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OutKast › Southernplayalisticadillacmuzik

cd • 17 titres • 64:33 min

  • 1Peaches (Intro)
  • 2Myintrotoletuknow
  • 3Ain't No Thang
  • 4Welcome To Atlanta (Interlude)
  • 5Southernplayalisticadillacmusik
  • 6Call Of Da Wild
  • 7Player's Ball (Original)
  • 8Claimin' True
  • 9Club Donkey Ass (Interlude)
  • 10Funky Ride
  • 11Flim Flam (Interlude)
  • 12Git Up , Git Out
  • 13True Dat (Interlude)
  • 14Crumblin' Erb
  • 15Hootie Hoo
  • 16D.E.E.P.
  • 17Player's Ball (Reprise)

enregistrement

1993-1994

line up

Andre Benjamin (MC), Big Boy (MC), Organized Noise (production)

Musiciens additionnels : Dunjeon Family (voix), Jeff Sparks (saxophone), Ed Stroud (guitare), Marq Jefferson (basse), Kenneth Wright (piano)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
gangsta rap atlantien

Le hip-hop du Sud, en cadillac eldorado, dans la ville du plus grand aquarium du monde. Albedo encore faible, bédo déjà fort... Ce hip-hop bitumeux et juteux, envoûtant... OutKast ! Dans leur fraîche majorité ils exultaient d'un groove déjà unique. Et le son Organized Noise avec les arragements fignolés à mort faisait toute la différence. Le flow du plus habile des deux MC's est déjà cette contorsion stressée. Les deux émanations lyricales André Benjamin et Big Boi Patton, le mÂlpha et l'Omega-speedmaster, le fluide et la masse, s'entre-lovent comme deux najas libres de toute entrave. Les instrus, une perfection en 1994, sont déjà bigarré par le funk et la soul. Et puis, y a comme qui dirait du Miami à Atlanta, quand les pimps se détendent. Les pistes les plus ensoleillées tempèrent un excès d'enthousiasme qui serait gutsiennement mensonge : que ce soit le titre éponyme, parfait pour la plage, mais aussi ces sex slows bien monoï comme "Funky Ride" (jusqu'à ce solo de guitare dégorgé à la façon d'un Eddie Van Halen qui se ferait faire une turlute sous opiacés - George Clinton est pas loin) ou encore tubes pas du tout gutsiens mais imparables, qui annoncent leurs futures sauteries pop ("Player's Ball"). La partie street m'inspire des métaphores majestueuses, dès le doublé fatal "Myintrotoletuknow" / "Ain't No Thang", jusqu'aux petits détails des beats qui font la différence (par exemple l'apparition géniale du beat-batterie Black Sabbath au milieu de "Hootie Hoo") comment oser nier que ce groupe ne puisse pas avoir sa place dans nos pages mes chérubins ? Soyons sérieux. Pareil pour ceux qui y verraient un brouillon où je sais pas quoi ; Southernplayalisticadillacmusik n'est pas Outkast dans sa forme rudimentaire : il est OutKast dans sa forme hip-hop. Il est OutKast qui met la branlée à New York. Ce skeud c'est un peu comme quand Pete Rock & CL Smooth sont arrivés avec Mecca. En mieux. Les new-yorkais ont bien sûr leur part d'influence ("Hootie Hoo"), tout autant que le style funk de Los Angeles j'imagine. Mais il y a transcendance des deux secteurs. Pas de trucs de jazzeux ici : Organized Noise sont le laboratoire funky-soul armé de synthétiseurs et de toutes sortes de samples organico-organoleptiques. Ici on parle séduction, magnétisme de félin, mufle humide de MC, reflet de Lune dans baffles laquées. Hip-hop marginal. "You wanna go deep ? I take you deep". Je subodore déjà ATLanta la belle, les nuits de moelleux, je m'avachis dans un hip-hop où le béton se fond en liqueur, porté par le méta-egotrip à supra-punchlines. Rien de très gutsien dans la partie diurne de l'album, la guimauve comme je le disais est inévitable, mais avec Outkast c'est jamais de la guimauve de forain, on est sur de la supra-qualité. Cette sensibilité mélodique qui a fait qu'on a un peu vite étiquetté Outkast "hip-hop de gonzesse" est à double tranchant, finalement, n'est pas grand chose à côté du featuring avec Goodie Mob, "Git Up, Git Out", sept minutes de pur jus de Lune urbain. Les deux albums suivants, moins hip-hop mais plus envoûtants, vont porter cette dope nouvelle à un niveau de qualité heisenbergien. Sur Southernplayalisticadillacmuzik, OutKast sont afro-terriens, ils n'ont pas encore appareillé pour le monde afro-futuriste... Ceux qui préfèrent le métissage érotico-mystico-cosmique du dyptique ATLiens-Aquemini, ou l'explosion pop mégalomane de Stankonia et The Love Below, trouveront donc cet album un peu basique. Les puristes hip-hop y reviendront systématiquement. Entre les deux il y a des gens très bien aussi.

note       Publiée le jeudi 2 avril 2015

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nowyouknow › mercredi 27 décembre 2017 - 01:08 Envoyez un message privé ànowyouknow

Celui là il se range facilement entre un bon UGK et The Diary de Scarface. Outkast est encore dans le rang quoi, bien dans ce son dirty south mi-funky mi-crado. Ça reste un p'tit régal tout ça.

Note donnée au disque :