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France Sauvage › Live Series Vol. 6

k7 • 5 titres • 23:57 min

  • Face A
  • 1Ils Sont Tellement En Avance (Où D’Un Seul Tenant La Voix Parcourt Un Registre Très Large)5:02
  • 2Nuque Large (Complainte De L’Être Éloigné)5:27
  • 3Danse Traditionnelle Des Paupières (À La Grande Vivacité D’Expression)2:06
  • Face B
  • 4Le Château Très Fort (Où L’Interprète Produit Au Moins Deux Hauteurs Simultanément)7:26
  • 5Course De Cheveux (L’Étalon À L’Allure Paisible)3:56

extraits vidéo

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enregistrement

Plages enregistrées live à la galerie Plateforme (Paris XX), lors de l'inauguration du lieu ; les cinq improvisations ont été jouées sur une durée totale de quarante cinq minutes, avec des pauses entre les morceaux, coupées ici pour ne restituer que les moments musicaux de la session. Une sixième improvisation, jouée ce jour là, n'a pas été enregistrée.

remarques

Cassette sortie sur [tanzprocezs] en 2011, en écoute et téléchargement libre depuis la page free music archive du label (voir lien ci-dessus dans la section « écoutes »).

chronique

C’est une musique immédiate. Non qu’elle cherche, "facilement", à jouer sur le familier. Pas qu’elle flatte une quelconque attente. Mais parce qu’elle est… "Sans préalables". Pas seulement sans préambule – ce qu’elle est certes également, là, qui déboule sur une syncope comme si elle en tombait, en coulait, qui clamerait qu’elle en naît ; et pas non-plus qu’elle se prétende sans mémoire, prise à zéro quant à l’histoire, aux années qui s’additionnent, de ceux qui la jouent ; non qu’elle se déclare sans savoir. Mais simplement : tout est improvisé, sans planification, découvert également par tous au moment du concert – les hommes aux instruments en même temps que le public. Pas de limite de style. Peut-être même pas de longueurs, de vitesses décidées par avance. France Sauvage – passé de quintet à quatuor puis, comme ici, trio (ce qu’ils sont encore à ce jour) – avaient déjà décidé, à ce moment de leur parcours, de ne jamais répéter. Pas de répertoire. Des savoirs mouvants, confrontés, qui jouent à se glisser, à se poursuivre. Ce n’est pas de l’art pour l’art : c’est poussé plus loin, du cran qu’il faut pour que ça vive : le jeu se réalise lui-même, ne s’illustre pas, ne se fige pas ; il prend lieu là où il pousse, fore, louvoie, et l’assistance fait une part, sans doute, de sa densité – on appellera cela "l’ambiance" si l’on pense que ça suffit, en n’oubliant pas que ça veut alors dire un peu plus ; c’est quelque chose qui fait corps avec et parmi les corps… Il serait certainement hors sujet, aussi, de chercher ici – ou ailleurs, sur d’autres enregistrements des mêmes – à décréter un style qui nommerait la musique, se définirait par des traits, des synchronies ou ruptures invariablement remis, repérables, mémorisables, qui d’un disque à l’autre n’articuleraient que les variations d’une même voix, d’une parole, d’une forme continué mais une-fois-pour-toute. À la rigueur les titres font indices. Ils seraient comme de curieux programmes. Ils sont longs, ici ; on pourrait presque les confondre avec ces descriptifs de pièces folkloriques lus sur les disques Ocora, qui posent des peuplades, des effectifs, des circonstances, des instrumentaires ; on croirait y trouver du Dada, de la pataphysique, de l’ironie libre en écriture automatique… Les plages de cette cassette, elles – à les comparer à celles d’autres de leurs disques – sont toutes relativement courtes, d’un peu plus de deux minutes à un peu moins de sept minutes trente. Le rythme y est marqué, aussi, syncopé, disais-je. Physique, presque machinique, l’abstraction de son motif seulement à une reprise volatile, flottant, alors qu’autours il scande, enfonce, crénelle l’espace, séquence la ligne du temps. Ces morceaux en sont, en effet : des machines. Elles portent, conduisent, sont des charges. Machines d’existences humaines. Connexions ouvertes, pulsations de substances sonores. Ce qu’habituellement, en un sens plus réduit, conscrit, on appelle "machines" – générateurs électroniques, boîtiers câblés entre eux ou sur eux-mêmes avec des déviations qui déroutent leurs cris, effets, appareils de mixages – ne diffère pas, ici, des instruments censément plus classiques : claviers, guitare et basse, peut-être, batterie… Tout produit un champ en mouvement, le peuple, le parcoure, le modifie à mesure. C’est cela que j’appelle machine : indistincte de l’idée qu’à chaque fois ils saisissent, tracent, à quoi ils acquiescent. Ça semble geste très brut, à l’instant de le recevoir, distinct de toutes théories, arguties, pas distancié par eux. Une complexité, oui, mais sensible et rude. Quelque chose qui passe et qu’on traverse, où l’on se prend – à remuer, aussi – comme on se plonge dans une matière ; celle-ci est dense et magnétique mais n’englue pas, n’enveloppe pas les sens, l’écoute, d’une gaze d’engourdissement. On est frappé, on roule avec, mais pas du tout sonné. Ce qui rend ces cinq titres prenants, ce qui fait que cet objet n’est pas simple témoignage, document, c’est que leur imprévisible ne tourne jamais, là, à l’errance, à la vide dérive, à l’assemblage de hasard qui chercherait en vain comment lancer ou maintenir son mouvement.

note       Publiée le lundi 6 avril 2015

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Klarinetthor › jeudi 6 octobre 2016 - 17:47 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Il est passé comme une lettre a la poste, la. (en fait c'est Femme qui me pose toujours probleme). Le son est bien en plus pour un live.

Note donnée au disque :