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Kool G Rap & DJ Polo › Wanted Dead Or Alive

cd • 13 titres • 58:36 min

  • 1Streets Of New York
  • 2Wanted: Dead Or Alive
  • 3Money In The Bank
  • 4Bad To The Bone
  • 5Talk Like Sex
  • 6Play It Again, Polo
  • 7Erace Racism
  • 8Kool Is Back
  • 9Play It Kool
  • 10Death Wish
  • 11Jive Talk
  • 12The Polo Club
  • 13Rikers Island

enregistrement

1987-1990

line up

Eric B. (production), Kool G Rap (MC), Large Porfessor (production, MC), DJ Polo (scratches)

Musiciens additionnels : Marley Marl (production sur "Rikers Island"), Freddie Foxxx (MC), Ant Live (production), Big Daddy Kane (MC), Biz Markie (MC), Robert "JD Drumsticks" Stevenson (claviers), Cool V (production), Anton (production)

remarques

Chronique faite à partir de la réédition digipack double CD, qui, comme la réédition quadruple LP, contient une chiée de remixes (pas tous utiles, mais les bonus sont meilleurs que ceux de Road to the Riches).

chronique

Styles
hip-hop

C.A.R.R.É., p'tit con. Kool G Rap ça rostre. En ces temps reculés, les "bitch" étaient encore volontiers des "honey", mais le rap se pratiquait sans chichis ou tai chi. Les arts martiaux qui sentent le riz chaud et le pyjama, pas trop le genre de la maison, non, plutôt boxe poings-poings : un salut pour le gladiateur, un tombeau pour les neurones. Même si question intellect, l'un des pionniers de la lignée des bons gros rappeurs bien cons et bas du front se défend, le bragadoccio est axé outrance et excès. Un tel flow suffit a avoir assez de panache, et si tu ne saisis pas les versets à cause de la barrière de la langue, retourne-la sept fois pour mieux apprécier le magnétisme du son. Le hip-hop de Kool G Rap a comme une odeur de nubuck - snfffff, hmmm - authentique ! S'il faut te buter, le vétéran Kool G aura toujours la rime la plus négligente, la plus instinctive. Il s'est armé du son absolu pour motoriser tout ça : Eric B. et Large Professor. Le poing et le talon. On grimpe d'un cran en puissance par rapport à Road To The Riches. C'est pas le Bomb Squad au sommet, mais ça tabasse avec ferveur. Des morceaux surpuissants comme "Death Wish" ou "Talk Like Sex" parlent d'eux-mêmes. Ce son, c'est de l'ébène grossièrement sculptée qui te fait des bosses. Chaque piste un container pour passage à tabac. Kool G Rap est à la vague hip-hop dite "hardcore" ce que Celtic Frost est au black-metal. Un genre d'ancêtre totémique contre lequel ne vient pas l'idée de trop se frotter. Si on excepte les variations de tempo, son péché mignon (avec Kool G le beat s'adapte au flow, pas l'inverse), on est sur du pur artisanat dans le machisme délinquant. Un vrai salopard de compète le Kool G, le genre de type pour qui la nature aurait inventé le poil avant la peau. J'en veux pour preuve l'enchaînement hold-upesque du morceau-titre (ah, ce beat de caisse claire !) et de "Money in the Bank", ou encore le morceau gangster avec Large Professor au micro ou celui, plus posé, avec Big Daddy Kane et Biz Markie (ah, ces blases de maquereaux qu'on aime tant citer !) où l'antiracisme est plus prétexte à une démonstration de cool bien bitumeuse. Et puis, une coudée au-dessus, le surpuissant "Talk Like Sex" dont j'ai déjà parlé, étalage graveleux digne d'un Gainsbarre sous stéroïdes dans lequel il établit un compte-rendu de ses capacités pour la bagatelle, jusqu'à certifier que Popaul mérite une cape de super-héros. Le hip-hop confine déjà au grotesque, le côté exagéré c'est dans sa nature profonde. Kool G a compris qu'avec ce style clownesque dead-serious, il pourrait comme les Geto Boys hisser le rap à un niveau supérieur d'immoralité. Les grands frères école Kurtis Blow ou LL Cool J, braves soudards du micro, se targuaient de pouvoir séduire en bob kangol dans des poses trisomico-félines, princes de Bel-air ou rois des blaireaux, selon l'angle. Kool G Rap entre garni de colliers d'or lourd dans la prison des femmes, façon Mutunus Tutunus. Il repartira en sueur, et sans promesses. Ce disque, comme Iceberg de Ice-T, c'est un peu ce moment fatidique pour le hip-hop, le moment où le retour n'est plus possible, ce moment où le rap a embrassé sa condition de musique de salaud, et a vraiment commencé à devenir ce genre qui rend physiquement malades ses détracteurs, leur faisant vociférer toute sortes d'imprécations fébriles. Disque d'homme.

note       Publiée le mercredi 1 avril 2015

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    Pour aller dans le licencieux à fond... deux décennies plus tôt cette gonzesse en remontrait salement aux plus graveleux MC's.

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Consultant en informatique › mercredi 1 avril 2015 - 16:29  message privé !
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La pochette me fait grave rêver.

dariev stands › mercredi 1 avril 2015 - 13:49  message privé !
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ça aussi, c'est du retour qui fait plaisir.