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France Sauvage › Couper Les Tchou Tchou

cdr/lp • 8 titres • ??:?? min

  • 1Mettre de Côté??:??
  • 2La Stéréo??:??
  • 3Environ 4??:??
  • 4Autres Instruments Normaux??:??
  • 5Rendre Plus Clair??:??
  • 6Piste Douze??:??
  • 7Bien Dans L’Ensemble??:??
  • 8Quand-Même !??:??

extraits audio

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enregistrement

Enregistré et mixé par Xavier Jeanluc au studio Chaudelande à St Pierre Église. Masterisé par Manuel Duval.

line up

Arno Bruil (Arnaud Debreu), Manuel Duval, Johann Mazé, Simon Poligne. Les crédits du disque donnent – sans les attribuer respectivement aux musiciens – les instruments suivants : trompette, batterie, synthétiseur, voix, tourne-disque, percussions, air-sec, micros, flûte des Andes, objets, ordinateur portable, harmonica, sifflet, micros-contacts, électrophone préparé.

remarques

Artwork par Simon Poligne.
Disque sorti en 2008, sous forme de CDr par le label rennais Commence Par Maman, réédité en vinyle, pressé à cinq cents exemplaires, en 2011.
La réédition de 2011 est une coproduction Les Potagers Natures/Bimbo Tower Records.

chronique

Styles
musique concrète
musique électronique
noise
ovni inclassable
rock
Styles personnels
coulures/concrétions/autres pas de vis

Cette fois-ci c’est le Baroque qui fera gris élimé, indéfini ; bruit parasite, fantôme statique, craquement faible. Et les frottements de choses – l’aiguille qui dérape – et les chocs d’objets, les résonances de bouts de métaux tordus, qui feront matière épaisse, grain, leur présence plaisir qui plonge et qui érupte, excitation de neurones et chair qui fouille. Les voix triviales, aussi, qui feront rire et se demander, qui viendront colorer les bégaiements de lamelles et roulements d’on ne sait quel bassine ou coque. France Sauvage, sur ce premier disque, est déjà une machine formidable ; à convoler et faire des émulsions – car tout ne peut se fondre, se combiner, et l’allergie mutuelle des fluides et poudres et blocs de solides est parfois un jouissant spectacle – avec les morceaux de cent réalités découpées, soudée, trafiquées, changées de plans ; à tordre les lignes ; à courber les carrures et anguler les perspectives. Ils sont là encore quatre – Simon Poligne n’en sera bientôt plus. Et la méthode, il me semble, doit différer un peu. Je crois – question de définition du son, de morphologie visible de la mécanique. On a l’impression, ici, que des matériaux ont été collectés plus soigneusement qu’ailleurs ; que jetés crus dans le processus, ils ne sont pas pris seulement, toutefois – comme donnent à croire d’autres sorties, ensuite, d’autres objets étranges rendus après publiques – à l’atmosphère des lieux où ils sonnent, jouant avec leur acoustique, leur peuplement. Tout simplement, il appert que Couper Les Tchou Tchou est un travail de studio, là où nombre ceux d’après – si ce n'est tous à ce jour ? – seront des enregistrements de concerts. Cela n’exclue, n’entame nullement la spontanéité, la liberté totale et réjouissante du jeu ; peut-être la question de "l’improvisation ou non" est-elle même, pour cette fois, presque secondaire ; il y a là aussi celle de la… Préparation. À vrai dire c’est l’impression que me fait cette musique, assez exactement : celle d’entendre une pièce "préparée". Au sens le plus ouvert du terme ; c’est à dire : comme on parle, ailleurs, d’instruments préparés, leur lutherie modifiée, des tenseurs, des résonateurs, des ponts fixés, glissés entre des surfaces vibrantes ainsi mises en sympathie quand leur fabrication première les destinait à l’isolement, à l’isolation ; mais aussi : une reconnaissance, un inventaire des outils ayant déblayé pour l’œil et pour les gestes les points d’assaut possible, les ruptures jouables et saillances où accrocher. Rien d’incompatible avec le goût de l’accident, à vrai dire, de sa répétition, l’attention l’ayant saisi, pour en faire une forme fugitive, une forme à poursuivre un instant, quelques mesures – non écrites, non congrues, quelques battements ou le temps d’une plus obsessive mise en boucle – à dissoudre, à renverser, pulvériser. Ça ne fige rien, j’insiste. Les titres des pistes sonnent déjà comme des programmes instables – processus et inventaires où l’on n’est pas certain de trouver le lien à mesure qu’on aligne, qu’on dispose ; la Piste Douze est en sixième index. Mais "c’est autre chose" ; une autre course, une autre partie, que ce qu’ils feront bientôt : arriver quelque part sans avoir rien prévu, à peine plus au fait que le chaland, que le public, de ce qui va survenir ; un peu tout de même : parce que malgré tout, les mécaniques à bruits sont des corps familiers aux leurs, à leurs sens, à leurs allures, à ceux qui s’en font membres – il est bien possible, on aime à penser, que "l’avantage" soit si maigre, déterminant seulement comme ça. Toujours est-il, trêve de théories et de supputations… Que cet album à nul autre – des leurs, aussi, avant tout – pareil me fait l’effet d’un formidable assemblage. Fou, imprévisible, franc-tireur. Qui porte des voix, s’amuse avec leur statut, se moque de leur autorité ; mais n’est pas du mot d'ordre, ne milite pas ; qui les articule autrement mais ne les manipule pas pour leur "faire dire" : les rabrouements d’un quelconque pion d’internat, les commentaires avinés ou beaufs ou juvéniles-viriles mais pas foncièrement antipathiques en tout cas après le chant collégial pas fin… Rien n’est tourné – serait-ce par mise en inverse – en idéologie. Si politique il y a – si tout l’est en quelque manière – c’est en "faisant", pas en dictant, pas en brodant du discours. Rien n’est neutre mais rien n’est dicté. On ne vous expliquera pas ce qui n’est pas pareil… Pas plus pourquoi il y trouve si bien son rythme, ce clavecin poussiéreux en bribes – disque baroque disais-je, qui craque, le spectre nasillard, étroit – qui ouvre en premier le sillon et ressurgi ça et là ; avant que la guitare cisaille et broie ; avant que l’orgue déborde et gronde-effervescence dans les ornières que la batterie taille ; qui ne fait pas collage plus que le reste, puisque ça fait chimie, substances, mutées mais entières. Ce n’est pas nulle part mais ni eux ni moi ne sommes là pour vous le situer au cadastre. C’est broussailleux et plein d’indices et bruissements, exclamations d’animaux, on croirait parfois, comme laisserait entendre le nom du groupe – pris si je ne me trompe à une série de documentaire faune-et-flore, justement. Autant le tourner autrement qu’en lénifiante culture. Autant s’attarder et revenir, souvent, sur ce territoire là ; qui n’est aucun des autres, une dernière fois, où ceux-là fricheront et défricheront plus tard ; ce qui n’est pas une raison pour ne pas s’y enfoncer.

