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Esham › Boomin Words From Hell

cd • 16 titres • 52:51 min

  • 1Esham's Boomin
  • 2My 9 Rhymes
  • 34 All The Suicidalist
  • 4Dream Girl
  • 5Devil's Groove
  • 6True
  • 7Knockin Em Dead
  • 8Red Rum
  • 9Kissing Bandit
  • 10Some Old Wicket Shit!!!
  • 11Cross My Heart
  • 12Amen Another Sin
  • 13Pussy Ain't Got No Face
  • 14Word After Word
  • 15Wish You Was Down
  • 16Devils In The Soup

line up

Esham (MC, production)

remarques

La version originale est une cassette, contenant deux titres qui ne seront pas sur la réédition CD de 1990 : "Don't Cha" et "Watch 'Cha Back". L'album a été remastérisé en 2015. Je n'ai pas encore écouté cette version.

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
underground > acid rap

Il doit y avoir à peu près autant d'albums d'Esham que d'années depuis qu'il a décidé de rater sa vie. C'était à l'âge de 13 ans, quand il commença le hip-hop, et puis à l'âge de 16 ans quand il créa avec le présent album le sous-genre "acid rap", terme abstrait qui se rattache dans la réalité - une dimension dans laquelle Esham n'a jamais vraiment vécu - à un genre de gangsta rap satanique, usant de synthétiseurs low-cost, et axé sur des paroles qui décrivent toutes les abominations possibles dont est capable l'humain... Déjà à ses débuts sur ce Boomin Words From Hell de 1989 où il avait globalement les moyens techniques qu'avait Grandmaster Flash au début de la décennie, tout ce qui fera sa "wicket shit" était déjà en place, dans l'ambiance pas du tout douillette d'un hip-hop cheesy et maladif, version morbide du Radio de LL Cool J. Ces effets de mix, difformes et aigus, ces samples extra-terrestres, ce flow pas encore mûr de puceau sans thunes qui met pourtant la branlée à bon nombre de rappeurs nettement plus âgés et diffusés que lui : tout est déjà infiniment plus insalubre, malsain, et inconfortable que tout ce qui se fait alors en rap, c'est indéniable. Esham est l'un des rappeurs les plus originaux et acharnés qui aient jamais existé et, encore mineur, sa bizarrerie est déjà plus qu'évidente, elle suinte de partout. Après, en ce qui me concerne, et même en sachant très bien qu'Esham, comme Alan Vega, Jandek ou Wesley Willis, se situe au-delà de considérations telles que "médiocre" ou "inconsistant", ce premier jet peut évidemment être vu comme un genre de brouillon de ses futurs albums cultes. Son style ne s'est par encore pleinement épanoui... Et pourtant... Je ne peux mettre une note moyenne à un disque de hip-hop qui contient des titres comme "4 all the suicidalist", "Amen another sin" et son ambiance digne de Bad Taste (ou Meet the Feebles), "Cross My Heart" avec ses dernières secondes qui sonnent comme ce que serait le rap du chef des gremlins (celui à la mèche blanche), le final "Devil's in the soup" issu d'une dimension parallèle, ou encore mieux "Devil's Groove", ce titre génial, desséché, psychotique, doté d'un des beats les plus malades du hip-hop sur le meilleur sample jamais utilisé du "Halloween theme" de John Carpenter (dix ans avant celui de Dr. Dre sur "Murder Ink", qui a d'ailleurs accéléré sa version au même rythme qu'Esham, mais on dira que c'est une pure coïncidence !!!) mixé avec la bande-son de Vendredi 13, où le rappeur est comme nu dans sa crasse mentale, avec son flow androgyne à cause d'une voix qui n'a pas encore mué (à chaque fois je me fais avoir, je crois que c'est une gonzesse). Déchet-luciole magnifique... Un peu de remplissage mou à côté de ça, sans surprise, comme ce sera de coutume, mais moins que sur pas mal de ses futurs albums. Des embryons recroquevillés sur eux-mêmes, pathétiques avortons entrecoupés de mines antipersonnelles en chewing-gum. Mental wicket shit... Circa 89-90, ce skeud était certainement ce qui se faisait de plus glauque en hip-hop, rien que lyricalement parlant... S'il y a un initiateur de toute une frange gangsta-glauque du hip-hop ? Oui, plus encore que les Geto Boys, c'est ce type seul et minable, leur cousin quasi-clochard de Detroit... Mais contrairement aux Geto Boys, Esham sonne riquiqui, insecte. Son funk est maigrelet, son rap se faufile sous les plinthes, telle une scutigère véloce... On tue ce genre de bestioles d'un bon coup de balai, en général... Mais Esham survivra sur une vingtaine de disques. Les losers sont de coriaces et fascinantes créatures.

note       Publiée le mercredi 15 avril 2015

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