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Merde Fantôme › K7 Live

  • 2013 • Gurdulu UUU083 • 1 EP 45 tours

k7 • 22 titres • ??:?? min

  • Face Instants
  • 1Merde??:??
  • 2Bouge??:??
  • 3Désacord??:??
  • 4Cheval Fou??:??
  • 5Mord??:??
  • 6Les Corps??:??
  • 7Pas de Larsen !!!??:??
  • 8Le Cerf??:??
  • 9Il Dit Qui Sait Pas??:??
  • Face Wazoo
  • 10Démons??:??
  • 11Cheval Fou??:??
  • 12C’est à cause et pour vous…??:??
  • 13Mord(pas)??:??
  • 14Déménageur Breton??:??
  • 15Les Corps??:??
  • 16Pas de Larsen??:??
  • 17Bernard Lavillier??:??
  • 18Tiens Mange !!! (Extrospection)??:??
  • 19Le Cerf??:??
  • 20La Bénédiction??:??
  • 21Il Dit Qu’il Sait Pas??:??
  • 22Merde Fantôme et Tas Humain??:??

enregistrement

Face Instants : enregistrée aux Instants Chavirés (Montreuil) le 18 janvier 2013. Face Wazoo : enregistrée au Grand Wazoo (Amiens), le 12 avril 2013.

line up

Deux mecs et une danseuse voilée vêtue de noir, dont je ne trouve les noms nulle part. Et ils sont tous masqués, d’une manière ou d’une autre…

remarques

« Avertissement : N’écoute pas les 2 faces à la suite. Tu pourrais avoir une attaque cérébrale ». Cassette blanche (ni inscription ni étiquette sur les deux faces) tirée à cent exemplaires, présentée dans un fourreau en carton, insert avec les titres et les remerciements (et l’avertissement ci-dessus reporté). L’intégralité de la cassette est téléchargeable à l’adresse suivante : http://gurdulu.org/merdefantome.htm

