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Javi Canovas › Eunomia

cd • 4 titres • 69:37 min

  • 1Sophrosýne 17:41
  • 2Phrónesis 16:40
  • 3Andreía 20:09
  • 4Dikaiosýne 15:06

line up

Javi Canovas (Synthé, séqueneur, guitares et piano)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://javicanovas.bandcamp.com/album/eunomia

chronique

Une sinueuse onde, aux contours un brin métallique et nasillard, sillonne entre nos quatre murs alors que de délicates nappes de synthé, embrumées d'un parfum de Mellotron et de voix éthérées, font contrepoids avec une tonalité plus chaleureuse et plus musicale. Errant comme une intro qui cherche ses repaires auprès des œuvres telles que Phaedra, "Sophrosýne" donne le ton à ce dernier album de Javi Canovas qui renoue ainsi avec ses parfums d'origine où des albums comme Light Echoes, en 2006, et In This Moment, In This Place, en 2009, se nourrissaient des ambiances des années Franke, Froese et Baumann. Tranchant nettement avec la douzaine de titres très structurés de Axiom, “Eunomia” plonge dans les longues structures imbibées d'introductions et des finales ambiosphériques où les séquences dansent sur des airs d'improvisation et tournoient de leurs ballets minimalistes, détachant des ombres agitées qui alimentent des rythmes parfois nerveux, parfois ambiants, qui restent toujours captivants. Nous sommes dans les terres du bon rétro Berlin School!
Les 5 premières minutes de "Sophrosýne" plonge l'auditeur dans un bain d'éther. Le mouvement de séquences qui s'en dégage fait faire des ruades à des ions qui palpitent dans une frénétique enveloppe désordonnée. Les oscillations du rythme sont amples et les ombres des ions qui se détachent prennent des directions tant rythmique qu'harmonique où d'autres ions aux tonalités un peu plus limpides invitent "Sophrosýne" dans un intéressant ballet teinté de nuances. Nous avons ici la structure principale du séquencement qui alimentera les quatre phases de “Eunomia”. Le tout avec des nuances légèrement différentes ici et là. Les séquences dominent les synthés qui tissent des ambiances avec des chants flûtés, enveloppant ce premier titre de “Eunomia” d'une aura méditative qui fait contraste avec la violence stationnaire du rythme. "Phrónesis" est plus expéditif et propose une structure de rythme accrocheuse avec des lignes de séquences hyper nerveuses qui montent et descendent et alternent la cadence avec des papillonnements nerveux, balayant les vents cosmiques des synthés qui se dégênent en y allant de petites phases harmoniques et de beaux solos éthérés. Les ambiances rappellent savoureusement ces brouillards cosmiques d'un célèbre trio allemand. C'est un très bon titre mais c'est à "Andreía" que revient la palme du plus beau titre de “Eunomia”. La structure du rythme est douce, genre Steve Roach des années Empetus, alors que les ambiances resplendissent des meilleurs moments des brume de Mellotron du Dream. Le clou est sans aucun doute cette transition entre Roach et le Dream qui s'opère après un bref passage ambiosphérique en mi-parcours. C'est sélectionné pour notre émission de radio! "Dikaiosýne" épouse les mêmes nébulosités ambiantes avec des longilignes lignes de synthé qui valsent dans le néant. On dirait des chants de baleines interstellaires. Des séquences tambourinent avec des figures de rythmes aléatoires qui descendent comme des serpentins allégoriques tout le long de parois resplendissantes de tonalités électroniques. Peu à peu ces ions s'essoufflent. Les pétillements des cymbales électroniques réactivent la vie de "Dikaiosýne". Les séquences reprennent la route des danses concassées. Comme des ossements qui palpitent en tout sens sur un convoyeur, ces ions finissent par épouser une forme de rythme minimaliste qui palpite sous de soyeuses nappes de synthé. Des ions se détachent. Crachant des filaments organiques et des tonalités réverbérantes, ils empruntent les habits de "Sophrosýne" et ses amples oscillations qui roulent sous des lignes de synthé aux chants sibyllins. Envoûtant, attrayant! Comme du bon vieux Berlin School.
Avec 18 albums en 10 ans, c'est évident que le style de Javi Canovas se répète. Le synthésiste Espagnol a beau alterner ses approches en y allant parfois de musique plus ambiante, plus animé ou plus près du rock progressif que sa musique respire toujours du même parfum des belles années analogues. Mais très souvent il réussit à passer à un autre niveau en prenant des directions, "Andreía", qui étonnent autant que charment. J'ai bien aimé ce “Eunomia”. C'est du bon mélange de New et Vintage Berlin School où Javi Canovas tissent de charmants labyrinthes rythmiques hypnotiques.

note       Publiée le mercredi 4 mars 2015

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