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Jeremiah Cymerman › Pale Horse

cd • 2 titres

  • 1Dancer
  • 2Ghost

line up

Jeremiah Cymerman (Clarinette), Christopher Hoffman (Violoncelle), Brian Chase (Batterie)

remarques

chronique

Styles
ambient
jazz
avant garde
ovni inclassable
Styles personnels
drone acoustique

Jeremiah Cymerman aurait pu s'appeler Klarinetthor, et pas seulement pour son physique. Amis des Kayo Dot, et donc de la scène consanguine New Yorkaise qui se la raconte (il a signé deux albums chez John « MazelTov » Zorn), l'homme est l'auteur d'un très bon album de drone acoustique à base de clarinette (on salue l'exploit), de violoncelle et de batterie, et qui porte le nom de Cheval Pâle. Si l'archet de Christopher Hoffman ne vous est peut être pas inconnu (discographie longue comme le bras, BO de films et tout le toutim performance), Brian Chase lui doit vous être carrément familier puisqu'il s'agit du batteur des Yeah Yeah Yeahs, comme qui dirait à contre-emploi ici – enfin, seulement en apparence, puisqu'il est l'homme derrière « Drums and Drones », une diarrhée postmoderne qui a trente ans de retard. Trois tempéraments différents, donc (un branleur + un ingénieur du son + un violoncelliste génial) pour un album que je me dois de qualifier d'homogène. Tout en retenue, la clarinette de Cymerman n'a rien à envier au saxophone d'un Evan Parker, accompagnée bien souvent par des nappes de cordes frottées avec finesse, tandis que Brian Chase semble jouer avec un bâillon sur la bouche. Avec délicatesse, et même si je n'irais pas jusqu'à parler de « paysage sonore », le travail sur les textures, le timbre, donne à l'album (improvisé ou non, ça on ne le sait pas) une drôle de couleur ambrée, celle du soleil couchant, des portes qui se ferment, du vent qui se lève à la faveur de la nuit froide, du crépuscule de la fin du monde, ce moment qui suit l'explosion. Je parle de ce silence un peu sourd, qui laisse place à la panique et l'angoisse. « Pale Horse » est un très bon album, dans sa modestie (c'était pas gagné) malgré la virtuosité, dans sa précision malgré les élans (mixé par James Plotkin donc quand je parle de précision, je ne déconne pas), avare en mélodie sauf quand il se décide à accompagner la lecture d'un conte fantastique ; qui plaira aux fans de Kayo Dot (mêmes ambiances qu'on peut retrouver sur Coyote par exemple, bien que le style soit très différent) comme aux amateurs de nouvelle musique contemporaine prétentieuse et aux fumisteries improvisées. Un disque de réconciliation, en somme.

note       Publiée le samedi 11 avril 2015

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Klarinetthor › lundi 13 avril 2015 - 15:37  message privé !

Ce qui s'appelle se faire racoler suavagement.