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Ariel Pink's Haunted Graffiti › Before Today

  • 2010 • 4AD CAD3X15CD • 1 CD

cd • 12 titres • 44:48 min

  • 1Hot Body Rub
  • 2Bright lit Blue skies reprise des Rockin' Ramrods
  • 3L'Estat
  • 4Fright Night (Nevermore)
  • 5Round And Round
  • 6Beverly Kills
  • 7Butt House Blondies
  • 8Little Wig
  • 9Can't Hear My Eyes
  • 10Reminiscences reprise de Yeshimebet Dubale.
  • 11Menopause Man
  • 12Revolution's A Lie

enregistrement

Produit par Sunny Levine, Rik Pekkonen, Michael Wagener - Enregistré aux House of Blues Studios, Stella Studios, et Haunted Studios, Los Angeles, d'octobre 2009 à Février 2010.

line up

Ariel Pink's Haunted Graffiti 2010 : Ariel Pink (chant, guitare, orgue farfisa), Cole M.G.N., Kenny Gilmore, Aaron Sperske (batterie), Tim Koh

Musiciens additionnels : Aaron González (basse), Dennis González (trompette), Stefan González (batterie), Max "Sax" Kaplan (saxophone), Jim Lehnert (sax alto et baryton), Nedelle Torrisi (choeurs), Tamara Cauble (violon), Eric Lumbleau (vocaux sur "Hot Body Rub")

remarques

"Round And Round", masterisé à Abbey Road Studios, London.

chronique

Styles
new wave
pop
rock
grunge
indie rock
Styles personnels
pop tricarde > frank (z) 'n' ween-ie

Le dénommé Ariel Rosenberg, chantre d’une affreuse « pop » défigurée et lo-fi insortable sauf à Halloween, a passé une bonne partie des années 2000 à tourner dans le monde entier sur la foi de ses disques invraisemblables, sortis sous le nom de Ariel Pink’s Haunted Graffiti, au succès comment dire… surprenant. Le nom de Haunted Graffiti sonnait comme si ce grand sociopathe avait fantasmé un groupe imaginaire, idée aux antipodes de sa démarche réèlle, qui était de produire une musique autiste et grinçante dans sa chambre. Et pourtant, un beau jour, le groupe de ses rêves advint, et alors qu’une nouvelle décennie commençait, déboulait ce disque. Et derrière une énième hype, la voix de ce type, qui avait enfin décidé de chanter et de céder à ses ambitions pop, apparaissait comme un improbable oasis de sincérité. Ariel Pink est certes un gros malin doublé d’un mélodiste pop bien rodé, il est surtout... touchant. Entre machisme disco-fm de pacotille typiquement L.A. et poses de slacker-travelo – un genre de mutant en soi – Pink fait dans le charisme subtil, mais avec des ingrédients grossiers. Même sur les titres les plus disco, voire FM californiens, (Fright Night, Can’t Hear My Eyes) ses mélodies un peu sottes ne s’aperçoivent qu’à travers un filtre hantologique… Oui, « Hauntology », ce terme emprunté à Jacques Derrida, et lançé par la presse intello anglaise dans le domaine musical. L’art d’évoquer le passé sous sa forme distordue, fantomatique, comme à travers les distorsions d’une vieille bande magnétique usée. Cela n’a rien d’une connerie de critique d’art, puisque dans ce bien nommé Before Today, tout semble surgir d’un maëlstrom nostalgique et inquiétant. De la pochette au grain si délavé et imprécis (mi-cheap, mi-envoûtante) jusqu’à ces nombreuses et soudaines incursions dans des sons non-identifiés, en particulier au début et à la fin du disque. Et puis, bien sûr, il y a ces 3 « reprises », qui explorent chacune un degré différent du recyclage musical, toutes à partir d’une source glorieusement obscure. D’emblée, il y a ce Hot Body Rub, intro fumeuse tout simplement issue d’un disque sorti en même temps, le EP « Ariel Pink & Added Pizzazzz », collaboration expé avec Vas Deferens Organization, à des années-lumières de la jolie notoriété indie de Pink ! Puis débarque en trombe un Bright Lit Blue Skies, reprise fidèle mais génialement boostée des Rockin’ Ramrods, dont l’original est impardonnablement absent du coffret Nuggets… Plus subtil, Beverly Kills n’est pas une reprise mais est entièrement basée sur la rythmique de For You, de Ago, un single d’Italo-disco parfaitement oublié. Et il y a ce Reminiscences, reprise étonamment reconnaissable et über-estivale (sur un album qui EST l’été) d’une pop song éthiopienne… Sans parler des multiples emprunts, motifs de basse ou de synthés repiqués aux années 70/80, déjà évoqués dans la chro de l’énormissime Round and Round. Dans ce grand cimetière des éléphants roses en plastique, les références à l’inconscient collectif de la culture pop se ramassent au tractopel... Et visiblement, les déchets les moins biodégradables après 20, 30 ans, se révèlent être les lignes de basses et les rythmiques… Tant d’emprunts pourraient friser l’indécence, s’ils n’étaient pas envoyés comme une bonne blague bien potache adressée en clin d’œil par ce Freak Next Door qu’est Ariel Pink. En fait, Before Today fait aussi bien du neuf avec du vieux que pouvaient le faire des albums de rap comme Paul’s Boutique ou 3 Feet High en 89. Bien sûr, au risque de se la jouer vieux con (on a forcément un côté vieux con si on aime Ariel Pink), il faut avoir le recul nécessaire pour comprendre la jouissance que peut représenter le fait d’annoner tel un zombie « rape me, caaaaaastrate me, make me gayyyyy » sur une section rythmique 50% Billie Jean et 50% And the cradle will rock de Van Halen ! Comme disait T.S. Eliot : « Le talentueux emprunte, mais le génie vole ». (et non pas sample, triste sire Gonjasufi). Tout ceci ne vaut que par l’évidence dégagée par la pop du groupe, ces mélodies et rythmiques qui restent en tête comme le meilleur des Blondie ou des Cars. Hors champ, on trouve l’étrange "L’Estat", morceau le moins évident placé ici en 3ème, qui semble peindre le destin de la vieille dame fluorescente de la pochette, retranchée dans sa villa défraîchie, et exsudant tout le baroque d’une époque passée dans sa démarche et ses atours… Ce qui se trame dans cette chanson accidentée est tellement moins évident et tellement plus mystérieux que le reste de l’album, déjà succulent... Que cela ne peut que laisser rêveur quant au potentiel de l’animal. Ariel le laisse échapper à la fin du lo-filisé Little Wig, bien que son groupe soit un des meilleurs actuels, il n’est pas fait pour rentrer dans le rang de la hype ou devenir une « valeur sûre indé » : « I have opportunities, I’ll miss them all / The road to glory is just down the hall ». Il y a trop de rafistolage en plastique dans ce Frankenstein des années 70/80 pour espérer avoir le label Bio, et bon dieu, ça fait du bien.

note       Publiée le jeudi 2 avril 2015

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sergent_BUCK › mardi 30 juin 2015 - 14:06 Envoyez un message privé àsergent_BUCK
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C'est finalement dans ce genre de climat caniculaire que ce type de disque lo-fi/retro s'apprécie le mieux... Les claviers baveux qui coulent comme du mascara, la basse chaude et les voix perdues dans la réverb... En attendant l'arrivée de son pote et mentor R. Stevie Moore sur le site, je me gave de Before Today. le 6/6 n'est pas loin !

Note donnée au disque :