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Danger Doom › The Mouse and The Mask

  • 2005 • Epitaph E86775-2D • 1 CD digipack

cd • 14 titres • 39:51 min

  • 1El Chupa Nibre
  • 2Sofa King
  • 3The Mask
  • 4Perfect Hair
  • 5Benzie Box
  • 6Old School
  • 7A.T.H.F.
  • 8Basket Case
  • 9No Names
  • 10Crosshairs
  • 11Mince Meat
  • 12Vats Of Urine
  • 13Space Ho's
  • 14Bada Bing

line up

Danger Mouse (production), Mf Doom (MC, production + alias qui ne font rire que lui)

Musiciens additionnels : Ghostface Killah (MC), Mark Linkous (basse), Talib Kweli (MC), Cee-Lo (MC), Money Mark (claviers)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
alternatif

Tout ça me remue plus que ça ne me secoue... mais ce swag un peu mystérieux me parle sur ses 40 petites minutes, et vu le genre il faut dire que la durée compte pour les macarons en fin de chro, quand elle est si raisonnable. Finalement, à y regarder avec le recul d'une décennie - ce qui est plus aisé pour ceux qui comme votre serviteur n'en ont jamais fait tout un culte du Metal Face - ce petit album de collab' rigolo avec le tout aussi indie-acceptable Danger Mouse, tient très bien la distance, comme un bon Tarantino. Je n'aurais pas parié grand chose sur la longévité de The Mouse & The Mask à l'époque de sa sortie, et il me semblait juste un album-gadget du rap alternatif, mais il a bel et bien tous les airs de ce que les collectionneurs sans poésie appellent un classic, l'air de pas y toucher. Pas comme Madvillainy quoi, qui s'impose massivement en surlignant bien sa haute noblesse. Plutôt comme un MM Food invité à manger dans un palace et à sociabiliser un peu, m'voyez... même s'il pourra pas s'empêcher de jouer avec la nourriture et de lire ses bandes dessinées sous la nappe, insensible aux courbes des serveuses. Il y a ici forcément cette étrangeté geek-autiste-fétichiste typique du stoïque Metal Face, et cette sensation "poussiéreux-velu-anachronique on wax", façon RZA en mode espion. C'est très ludique (les skits aussi cons que du Infectious Grooves) et surtout c'est aidé par la mise en scène et le décor pimpants-fringuants de Danger Mouse. Et puis aussi par quelques invités, hein, parce que moi j'aime bien Talib Kwah-li, et je kiffe le titre g-funk avec le gros de Goodie Mob, mais il faut aussi dire que le père Starks fume royalement Doom dès son apparition sur "The Mask" (un de ses meilleurs titres) en polarisant l'attention sur son habituel et si délicieusement unique semi-ouin-ouin de pimp hanté, auquel se marie on ne peut mieux la boucle funky-royale concoctée par la Souris... du pur Jackie Brown dans l'esprit. Non, décidément, il est vraiment top moumoute ce petit Danger Doom, il lui manque quelque chose pour être plus que destiné à des écoutes récréatives mais...hey, c'est son but, aussi ! Un bon petit album de hip-hop malin pour le farniente en peignoir voilà c'que c'est, avec cette touche retro et luxueuse des prods de Danger Mouse qui lui donne une saveur muchacha exquisita, très tongue-in-cheek, entre blaxploitation, vieux cartoon, film d'espionnage des années 60 ou manigances de canailles audiaresques. Tout à fait moelleux. Outre le crypticisme habituel des lyrics de MF et son flow aussi opaque que l'ébène qui me sont assez accessoires (comme un antihéros singulier mais peu attachant), je retiens surtout ce parfum de parodie classieuse, un peu comme du OSS 117 si vous voyez où je veux en venir, a.k.a. le truc totalement blague-entre-potesque dans le texte, mais cousu fin et gominé et super bien réalisé, comme dans les vrais bons films à papa... Derrière la désinvolture et la smartitude de la chose, on tient un album récréatif mais très racé. Et les élucubrations non-sensesques habituelles du MF, on s'en tamponne un peu comme un gros chicanos gavé de tacos dans son hamac, tellement on est juste ravi par ce clinquant soigneusement confectionné, dans lequel il n'a même pas le bon goût de se vautrer en pacha comme le ferait un bon membre du Wu (suivez mon regard) alors que la souris l'y invite sans cesse en lui pomponnant son masque avec amour. Mais ça tient évidemment à sa personnalité-carcan, sa prison mentale qu'il décore de stickers et de coupures de comics comme un casier de vestiaire. "Sofa King" et le sublime "Basket Case" me pousseraient presque à lui metre une note déraisonnable... Mais je suis si raisonnable... Garçon ! Vodka-martini je vous prie.

note       Publiée le vendredi 17 avril 2015

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Horn Abboth › vendredi 17 avril 2015 - 15:42  message privé !

Content de le voir débarquer sur Guts celui-ci. Je l'ai saigné quand il est sorti. Je l'écoute moins qu'avant mais j'y reviens de temps en temps avec toujours autant de plaisir, il passe tout seul, "récréatif mais très racé" comme tu dis. Après 4 boules, c'est un peu sec je trouve, il en aurait mérité une de plus avec tout les tubes qu'il comporte: Benzie Box et son gros beat, Sofa King et son instru qui poutre, Old School qui donne dans le western et j'en passe, ya rien à jeter sur ce skeud.

Note donnée au disque :