ivresse synthétique maladive un peu grotesque, dans chaque nappe synthétique du quasi-ambient "Last Wish", parfait pour arpenter après fermeture légale des bars les trottoirs de rues désertées par toute tendresse, toute empathie. T'es tout seul garçon, vraiment tout seul cette fois. Oublie un peu ces vocodeurs à la mélancolie un peu cheap, un peu racoleuse, écoute simplement le chant de ton cerveau qui doucement, tout doucement se désintègre, c'est presque serein, c'est un abandon à la nuit, à la solitude, au vide. C'est presque grandiose et c'est quand même quasiment rien, à peine trois notes de piano en fin de parcours pour donner une forme à ta pauvre détresse. Et juste le temps de se dire qu'en effet, ces rues ne ressembleront plus jamais à ce qu'elles étaient avant. Juste un conseil : tu ne devrais pas prendre tout ça trop au sérieux.

note       Publiée le vendredi 17 avril 2015

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Raven › jeudi 11 juin 2015 - 02:10  message privé !
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franchement les extraits que j'ai entendu du dernier font peur, comment sabrer toute envie de le découvrir... c'est lisse, mais liiisse.... encore bien plus que celui-ci (qui est à mille lieues d'avoir l'ambiance et la voracité du moitissime Disintegration au passage ; en même temps, c'est un challenge que le talentueux Johnny Jewel ne pourra jamais espérer atteindre amha, et sûrement pas depuis qu'il périclite, faudrait peut-être l'éloigner de Ryan Gosling ?)

dariev stands › dimanche 19 avril 2015 - 19:09  message privé !
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Dans le même esprit, un certain J. vous aurait recommandé... Disintegration, l'album de Cure. Il ne faut jamais prendre les choses importantes au sérieux, sinon c'est du sabotage.