chronique

Une merde fantôme, ce serait quoi ? Une présence impalpable, puanteur flottante, omniprésente mais impossible à localiser, qui saloperait tout par son fumet ? Une sorte de coprolithe immatériel, sec mais pas nettoyable, même pas moyen de le saisir pour le jeter dans le jardin du voisin ou à la gueule du compagnon, codétenu d’infortune ? Le truc qui reste, quoi, en tout cas, l’ambiance pourrie qui colle aux murs… Imaginez vous en train d’écrire, de causer sereinement, envisagez vous en train de… manger, avec ça qui vous squatte les fosses. Ça gâche, hein. Ça lui fait un teint, à la face du jour… Bienvenu dans le monde moderne. Banlieue mondiale passée la rocade de n’importe quelle capitale, préfecture, chef lieu. Ça et les bureaux. Ça et les zones industrielles. Ce soir c’est Merde Fantôme qui fournit la bande son. C’est en cassette, trouvez un magnéto, il reste des brocantes. Ou bien téléchargez, le son est bouffé, de toute façon, les basses frottent et la voix peine à se faire entendre. Ils n’ont pas de bol, en plus, ils cassent sans arrêt des machines. J’étais à un de ces deux concerts – celui des Instants – et dans mon souvenir ce n’était pas plus sortable "en vrai". Le machin confiné. J’entends bien sur la bande cette impression qu’ils font sur place : on ne sait pas trop s’ils déconnent, s’ils s’ennuient, s’ils gardent la distance pour que ça reste le truc entre potes. Leur danseuse en noir, elle ne groove pas des masses – ses voiles pas trop Salomé. Ils jouent une sorte d’indus à synthés – à synthés qui crament un par un leurs circuits et les laisse encore plus sans moyens, donc. C’est un duo qui – j’ai l’impression – ne cherche pas le talent d’écriture. Ni même à soulager la tension, je pense. Simplement, dans les mots, à dire le plus possible comme ça vient, comme ça stagne ; comme ça peut être plat et emmerdant, la vie dans les trous, dans les plis. Plutôt que Michaux, il semblerait qu’ils citent des films de Zombie et autres souvenirs du temps des VHS, des vidéoclubs qui au moins faisaient une virée. Du Bava, par exemple – mais fils. "Ils feront des cimetières leurs cathédrales et des tombes leurs cités". Eh… Tiens. Mais ça sonne assez juste, ça. Passant par la tête, ça coule sa petite tristesse et caresse l’épouvante. Et… Oui, ça se dégrade. À mesure, ça prend, leur jeu. L’épouvante, donc – pas seulement comme genre mais comme condition globale. Et dans le détail. Il paraît que le diable est là-dedans. Voyons moins grand : la mouise aussi, la déprime à constater la mérule qui progresse sur les murs. "Pas de Larsen". Évidemment, il n’y a que ça. Pas de but, de motif. "Il dit qu’il sait pas". Mollement ça surchauffe, tétanise, entropise, s’emballe. Pas de conviction, on laissera ça aux pièces pour les flics. En fait ce serait peut-être ça la quête : montrer que rien n’arrive à rien. À la fin de la face montreuilloise, des voix approuvent, bruyamment, dilatées au houblon. Il faut admettre que la mienne doit en être. Et qu’elle y arrive, à nous foutre tout à la fois les jetons, le cafard, le luxe d’en rire, de tout ça, cette musique informe. Elle sent, oui. La mouscaille installée dans le reste des substances. La cave à rats où on ne voit jamais les bestioles mais où les fientes nous craquent partout sous la semelle. Avec cette arrière goût de feu de pneus qui flanque la migraine, la sinusite chronique. J’ai l’impression qu’ils improvisent, entre les morceaux. Allons bon, voilà qu’ils nous déclament du Goya – le peintre, pas Bécassine-la-cousine. Ils enchaînent sur la sus-cité accroche de probable nanar à morts-vivants, tiens, dans le même souffle. C’est sur la face Grand-Wazoo, maintenant. Le son est un peu plus lisible. Du coup on saisit mieux combien c’est le bordel. Le bordel mécanique. Bouts de textes et sons de cochons. Art Sagouin. Culture septique et fosse pour tous. Ah oui, aussi, ils répètent beaucoup que tous on va crever. Pas le scoop. Mais ça rend presque le soubresaut fraternel. "Ce n’est pas moi qui tue/Ce sont mes congénères". Ou alors est-ce : "qu’ils tuent" ? Il dit toujours qu’il sait pas. Bon, c’est vraiment la crise, en fait. Ça vous gagne, leur manège sans espoir. Ça finit par filer le malaise, la douleur au bide lancinante, l’envie de faire semblant de chialer pour ne pas montrer qu’en vrai on l’a en dessous de zéro… Misère, pourquoi il faudrait noter ça ? Parce que sinon, OK, on ne peut pas publier le texte. Mais fallait-il que je vous en parle ? Oui… Parce que des plages comme Mord ou Le Cerf, finalement, ce sont de bons glaviots dans la face du Rien que ça dit. Qu’encore une fois ce soir là on s’en n'est pas mal sorti, à ne pas rester chacun dans nos murs. Au moins la saleté, on la partage. L’arôme pas bon. Ils doivent bien avoir des tronches comme nous sous les cagoules en tissu lâche. Il paraît que c’est d’une fadeur amer. La merde, je veux dire. Au moins, ce spectre là, on ne pourra pas lui reprocher de nous l’emballer dans le sucre. Et puis dans ce foutoir, on a droit en passant à un saccage de Lavillier. Et puis l’idée mitée mais réconfortante – à sa bizarre façon – qu’il n’y a pas à la fin que les meilleurs qui partent. Ça ne suffira jamais mais c’est une sorte de rappel. Au mieux, ça remet l’idée qu’il faudrait passer à autre chose.

note       Publiée le jeudi 29 janvier 2015

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Dioneo › jeudi 29 janvier 2015 - 03:38  message privé !
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Ah tiens, curieux... Moi c'est le contraire : j'avais bien tripé sur place mais sur cassette je ne retrouve pas complètement le truc. Quant à la danseuse... Franchement, j'ai préféré encore la leur. Un truc "pété" dans sa choré, qui je trouve ne "marche pas" mais j'ai presque l'impression que c'est voulu, une partie de l'ambiance. Alors qu'avec Cut Hands... J'ai carrément trouvé que ça nuisait au bidule, ce rappel avec Nadine. (Certes : aussi et avant tout parce que William était assez ridicule, à ce moment précis du machi). Bon, j'aurais bien mis trois boules et demie, à cette double-face. Techniquement, y dit qui peut pas.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › jeudi 29 janvier 2015 - 03:22  message privé !

"Grand cerf est mooort... Ils ont cru que j'allais vendre mon enveloppe corporelle voire celle d'une vieille connaissance pour une modique somme..." ahem. Grosse révélation au format K7 (cet indus old school comme on n'en fait que trop peu aujourd'hui) alors que j'avais aimé mais sans plus lors de ce même live 100% Amiens aux Instants. Les danseuses ça fout souvent le bordel dans la perception des concerts - cf Cut Hands?

Note donnée au disque :