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Nattefrost › Homeland

cd • 6 titres • 45:45 min

  • 1The Golden Age 1:30
  • 2Dance of the Elves 3:33
  • 3Norse 6:29
  • 4Divine Light 8:04
  • 5At War 5:49
  • 6Homeland 20:23

line up

Bjørn Jeppesen (Soft Synth et synthé virtuels, vocoder, orchestration et FX)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://nattefrostdk.bandcamp.com/album/homeland

chronique

Nattefrost est un digne représentant de la Scandinave. Chaque album, mis à part Futurized, est inspiré des contes et légendes de cet immense territoire qui fut le berceau des mythiques Vikings. “Homeland” ne fait pas exception! Délaissant cette approche très sci-fi de Futurized, Bjorn Jeppesen revient à ses premières amours en signant un album qui est une délicieuse fusion entre l'approche symphonique et cinématographique, "At War", de From Distant Times et ses hymnes électroniques, "Divine Light", qui accrochent tout de suite l'attention et qui ont fait les délices de ses premiers albums. Le résultat est étonnant. En fait Nattefrost présente son plus bel album. De la première minute aux dernières secondes de "Homeland", Nattefrost instaure un crescendo qui donne des frissons. Tants aux émotions que dans le dos! C'est un des joyaux de 2014 qui a failli me passer sous le nez. Comme un peu partout sur la planète musique, Nattefrost, qui est très populaire dans son Copenhague, présentait “Homeland” dans une édition limitée de 500 albums en vinyle de 180 grammes produit par le label Sireena Records. Épuisé dans ce format, “Homeland” réapparait sous forme de CD manufacturé sur le label de Nattefrost.
Les vents froids des plaines Scandinaves balaient les horizons de "The Golden Age", soufflant des nuées de poussières de roche qui fragmentent les harmonies évanescentes des lignes de synthé ondulatoires. Court mais efficace, "The Golden Age" étend les éléments dramatiques de “Homeland” avec des accords sombres et résonnants qui laissent une empreinte de mystère. Guère plus long, "Dance of the Elves" se love au fond de nos tympans avec de superbes arpèges mélodieux qui tracent les lignes d'une mélodie aussi virginale que diabolique où chaque note qui tombent dansent avec des ombres douteuses et des pulsations linéaires dont les rapides battements étendent tout de même une structure de rythme ambiant. Le contrepoids entre la lumière et les ténèbres, le chaud et le froid, est criant de réalité. Tout doucement et innocemment les charmes de “Homeland” étendent leurs emprises. D'étranges souffles noirs injectent des ambiances brumeuses. Ils accompagnent le vif mouvement des pulsations ondulatoires de "Norse". La structure, avec une mélodie qui fait tinter ses arpèges résonnant de limpidité, et l'approche furtive d'un rythme tambourinée par des séquences basses, comme une marche de guerre en accélérée, reprend ici un peu le modèle de "Dance of the Elves", mais dans un contexte nettement plus élaboré et avec une structure de rythme qui offre de belles oscillations bourrées de variantes. La course s'achève dans une atmosphère très cinématographique avec un long passage ambiosphérique qui tronque les 3 dernières minutes d'un rythme hypnotisant comme une fête qui précède une guerre. Les nuances dans "Norse" sont époustouflantes et témoignent de cette maturité qui a saisi dans la signature de Bjorn Jeppesen depuis From Distant Times avec Matzumi. Chaque album de Nattefrost amène son titre accrocheur. On aurait pensé à "Norse" ou le babylonnesque "At War". Mais non, la palme revient à "Divine Light" et à son rythme très entraînant qui doit d'abord et avant tout s'extraire d'un magma de lignes de synthé dont les enchevêtrements aussi embourbés que les tonalités gargouillantes se font matraquer par les roulements des percussions timbales. La combustion de ce mouvement statique crache des arches de feu dont les radiations forgent le lit d'un rythme que des séquences basses soutirent de son environnement statique afin de coucher un rythme fluide qui galope dans des frappes de percussions très entraînantes. De l'IDM mélodique, le rythme de "Divine Light" s'offre des parures harmoniques avec des lignes d'arpèges qui défilent ou encore qui chantonnent dans des bancs de brumes éthérées et des éléments ambiosphériques qui donnent au titre une séduisante profondeur onirique. ça va devenir un des bons titres du répertoire de Bjorn Jeppesen. "At War" est titanesque. Entraînant et lourd, c'est intensément orchestral. Et l'illusion de voir une armée d'ignobles gnomes traverser le champs de nos visions est absolument superbe. Les roulements des grosses caisses, les lamentations des vaincus, les enveloppes philarmoniques et les râlements des bêtes de guerre sont rendu avec une extrême précision.
Avec la pièce-titre, Nattefrost sort de sa zone de confort en offrant un long titre d'une vingtaine de minutes, un pari dont la dernière tentative remonte à The Road to Asgard en 2004, qui offre une belle évolution ainsi que de subtiles variances dans les tons et les couleurs harmoniques teintées d'effets dramatiques. Les ambiances cinématographiques sont toujours présentent avec des vagues et des vents qui semblent souffler sur un champ d'une bataille qui a connu sa tragique fin sur les bords d'un rivage Scandinave. Des effets émouvants ponctuent cette introduction avec des vents sombres, des coups de percussions et des gazouillis électroniques. Un rythme s'élève. Arqué sur des séquences basses, il vacille comme une âme perdue avant de s'accrocher à une structure solidifiée par ces percussions dont les tonalités si différentes font parties des richesses de “Homeland”. Le synthé déploie des bribes d'harmonies aussi évanescentes qu'inachevées, alors que le rythme de "Homeland" suit un parcours plus soutenu. C'est teintées de parfums organiques et les séquences iridescentes dansent avec leurs doubles, donnant ainsi une structure de rythme qui bouillonne dans une enveloppe multidimensionnelle et laissant aux pulsations et aux percussions la direction d'un rythme qui s'orne de fines nuances afin d'éviter les pièges de la redondance. Et c'est réussi! Très électronique, entre le Berlin School tant vintage que contemporain et une forme de IDM aux élans empreint de retenues, la structure de "Homeland" offre des variances et des phases de saccades ici et là qui rehaussent l'effet de charme. Le jeu des séquences est très bon. Et lorsqu'il devient sobre, les ambiances, toujours assez sombres, rehaussent l'approche de ce long titre dont la perpétuelle évolution vers des terres plus ambiosphériques passe dans l'oreille comme une lettre à la poste. C'est très bien fait et ce long titre, orné de beaux arrangements et de bons rebondissements, démontre la maitrise de Bjorn Jeppesen, tant sur son histoire que la façon dont il s'est pris pour la mettre en musique. Et ça conclut un très bel album. Un album étonnant même, si on considère son approche très Berlin School et ce petit côté très accessible unique à la musique de Nattefrost. En fait, le style Berlin School n'aura jamais été aussi accessible qu'avec ce “Homeland”. Très recommandable!

note       Publiée le mercredi 4 mars 2015

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