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Geto Boys › The Resurrection

cd • 15 titres • 57:26 min

  • 1Ghetto Prisoner
  • 2Still
  • 3The World Is A Ghetto
  • 4Open Minded
  • 5Killer For Scratch
  • 6Hold It Down
  • 7Blind Leading The Blind
  • 8First Light Of The Day
  • 9Time Taker
  • 10Geto Boys And Girls
  • 11Geto Fantasy
  • 12I Just Wanna Die
  • 13Niggas And Flies
  • 14A Visit With Larry Hoover
  • 15Point Of No Return

enregistrement

1995-1996

line up

Bushwick Bill (MC), Scarface (MC), Willie D. (MC), Brad Jordan, Mike Dean, N.O. Joe (productions)

Musiciens additionnels : Flaj, DMC, Facemob, Menace Clan (MC's)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
southern gangsta rap

Les trois psychopathes mélaniques ont traversé des périodes difficiles, connu la déchéance. Ils reviennent en 1996 après avoir un peu trop écouté The Chronic, constaté la montée en puissance de tout un tas de groupes de rap sophistiqués. Ils feront pareil, mais façon sudiste, pas très nette donc, voire malsaine. Houston shit, plus un synthétiseur g-funk, et quelques trips nocturnes à la Boot Camp Clik. Dans l'air du temps mais égaux à eux-mêmes, dès "Still" avec ce son chargé en électricité statique qui hérisse les poils. Les Geto Boys se lancent dans leur premier album à peu près pensé, ils ont pas peur de fondre un peu du bide sur du mélodique et même du tristouille, pour mieux rappeler qu'ils arrivent tranquillement à l'âge où on compte les morts, où on se range. En restant quand même un crevard, hein, mais il est clair qu'à côté de Willie D., Bushwick Bill s'est plutôt assagi, même si pas encore born-again, et Scarface égal à lui même fait office de morne pilier. Le croisé des trois flows est moins grisant, car moins agressif, ce qui n'empêche pas quelques fulgurances. On les sent dans l'inspiration socio-orientée du moment, nettement moins parodiques, même s'ils avaient déjà montré qu'ils pouvaient émettre des réflexions entre deux insultes gores. Ils n'ont plus l'esprit léger. Lourdeur d'âme, même : un poids nouveau, une forme de gravité les a atteint. Passé son entrée en matière énergique, The Resurrection part dans un trip plus moelleux, moins funky, mais plus soulful que leurs glorieux faits d'armes. On sait ce qu'on perd, on sait aussi ce qu'on gagne. Plus orienté rue et vécu, moins excessif, quoique. A l'exception de leur ballade pour gonzesses "Geto Fantasy" (pas atroce non plus) et du groove canaille de "Time Taker", on tient leur second meilleur. Les puristes préfèreront taper dans la came non coupée des premiers albums, mais ils se priveront d'un Geto Boys plus dense, plus étrange aussi, avec un groove sinistre qui ne demande qu'à s'épanouir (écoutez donc "Hold it Down" au lieu de vous fatiguer à chercher les rares grands morceaux chez Brotha Lynch Hung). Petites touches typiques du southern rap ("First light of the day"), passages qui t'arracheraient presque une larme ("Blind leading the blind"), passages plus rampants toujours bien chargés en testostérone (fantastique "Geto Boys and Girls" et son irrésistible funk-rock maraudeur), fantasmes morbides cette fois-ci coulés dans l'armure synth-illante d'un g-funk cauchemardesque ("I just wanna die"), ou ce final bien malade sur l'urgent et minimal "Point of no return", où Scarface et Willie D. se paient des couplets d'anthologie à la façon de la nouvelle génération pour mieux la suriner, sur un beat complètement aseptisé, comme s'ils s'étaient soudain réveillés dans la chambre froide après un rêve semi-cauchemardesque de cinquante minutes... Grower, torve.

note       Publiée le mardi 31 mars 2015

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Rendez-Moi2 › vendredi 5 juin 2020 - 15:36 Envoyez un message privé àRendez-Moi2

Putain j'adore cet album. Et "I Just Wanna Die" avec son instru' incroyable...