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Thelonious Monk › Monk's music

6 titres - 38:29 min

  • 1/ Abide with Me (0:55)
  • 2/ Well, You Needn't (11:27)
  • 3/ Ruby My Dear (5:28)
  • 4/ Off Minor (5:11)
  • 5/ Epistrophy (10:48)
  • 6/ Crepuscule with Nellie (4:40)

enregistrement

Reeves Sound Studios, New York City, USA, 26 juin 1957

line up

Art Blakey (batterie), John Coltrane (saxophone ténor), Coleman Hawkins (saxophone ténor), Thelonious Monk (piano), Wilbur Ware (contrebasse), Ray Copeland (trompette), Gigi Gryce (saxophone alto)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité. Cette version comporte deux prises alternatives : "Off Minor" (5:15) et "Crepuscule with Nellie" (4:44), portant la durée totale du disque à 48:28

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
hard bop

En 1957, Thelonious Monk est déjà bien installé. Ce pianiste de talent, ce visionnaire pour ainsi dire, incarne, aux côtés de Dizzy Gillespie et de Charlie Parker, l'essence même du bop ; ce jazz qui, à la fin des années '40, s'émancipait des formules passe partout des big bands, afin de donner du crédit à des artistes qui allaient s'en servir comme véhicule privilégié pour y faire passer leurs émotions, leurs sentiments mais aussi tout leur talent. Ce qui séduit d'emblée chez Monk, c'est sa modernité : de par son écriture subtilement abstraite, il insère des notes, des gammes boiteuses et dissonantes, qui confèrent à sa musique cette approche hors du commun qui en inspirera des centaines par la suite, d'Ornette Coleman à Charles Mingus, pour ne citer que les plus évidents. Après déjà plus de dix ans d'activités, et une bonne vingtaine d'albums derrière lui, Thelonious Monk réunit pour l'occasion un formidable septet qui enchante par le dialogue quasi intuitif qui s'instaure entre les musiciens. Si Blakey et Ware assurent une rythmique solide sur laquelle toute le groupe va pouvoir s'appuyer, on se délecte des duels entre Coleman Hawkins et John Coltrane, enfin réunis sur disque, comme si l'ancien était prêt à passer le relais à une relève qui mènera sa mission à bien. Avec Gigi Gryce en appui à l'alto, Ray Copeland et sa trompette secondent à la perfection les phrasés déstabilisants que Monk produit au piano. Les compositions, quant à elles, sont tout bonnement prodigieuses : "Abide with Me", joué seul par les cuivres, avec ses airs de marche funèbre, donne le ton. "Well, You Needn't" et "Ruby My Dear" sont, d'entrée de jeu, des classiques. Du pur Monk. Et puis, "Off Minor" et "Crepuscule with Nellie", avec leur approche abstraite, leurs accords et leurs notes surprenantes, et ce piano qui peint sa toile impressionniste, par petites touches, font de cet album un des meilleurs que le bonhomme ait enregistré. La grande classe.

note       Publiée le lundi 24 juin 2002

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notes

Note moyenne        18 votes

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vigilante › mercredi 1 juillet 2020 - 20:19  message privé !

@gregdu62 : ma plus belle claque avec Coltrane c'est le coffret des Complete Village Vanguard. Fessée modale.

Dioneo › mercredi 1 juillet 2020 - 19:29  message privé !
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Je suis assez d'accord : pour les enregistrements que j'en connais, Coltrane et Monk ensemble c'est toujours bon, mais pas la folle alchimie qu'on se prend forcément à rêver quand on lit ces deux noms ensemble... Alors que oui, quand c'est Charlie Rouse au sax, il se passe vraiment un truc unique, toujours, entre les deux. (Et du coup le Straight, No chaser devrait te plaire aussi... C'est exactement le line-up que tu cites - concert du Marquee - même si cette fois ni Epistrophy ni finalement aucun des "tubes" monkiens qu'il rejoue sans arrêt n'y figurent, tiens, cette fois).

gregdu62 › mercredi 1 juillet 2020 - 15:10  message privé !

En fait, bien qu'il y ait "Maître" Coltrane sur cet opus (parcourant aussi sa disco en ce moment, je me prend des claques puissantes), je trouve que c'est moins fou et enthousiasmant qu'un album comme Brilliant Corners avec Sonny Rollins et Max Roach. Et puis l’interaction avec Monk me parle davantage sur des opus des années 60 en compagnie de Charlie Rouse. Je n'ai pas (encore) écouté les albums studio enregistrés en sa compagnie mais à ce jour j'ai glané de superbes extraits de concerts en video sur YT. Et si par exemple je prend "Epistrophy" de l'excellent concert donné à Tokyo en 1963 pour une TV japonaise, ça me captive nettement plus que la version donnée ici, l'alchimie entre musiciens y est puissante (outre Rouse, ce sont Frankie Dunlop à la batterie et Butch Warren à la contrebasse) et Monk est très présent (lien YT, en appréciant aussi le départ des musiciens à la fin de ce concert bien filmé : https://youtu.be/hLopWusx-ZU ). Une autre version d'Epistrophy excellente, toujours avec Rouse mais cette fois-ci Larry Gales à la contrebasse et Ben Riley à la batterie, est à écouter en images avec le concert at Marquee donné pour la BBC (émission "Jazz 625"), lien : https://youtu.be/dqzpBWW6VNQ

Note donnée au disque :       
gregdu62 › mercredi 1 juillet 2020 - 14:35  message privé !

L'intro magnifique avec les cuivres et le Crepuscule with Nellie sont 2 plages qui m'emportent totalement ! Entre deux c'est sympa mais mon attention se relâche.

Note donnée au disque :       
boumbastik › vendredi 7 juillet 2017 - 16:12  message privé !

Après 4-5 écoutes, plutôt d'accord avec le com précédent. Monk's Dream m'a fait autrement plus forte impression. Et puis cette batterie sous-sous-sous mixée, bon sang mais why ?