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Piotr Ilyitch TchaÏkovski (1840-1893) › Symphonie n°6

6 titres - 62.35 min

  • Symphonie n°6 en si mineur «pathétique», opus 74.
  • 1/ Adagio – allegro non troppo 21.20
  • 2/ Allegro con grazia 9.20
  • 3/ Allegro molto vivace 8.55
  • 4/ Finale : adagio lamentoso – andante 11.04
  • Eugène Onéguine, opéra
  • 5/ Valse 6.37
  • 6/ Polonaise 5.25

enregistrement

Enregistré à Berlin en 1959.

line up

Orchestre Radio-Symphonique de Berlin : Ferenc Friscay (Direction).

remarques

Cet enregistrement (somptueux) de Ferenc Fricsay n'a été malheureusement publié que dans le cadre limité, car économique (50 francs), de la collection du millénaire DG en 1998. A moins que vous la trouviez par hasard en stock chez les grands disquaires, (saisissez là alors!), je vous conseille donc, comme tout le monde faut dire, les interprétations de Euvgeny Mravinsky (DG), immense chef de tradition russe et dont la compréhension de la partition n'a d'égale que la beauté des sonorités du Philarmonique de Leningrad...
Il s'agit, donc, de la série limitée "collection du millénaire 1898-1998".

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
symphonie-romantique

Puisque l’aspect programmatique d’une symphonie est parfois nécessaire à son écoute, je citerai simplement et respectueusement le texte de présentation de l’œuvre de l’édition chroniquée : «Achevée neuf jours avant la disparition inexpliquée aujourd’hui encore du compositeur, la sixième symphonie de Tchaïkovski… mêle avec génie l’esprit de la rébellion face au destin, auquel succède une surprenante valse dans le second mouvement, comme s’il s’agissait d’atténuer les effets dramatiques de l’introduction. La troisième partie présente les derniers instants de révolte du musicien avec le célèbre rythme de marche. Peine perdue, le compositeur avoue sont impuissance à contrarier le destin». Voici donc la symphonie «Pathétique», et son sujet est là pour le rappeler. Maître incontesté du romantisme russe, Tchaïkovsi fait exploser dans cette ultime partition son tempérament orageux, lourdement mélancolique et définitivement slave : c’est à dire amoureux de la neige et des hivers, des paysages, des arbres et du vent, un mélodiste pur et génial. Souvent arrondie par la richesse et la beauté de ses notes, la musique de Tchaïkovski atteint néanmoins ici des sommets de noirceur absolue. Le romantisme «violonneux» est ici au comble de sa beauté, et tout cela, pourtant, est noir comme le charbon. Les deux essentiels premier et dernier mouvements sont réellement éprouvants, malgré la constante et subjugante joliesse des thèmes. Extrêmement contrastée, l’œuvre présente des accès de fureur cuivrée déchirée de coup de tonnerre à l’ampleur harmonique presque insupportable, de véritables tunnels de silence au fond desquels sommeillent les contrebasses, gémissent les cors mortuaires, mais aussi des scènes de campagne, bucoliques et légères. Tchaïkovski lutte et se débat contre les ténèbres terribles qui envahissent sa partition, en y joignant encore son amour des belles choses et son rêve de joie de vivre . Les deux parties médianes relèvent ainsi de la grâce et de l’enthousiasme affecté typiques de ce grand romantique. Mais le ton fondamental est alors déjà donné par les 20 minutes de l’apocalyptique ouverture. Tout bas tout d’abord… le basson semble s’éveiller seul, les violons à leur tour ouvrent doucement les yeux, mais tout cela est très sombre… notes graves, harmonies austères, avant l’apparition soudaine et énergique du thème centrale du mouvement. A force de transfiguration et de mise en valeur de sa trouvaille mélodique le musicien va nous conduire irrémédiablement et malgré nous à la folie désespérée ; il nous fera croire ici à une poussée de simple énergie, là à un accès de virtuosité, mais la fréquence et la progressive exigence rythmique de ces ajouts convergent irrémédiablement vers le déchirement mélodique et sonore le plus acéré et douloureux ; puis la structure devient sans pitié, et durant dix minutes de cauchemars, Tchaïkovski ne nous prévient plus de rien, explosions gigantesques, silences tendus, plaintes, et hurlements de l’orchestre déchaîné. Le finale quant à lui, est épouvantablement poignant… La beauté mélodique nous est d’abord présentée dans le calme et la mélancolie, et peu à peu gonflent sous l’appui des violons les larmes du pauvre Piotr à la veille de la mort, dont les lamentations déchirantes prennent finalement la voix des trombones et trompettes, aux hurlements de pur effroi. Cela retombera, oui… il y aura à nouveau du calme et du silence durant les onze minutes qui clôturent ce monument, et notamment les dernières, tout en sanglots et abandon… mais avant cela, Tchaïkovski hurlera encore. Mélodisme forcené et noirceur déchaînée. Une oeuvre d'une beauté visuelle et plastique fascinante... LA symphonie romantique russe... LA symphonie pathétique.

note       Publiée le dimanche 23 juin 2002

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Moonloop › samedi 2 janvier 2021 - 17:09  message privé !

Idem, je n'ai pas encore trop pris le temps d'écouter les interprétations de Currentzis - hormis "son" sacre du printemps et la 6eme de Mahler -. Pourtant, il a l'air d'oser des choses dans le "milieu" au point où certain le qualifie régulièrement "d'iconoclaste". J'essaierai cette version de la Pathétique un de ces jours (d'autant que je ne suis pas particulièrement friand de Tchaïkovski. Peut-être que son approche saura me séduire davantage?).

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boumbastik › samedi 2 janvier 2021 - 11:23  message privé !

Connaissais pas l'existence de ce chef. En effet sa version de la 6ème est superbe, magnifiée par une qualité sonore exceptionnelle. Merci Wotz. Currentzis, je me te le note.

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Wotzenknecht › vendredi 1 janvier 2021 - 20:19  message privé !
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Je me lance par la version Teodor Currentzis, tudieu. À certains moments on en tombe de sa chaise.

boumbastik › vendredi 28 février 2020 - 22:02  message privé !

Découvert Tchaïkovski par sa symphonie n°4 la semaine dernière à l'auditorium de Bordeaux. Puis les versions de Mravinsky et Fricsay sur le net. Les mélodies et l'intensité de cette oeuvre n'ont pas fini de m'obséder. Je sens que je vais faire une descente chez les disquaires dignes de ce nom, s'il en reste.

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H2O › mardi 23 décembre 2014 - 08:46  message privé !

Dantesque. Incroyable de composer un truc aussi sombre et désespéré. Je l'aime tellement que je l'ai en 3 versions différentes. Celle chroniqué ici, la plus lente, lourde et écrasante par moment. Celle de Mravinsky, vive et impétueuse, avec un choix surprenant dans le choix des sons des cuivres. Et celle de Karajan, plus (trop) sobre, classe mais un peu trop froide.

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