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Master Musicians of Bukkake › Totem Two

cd • 6 titres • 41:25 min

  • 1Bardo Chonyid / Master of All Visible Shapes11:44
  • 2Perde Kaldirma07:49
  • 3The Heresy of Origen04:31
  • 4Coincidentia Oppositorum04:26
  • 5The Crystal Reformation01:52
  • 6Patmos11:04

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, produit et mixé ar Randall Dunn à Aleph studios. Baglama, Ney et percussions pour "Perde Kalima" enregistrés à Istanbul, Turquie aux Studios ADA.

line up

Dave Abramson (batterie, percussion, Tingsha (bol tibétains), cloche Vajra), B.r.a.d (chants drone, chants méditation, gongs, percussions, choeurs), Milky Burgess (guitares slide, guitares fuzz, guitares acoustiques, chant), Randall Dunn (synthés analogiques, electronique, percussions, drones, mellotron, Dungchen, chant), Bill Horist (guitares électriques et acoustiques, guitare préparée, flutes mellotron, electronique), Don Mcgreevy (batterie, percussion, cloches, guitares acoustiques et électriques, feedbackers), James Davies (orgue, harmonium, mellotron, basse, synthé lépreux, guitare acoustique)

Musiciens additionnels : Hüseyin Ceylan (bendir, def), Timba Harris (alto, violon), Steve Moore (trombone), Mustafa İpekçioğlu (baglama (saz)), Serkan Bağkesen (ney), İsmail Peşluk (bendir, def)

remarques

Artwork : Seldon Hunt

chronique

Styles
drone
world music
folk
psychédélique
contemporain
Styles personnels
folk et bourdons migrateurs

Le cercle est sorti du temple. Le temps des grands espaces et des bourdons qui sonnent comme un vent d'ailleurs. Des sonneurs, des pâtres pour sifflements sourds et grondements de zephyr, fi du psychédélisme débridés, place au règne des drones descendants irrémédiablement sur la plaine, en orages semi-immobiles. On entend toujours les clochettes s'agiter au milieu de ces vibrations menaçantes, ces couches de nuages soniques aux éléments difficilement identifiables, tellement s'amalgament les mellotrons, les orgues et les synthés tout analogique, en une pâte de laquelle s'extirpent cuivres sinistres en rappel de troupes fantomatiques et guitares chthoniennes. Nulle surprise quand on sait que cette étrange compagnie comporte des membres passés de Earth ou Asva, leur musique possède cette lenteur, cette force gravitationnelle inquiétante doublée d'une atmosphère mystico-louche qui, loin de rechercher l'authentique, installe un climat profondément *étranger*. Au sens cosmique du terme. Oh oui, de l'Orient, il y en a toujours, jusqu'à reprendre une forme classique de musique Turque dans le magnifique "Perde Kaldirma", où une ney (flute de roseau) magique couplée de saz font des merveilles d'évocation sur fond de rythmique nocturne assurée par un bataillon de musiciens turcs, enregistrés directement à Istanbul aux studios ADA (de là où sont sortis entre autre les premiers albums du fabuleux groupe stambouliote Replikas). Longue dérive aux changements de timbres comme des coups de vents soudains, qui garde un cap inéluctable, en formation d'où s'élève une sorte de chant grave, chorale d'esprits en marche qui bientôt se tait pour laisser place à une nouvelle forme de sidération. Certe moins psychédélique, alors que les compositions prennent des formes plus nettes et découpées, mais d'autant plus dense. Une liturgie pour des êtres venus d'ailleurs, "Coincidentia Oppositorum" évoque moins des paysages familièrement fantasmés que l'apparition soudaine, en ligne droite des étoiles, d'une soucoupe volante, descendant lentement mais surement au milieu des rocailles, appelée par les voix de la secte. Darkwave en marge des déserts, Nazca en approche, PNC aux portes, c'est l'atterrissage sur fond de grand-messe synthétique. Ou bien n'était-ce qu'un mirage, le même thème repris par les cordes (Timba Harris, convié pour l'occasion, n'est alors pas si loin du minimalisme à l'indienne d'Eyvind Kang, toujours aux remerciements) et les cuivres se colore alors d'une mélancolie palpable, une beauté chavirante à hauteur d'humains et de leurs rêves toujours tragiques. Ces quelques instants de pureté n'empêcheront pas les inquiétants drones de refaire surface, plus grinçants que jamais. Clochettes. Petites clochettes et bols chantants, signalant un nouveau départ, une nouvelle migration, alors que les guitares saturent à qui mieux mieux, coincées en elles-même jusqu'à devoir expurger leurs dernières biles, mellotrons entrant en résonance, ça va péter ou bien ? Non, ça va pas péter, ça va au contraire se trouver une voie, et des voix qui reprennent un chant apaisé, méditation post-orgasme, une caresse dans le vent ces ondulations de guitares acoustiques, le magnifique "Patmos" s'écoule au coucher du soleil, juste assez hypnotique pour respirer de concert, mais sans frénésie, longue et douce montée au dessus des flots et des montagnes. Le temps d'interrompre la prière un instant, dans une dernière grave communion en suspens, et la rythmique envoutante reprend de plus belle, les ondes aliens se mêlant naturellement aux folk moyen-oriental de cette bien étrange secte, à la musique aussi sublime que son nom est évocateur de dégueulasserie. Avec ce petit sourire en coin, qui n'empêche pas de tendre à l'élévation, de l'âme ou d'autre chose, selon les affinités.

note       Publiée le vendredi 13 mars 2015

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Horn Abboth › lundi 16 mars 2015 - 13:54  message privé !

Au-delà des Totems qui sont bons, celui qui est vraiment un cran au dessus, à mon humble avis, c'est leur tout premier: The Visible Signs Of The Invisible Order où le côté rituel/foutraque est poussé à son paroxysme, du grand art.

(N°6) › dimanche 15 mars 2015 - 23:36  message privé !
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(Mais elles sont formidables ces pochettes !) C'est aussi mon préféré des trois. Il se tient d'un bout à l'autre. J'ai failli faire péter les six bouboules, mais il faut savoir raison garder (ceci dit en toute subjectivité je vais pas me gêner).

Note donnée au disque :       
dariev stands › dimanche 15 mars 2015 - 18:01  message privé !
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Dans mon souvenir c'est celui-ci qui le fait plus. Même si je crois que mon préféré est celui de 2013, Far West. Je les trouve pas hyper originaux même si parfois très bon. Dans un style inspiré par les Sun City Girls (y'en a !) je trouve que Shalabi Effect instille plus le mystère voulu. ça suinte plus, et en prime les pochettes et titres sont aussi sublimes que ceux de Masters sont ... euh, lycéennes?