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France Sauvage › On S'Regarde, On S'Écoute

k7 | 2 titres | 39:41 min

  • FACE A
  • 1 Guirlande Zéro [20:44]
  • FACE B
  • 2 Islam Réel [18:57]

extraits vidéo

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enregistrement

Plage 1 enregistrée à Montpellier. Plage 2 enregistrée à Marseille.

remarques

Cassette sortie sur [tanzprocezs] en 2012, en écoute et téléchargement libre depuis la page free music archive du label (voir lien ci-dessus dans la section « extraits »).

chronique

Cette fois-ci les intitulés sont courts. Toujours étranges, comme d’une logique tordue, décalée, déplacée plutôt qu’innocemment, intégralement absurde. On y lira ce qu’on voudra… Pour ma part j’y entends un jeu de bizarres dérisions – champ de décombres historique tourné colifichet, décoration ; culte supposé exogène, implanté, soudé à une vieille notion d'idéologie nationaliste du cru… Guirlande Zéro, Islam Réel. Deux plages seulement, sur cette cassette, tirées de deux concerts. Deux improvisations qui pour ce coup s’étendent, envahissent, investissent deux laps successifs, chacun autours des vingt minutes. L’humour de ces titres – ou alors c’est autre chose… c’est au fond secondaire, ce flou, cet incertain, voire mieux comme ça – peut donc grincer à certaines oreilles. C'est tout à fait adéquat. Leur matière non-plus ne rassure pas. Rien n’est lisse. Tout sature. Le rythme cogné sur les éléments de la batterie brise les nappes d’électronique enharmonique, perce, démolit l’étale aux bords qui de toute façon filent trop vite, passent toutes lignes, perdent le regard qui veut les suivre, le point d’écoute. La frappe disparaît parfois, engloutie ou simplement interrompue, suspendue, tranchée nette ou écroulée. Les attaques ne cessent guère. Simplement l’assaut s’épaissit ou s’aiguise, l’abrasion se pulvérise en nuage ou se concentre en pointes, se densifie en blocs. Bruits électriques qui débordent, encore ; coups acoustiques qui crachent pour ne pas que le courant, que la tension, que les flots de particules vomis par les machines les effacent, les recouvrent. Une séquence d’applaudissements, de cris – pris aux moments de relâche d'un autre concert ? stockés dans, joués sur un ordinateur, lus sur une bande ? – est mise en boucle, précipitée, envoyée comme en contre à ceux qui font face, se massent autours du trio. "On s’regarde on s’écoute". Oui, sans doute aucun, Bruil, Masé, Duval, s’observent, se tracent, s’anticipent. Ce sont cette fois des tactiques de lutte, d’empoigne. "On se piège, on se déglingue" aurait aussi bien pu faire titre – peut-être eut-il été seulement un peu trop littéral. Le disque tient – ô combien – le long de ces deux tronçons, dans ces deux volumes qu'il excave et remplit, sa substance compacte. Parce qu'il y a bien tactiques de guerre, disais-je, en interne – mais que la stratégie vise les gens autours, qu'il faut entrer dans le vif, exactement ; pour que ceux-là renvoient du tumulte, poussent, remuent, se campent quand ça déferle. On suppose en tout cas qu’il était difficile ce jour là, ce soir ci, de rester immobile, insensible, froid, dans l'espace où tout ça tournait, chutait, se dressait. Cette fois encore je n’entends rien de lâche, d'hésitant, dans ces champs qui grésillent et sifflent ; ces charges électroniques qui se magnétisent, se collent, se repoussent ; les flottements mêmes sont affaire de densités qui basculent, ouvrent des vides en quoi tout de suite elles s’engouffrent. C’est un plaisir fort – vibration pleine, morsure qui tonifie, grondement qui fait crier en même temps que lui de joie, rire au revers de ce qui serait un effroi, entendu au mauvais volume. Tout craque, explose sans fin, échappe, rien ne reste un instant en place – au point que le concept d’instant en perde sa pertinence, dissout dans le remous sans cesse. On entend et on voit, on n'a le temps que de ça. On espère que France Sauvage continuera de ne jamais tracer des figures identiques sur un plan répété. On se dit qu’ils passeront bien tôt ou tard, tous les trois, dans nos parages divers aux bâtisses occupées légalement ou non, diversement chauffées, aux proportions et dimensions de toutes sortes.

note       Publiée le mardi 7 avril 2015

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Dioneo › lundi 19 octobre 2015 - 17:11  message privé !
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En concert à (côté de) Lyon (on se demande bien où ça va être, ça, alors, dis-donc...) le mardi 3 novembre. Content de pouvoir enfin les voir, eux !

Et je réécoute celui-là, tiens. Ben... Il devrait vraiment tourner dans toutes les chaumières, pour le bien du Peuple et des Chères Têtes Blondes. (Bref, il envoie toujours autant, quoi, à la retrouvaille).