note       Publiée le vendredi 3 avril 2015

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Dioneo › dimanche 9 juillet 2017 - 15:38 Envoyez un message privé àDioneo
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Ah cool, merci du tuyau. Je l'avais cherché, celui-là, il était en effet pas/plus trop trouvable jusque là !

WZX › dimanche 9 juillet 2017 - 15:32 Envoyez un message privé àWZX

Réjouissant foutoir.
A noter qu'un autre de leurs cdr est reparu récemment - Le Monde des Doigts, en libre accès ici.

Dioneo › mardi 7 avril 2015 - 15:46 Envoyez un message privé àDioneo
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Un membre du groupe me précise qu'il s'agit en fait d'une co-prod' entre neuf labels, ce nouveau disque - dont les titre exact est en fait Jeux Vocaux des Bords De Dronne. Trois titres sont déjà en écoute sur leur page soundcloud, avec multitude d'extraits d'autres disques.

Klarinetthor › mardi 7 avril 2015 - 15:38 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Une scène bien active oui; il y a du femme sorti en K7, je crois que Jo avait amené ça à son concert, avec du DMZ, et une toute récente K7 sortie sur Phaze!records que j'ai chopée. Qui m'a pas l'air aussi prenante que son merveilleux concert, mais j'attends de l'écouter plus sur des enceintes non PC pour juger

Dioneo › mardi 7 avril 2015 - 00:51 Envoyez un message privé àDioneo
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Et là je viens de me rendre compte qu'un nouvel album - en vinyle et téléchargement - est sorti/va sortir sous peu sur Gaffer Records (label lyonnais en plus : la news sur leur site, datée du 23 mars, le compte dans la salves "next release", en tout cas ; j'ai plutôt l'impression que c'est à venir donc, bien que le site du groupe l'annonce pour mars ; pas de trace par ailleurs sur le bandcamp du label, et pas encore commandable via leur boutique en ligne). Jeux Vocaux Sur Les Bords Du Drone, s'appelle/s'appellera.