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The Notorious B.I.G. › Ready To Die

cd | 19 titres | 68:59 min

  • 1 Intro
  • 2 Things Done Changed
  • 3 Gimme The Loot
  • 4 Machine Gun Funk
  • 5 Warning
  • 6 Ready To Die
  • 7 One More Chance
  • 8 Fuck Me (Interlude)
  • 9 The What
  • 10 Juicy
  • 11 Everyday Struggle
  • 12 Me & My Bitch
  • 13 Big Poppa
  • 14 Respect
  • 15 Friend Of Mine
  • 16 Unbelievable
  • 17 Suicidal Thoughts
  • 18 Who Shot Ya [*]
  • 19 Just Playing (Dreams) [*]

line up

Biggie Smalls (MC), Easy Mo Bee (production)

Musiciens additionnels : Dj Premier (production), Lord Finesse (production), Method Man (MC), Darnell Scott, Sean Combs, Bluez Brothers, Chucky Thompson, Poke (productions), Lil' Kim (simulation)

remarques

* pistes bonus sur la réédition 2004.
cd + dvd

chronique

Styles
hip-hop

On va dire que j'insiste, que je perds mes repères. Que nenni mon loulou. Déjà, le jeune Biggie était assez niqué de la tête pour coller sa photo de bambin au-dessus d'un titre aussi explicite que du Robert Smith entre deux âges. Façade peu vendeuse, nous en conviendrons. Autant que cette intro-vie (de l'accouchement à l'adulte devenu caïd) est l'une des plus grotesques et obscène possibles. Mais, soit : le thème majoritaire dans Ready to Die, c'est le sport en chambre, et en la matière il est certain que Notorious B.I.G. causait gras (dans le genre Ron Jeremy du mic, le skit où il bourre Lil' Kim pour lui faire crier son nom est un des grands moments de débilité du hip-hop, autant qu'un hiroshima dans l'histoire de la literie). Mais je vois aussi "Prêt à crever", "Pensées Suicidaires". Voilà en fait la nature d'une bonne moitié de cet album bien sûr abusivement mythifié comparé à tout un tas d'albums de rap moins populaires sortis dans cette période, mais qui, en ce qui concerne sa vilainie intime, ne permet guère de doute : le gros bébé mafioso était capable d'avoir autant de retour que le Wu-Tang ou Dälek en matière de noirceur urbaine. Il était juste un peu plus terre-à-terre, et il coupait son goudron avec de la plume d'oie. Et niveau flow, il était le suiveur patibulaire et graveleux de KRS-One ("Gimme the Loot"). Plus célébré, moins cérébré. Parfait chroniqueur de son flow au moment même où il l'immortalisait, m'évitant l'emploi de mes coliques métaphoriques habituelles, ce qui devrait déjà suffire à rendre nos lecteurs reconnaissants envers lui ("Excuse me, flows just grow through me - like trees to branches, cliffs to avalanches" -extrait du feat-battle arride et nonchalant "The What" avec Method Man, le seul membre du Wu qui avait envie d'aller se frotter à l'obèse, pour au final se confondre avec lui dans un egotrip rugueux). Cruel et flamboyant sur "Things Gone Changed". Rappeur pragmatique sur "Warning", parfaite pour fendre les baffles comme des bûches. Salopard au style racé sur "Machine Gun Funk" et le titre éponyme. Parolier d'une sincérité terrible sur le final-émotion "Suicidal Thoughts". Les pistes radiophoniques de Ready to Die ? Les trois singles que le producteur exécutif lui a conseillé pour mieux fourguer sa came, sinon Ready To Die aurait été bien moins connu de tout public, c'est certain. La sex track principale avec son refrain r'n'b d'abord, "One More Chance", qui cite et sample Geto Boys, et dont les couplets sont du sauciflard pour l'amateur de rap dominateur. Puis "Juicy" et "Big Poppa", le bubble gum du pimp. Biggie augmentera la dose de ce genre de titres putasses sur le suivant, mais ici, il tartine serré. Pourtant je préfère sans hésiter ces deux titres lèche-putes aux deux qui sont entre, et qui me font systématiquement bâiller. Pas bien grave, car le nounours lubrique réveille ses instincts létaux sur le ragga funky-béton "Respect". Bruit de succion d'origine femelle certifiée, et on enchaîne en beauté avec "Friend of Mine". Qui a dit que la pornographie était réservée aux racailles de Los Angeles ? Avec Biggie le centre de gravité du rap porno était déplacé à New York, ville plus propice aux errances sinistres. Et en parlant de sinistre (enchaînement, sans les mains), on bifurque direct sur la seule instru signée DJ Premier. Minimale shit. Je vais pas faire de littérature sur de la chimie, tendez juste la langue pour accueillir le cacheton de l'alchimiste aux platines. Bien. Mais Premier ne surpasse pas les excellentes instrus souvent signées Easy Mo Bee (qui est pourtant, pas d'erreur, ce rappeur moisi qui a servi de fossoyeur artistique au grand Miles deux ans plus tôt). Quant à elles - et bien qu'elles laissent une impression finale différente d'avec la conclusion suicidaire-léthargique d'origine - les deux faces B en bonus sur la réédition sont rigoureusement indispensables, surtout "Who shot ya ?", provocation narquoise et menaçante, le son d'un hiver qui vient pour nettoyer les faibles. Avec Ready To Die malgré le superflu, on est sur du serré, du dodu, un genre de paris-brest new-yorkais avec de bon gros éclats de mise à l'amende dans la crème. Quant à Puff Daddy a.k.a. P. Diddy, on s'en fout, à peu près autant que de savoir que Deftones ont été signés par Madonna. 2 Pac, on s'en branle aussi : en dehors d'une histoire n'ayant pas le moindre rapport avec la musique, j'ai jamais vu le moindre lien entre les deux - et de toute façon pour moi la vie c'est comme dans les ascenseurs : un gros vaut deux minces. L'avantage quand on est gros, aussi, c'est que la peau est bien tendue... Hélas, ça n'arrête pas tout. Cinq balles pour Shakur, quatre pour Biggie. Quatre ½ pour Ready to Die.

note       Publiée le dimanche 5 avril 2015

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brianm › mardi 3 décembre 2019 - 13:01  message privé !

Ah tiens justement, pour citer Rendez-Moi2, perso c'est à propos de Nas que je préfère me taire au risque de passer pour un troll. Même si Illmatic (et je dis bien : Illmatic) est extraordinaire.

Bref on s'écarte du sujet, bonne nouvelle pour les chros, Biggie #1 et puis c'est tout.

Raven › mardi 3 décembre 2019 - 12:36  message privé !
avatar

Elles sont prévues. Mais pas Gay-Z (comme l'appellait Nas avec beaucoup d'esprit).

brianm › mardi 3 décembre 2019 - 12:03  message privé !

@Fryer c'est vrai que niveau Wu-Tang, des chroniques d'OB4CL, Liquid Swords et Supreme Clientele sont absolument nécessaires sur ce site. De même que le Dare iz a Darkside de Redman, un album de rap US particulièrement tordu, halluciné et bluffant. Tous des albums à ressortir l'hiver approchant !

Sinon concernant Jay Z, un morceau comme Where I'm From met toute la concurrence à terre.

nowyouknow › samedi 23 novembre 2019 - 13:32  message privé !

Ça use pas assez le mot "classique" mais malgré tout y'a comme un parfum de feu Rap2k.com 15 ans en arrière, agréable.

Note donnée au disque :       
Fryer › samedi 23 novembre 2019 - 11:59  message privé !

Je pensais qu'il était chroniqué d'ailleurs. Bizarre.