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Porta Nigra › Kaiserschnitt

cd • 9 titres • 47:22 min

  • 1Die Mensur04:02
  • 2Femme Fatale05:09
  • 3Kaiserschnitt04:45
  • 4In Stahlgewittern05:44
  • 5Kein schönerer Tod03:24
  • 6Mata Hari05:40
  • 7Hepatitis Libido05:08
  • 8Ich-Zerfall04:33
  • 9Der letzte Ton07:57

line up

Gilles de Rais (guitare, basse), O. (batterie, voix).

remarques

Sorti en format digibook, et téléchargement sur le bandcamp du label.

chronique

Porta Nigra est un groupe allemand qui emprunte son nom à des restes romains que vous pouvez visiter à Trèves. L'allemagnitude est ici exprimée plein pot, avec déjà, il me semble, un jeu de mot liant le titre et l'artwork, Kaiserschnitt me dit mon internet signifiant césarienne ; et on dirait bien une caricature du Kaiser Wilhelm II qui ouvre le monde (et non le bide de ma femme) avec ses grosses dents, comme en 14, avec les couleurs du Reich derrière. Alors, déjà, ben, on se dit, tiens, il y aura de l'ambiance IIIe République, à lire les titres et les paroles des morceaux, cf. "Mata Hari", et pi aussi Femme Fatale et sa succession de noms emblématiques de l'époque (Rosa, Nana, Carmen, pour la plupart liées à des histoires d'hommes qui se la foutent sur la gueule)... l'ambiance est assez fouetti-fouetta aussi quand on voit les membres du groupe poser pour le peuple dans le livret qu'on dirait un manuel militaire vu de loin et le concept, l'imagerie, les thématiques rappellant la neo-folk qu'on peut écouter chez Rome ou Death in June, au pif. Sorti chez Debemur Morti, label du Blut aus Nord notamment, ce Kaiserschnitt est le deuxième album longue durée d'un duo qui qualifie sa musique de "decadent dark metal". Cet album suit un "Fin de siècle" déjà bien imbibé d'absinthe et de fascination pour cette époque assez particulière, ère d'ébullition intellectuelle et artistique mais aussi prélude à la chute tête bêche au fond de l’abime du XXe siècle, dont l'accoucheur Guillaume tirera avec les dents le rejeton au monde et à l'Allemagne aussi, le Kalki de service, le caporal casse-bonbon comme dirait l'autre. Et la musique ? Black metal, avec grosses incursions heavy dans les chœurs, riffs et solos, pas mal de discours en allemand ainsi que de la variétoche locale samplée, un metal j'oserais pas dire avant-gardiste car je n'ai pas l'impression d'entendre grand-chose de nouveau ici mais très bigarré, parfois très mélancolique, parfois joyeux comme un cochon bouffant les restes dans une tranchée abandonnée à Verdun. Résolument fait pour les plus ouverts des metalheads du coin, cet album sera à poser à côté de certains Zorn et Naked City dans l'intention de ressusciter la folie d'un temps décomposé, mais aussi les amateurs de black metal déglingué comme Peste Noire le côté Romantische en plus, mélangeant musique électronique, folklore urbain recréé façon steam punk drogué, et gros metal beuglé en germain, bourré d'harmoniques artificielles. Pour ma part, l'album n'atteint pas les sommets enneigés, certains chemins pris par Porta Nigra ayant déjà été empruntés mais il n'enchaine pas les fautes de goût, reste de manière ironique assez accessible, et s'écoute tranquillement, un verre de tout ce que vous voulez en main droite, et un manuel d'histoire du 20e siècle dans l'autre - voire un bouquin de Bataille genre "Histoire de l'œil", la tête pleine de cochonneries se passant dans le confessionnal, coiffé d'un casque à pointe, en caleçon long devant une carte de l'Europe mégalomane punaisée au-dessus du sofa, à côté d'une affiche publicitaire pour Pernot.

note       Publiée le jeudi 12 mars 2015

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