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Rush › Fly by Night

  • 1997 • Mercury 534 624-2 • 1 CD

cd • 8 titres • 37:53 min

  • 1Anthem04:21
  • 2Best I Can03:25
  • 3Beneath, Between & Behind03:01
  • 4By-Tor & The Snow Dog08:37
  • 5Fly by Night03:21
  • 6Making Memories02:57
  • 7Rivendell04:57
  • 8In the End06:46

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Rush & Terry Brown

line up

Alex Lifeson (guitares électriques et acoustiques), Neil Peart (percussions), Geddy Lee (basses, guitare classique)

remarques

chronique

Styles
hard rock
rock
progressif
Styles personnels
hard rock progressif ricain

Suffit de tomber sur la bonne personne, et hop. Manquait juste le bon batteur pour que Rush, simili-Zeppelin canadien avec quelques années de retard, ne devienne cette étrange créature moitié-hardos moitié-progueuse, promise à un avenir rutillant. D'autant que Neil Peart ne frappe pas seulement avec ses baguettes à l'envers, il a aussi la prétention d'écrire des paroles qui se veulent un peu plus intelligentes ou profondes que la moyenne. Pour un groupe de hard s'entend. Enfin pour un groupe de rock quoi. Il a aussi des idées bien arrêtées sur la vertu de l'individualisme voire de l'égoïsme (spéciale dédicace à Ayn Rand dans le livret du magnum opus à venir) qu'il n'hésite pas à mettre en exergue dès le premier morceau de l'album qui résonne comme une déclaration d'intention à la fois musicale et thématique. Le nouveau Rush frappe fort, sait où il va, guidé par les mains de velours dans un gant d'acier de Peart, à grand coup de riffs secs et de rythmiques louvoyantes. "Anthem", tout est dit en quatre grosses minutes, la bête est posée là dans toute sa splendeur, seule la voix disons, égosillante, de Geddy Lee, ramène vraiment le groupe à ses origines, un très honnête tribute band au hard-blues britannique du début des seventies. Les structures sont déjà bien ancrées dans une visée progressive, mais sans gras ni fioriture. Avec une production qui sonne déjà largement plus froide, voire clinique, que les concurrents hard de l'époque, préfigurant déjà ce que sera l'avenir de Rush : un power-trio machinique prêt à se plonger sans scrupule dans la technologie de l'époque pour en tirer la substantifique moelle du succès. Car Rush vise haut, Rush n'est pas là pour rigoler, Rush de l'ambition et n'a pas honte de l'affirmer. Rush en met plein la gueule pour qui veut essayer de suivre les roulements de Peart et les impossibles trajectoires de Lee, désormais la section rythmique la plus impressionnante qui soit, portant en elle toute l'étrangeté prog de la formation, laissant à Alex Lifeson, moins guitar-hero qu'artisan soigneux, le soin d'apporter une touche plus franc du collier, ce son de hard classique évident, avec cette capacité à sortir des solos bien griffus quand il veut, sans jamais la note de trop. S'éloignant petit à petit de ses origines, il subsiste bien sûr des traces du son du dirigeable, notamment sur "Beneath, Between & Behind" qui ne ferait absolument pas honte comme un morceau chelou sur Physical Graffiti par exemple (le pont instru très Yes en bonus), ou le très bel acoustique tolkienien "Rivendell", où l'absence d'accent anglais de Lee, au chant délicat alors du plus bel effet, apporte une essence étrange, comme si l'américanité du groupe ressortait de façon inopiné dans le monde des Elfes, si anglais de nature. D'Amérique il est d'ailleurs question aussi dans la musique qui, disjonctage personnel (mais possible) à part, prend ici ou là un arrière goût de rock sudiste par toutes petites touches (le pont de "Fly by Night" ou les riffs de "In the End", un peu skynyrdiens sur les bords). Et déjà aussi une sorte de rudesse sous la complexité qui sent bon le gros rock qui sert à faire passer le goût des miles sur la route. Rush, c'est un peu comme le Pygargue du drapeau américain, c'est glorieux et hautain mais ça fait le salut à tous les prolos. Sauf qu'il sont canadiens, alors ils collent un Harfang sur la pochette, mais l'impression demeure la même. Mais fi des considérations patriotico-ornithologiques, Rush c'est simplement un groupe qui prend son envol vers des cimes futures. Et celles à venir sont définitivement progressives, comme le démontre avec brio le complexe "By-Tor & The Snow Dog", passé une partie hard aux vocaux pas toujours très heureux (Geddy Lee reste un chanteur difficilement aimable, spécialement quand il vrille dans les aïgus), le morceau prend un détour instrumental inattendu, où Lifeson lâche enfin la bride et vient survoler de ses riffs tempétueux ses deux compères dans leur épopée prog jusqu'à atteindre à une phase suspendue dans l'éther où les percussions de Peart ne sont que tintinabulements sourdement ponctués de quelques grondements de basse, avant le relâchement de tension final. Une certaine idée du rock progressif, ambitieux mais toujours un peu graisseux, moins dans la pompe que dans le bidon d'huile. Du prog de hardos donc, qui donnera bien des idées à d'autres dans l'avenir, Rush passant ainsi de suiveur à inspirateur. Comme quoi, la bonne personne, et hop.

note       Publiée le mercredi 15 avril 2015

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Note moyenne        6 votes

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(N°6) › jeudi 16 janvier 2020 - 21:15  message privé !
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J'ai quand même l'impression que tout le monde a un peu été intoxiqué par les fumées de l'incinérateur depuis quelques jours... (ceci dit je l'ai réécouté sans déplaisir)

Note donnée au disque :       
Reverend Wizard › jeudi 16 janvier 2020 - 20:58  message privé !

Le batteur est enthousiaste oui, mais ça manque de poils et de vomis pour faire la différence

dariev stands › jeudi 16 janvier 2020 - 20:39  message privé !
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SI. A lot. Mais y'a point le punch de ce foutu disque, qui sonne vraiment comme une avalanche de ferraille et de neige mêlée... Même si oui, Sabotage commence lui aussi à sonner bien metal. Mais effectivement, c'est cette frénésie batteristique qui fait la différence.

Note donnée au disque :       
Reverend Wizard › jeudi 16 janvier 2020 - 20:29  message privé !

Toute provocation mise à part, n'as tu donc point d'amour pour black sabbath ?

dariev stands › mardi 14 janvier 2020 - 19:51  message privé !
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Premier album de métal de l'histoire ? (j'aimerai élaborer mais je ne sais pas quoi dire à part RIFFS DE BUNKER-METEORITE, voilà... Beaucoup plus carnassier que le premier, et le son de guitare...)

Note donnée au disque :