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Oyohualli › Bisou Creux

cd | 6 titres | 20:39 min

  • 1 There’s Nothing [4:57]
  • 2 Someone [4:21]
  • 3 Tramp [3:11]
  • 4 When I Feel So Sad [2:21]
  • 5 Tom’s Dream of Desert [2:46]
  • 6 The Street [2:53]

extraits vidéo

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enregistrement

Non renseigné.

line up

Nans Leclerc (guitare, vielle à roue), Loup Uberto (voix, guitare), Alexis Vineis (batterie), Antonio Vargas (guitare désaccordée)

remarques

Image : Laboratoire de l’Hydre.
L'intégralité du EP est en écoute (et en téléchargement libre) sur la page bandcamp du groupe (voir lien ci-contre).

chronique

Styles
folk
rock

Autre lumière. Autre angle. Oyohualli cette fois encore dénude, se montre. Pas de jazz, ce coup, pas vraiment, dans la forme. Ou alors comme souvenir, seulement, à la rigueur, dans les cymbales. Pas d’anche, de saxophone. Ce timbre toujours fragile. Toujours à poil, disais-je, et juvénile. Et toujours sûr de ce qu’il articule… Cette fois, allez, disons que ce sera folk. Au sens en quoi ce mot là porte le plus de traces. Et puis d’affirmation, disais-je. Et puis de mélancolie, parce que ce qu’il raconte est ce qui manque à l’instant où on y touche. Je ne sais pas à vrai dire quelles origines, quelles influences, quelles mouches de velours gris les ont piqués, ici. J’y entends – comme on fait en ces cas – mes souvenirs à moi, mes questions, à leurs ombrages et demi-jours je sens mes recoins qui m’aspirent. Je trouve au son de la chose comme des échos de certaines années quatre vingt dix. J’entendrais Will Oldham soudain doté d’une tessiture qui l’emmènerait vers Sandoval (Hope, de son prénom, comprendre Mazzy Star) ; j’aurais presque un retour, comme de fugitives images, comme un réminiscence fugace de Jennifer Charles et Oren Bloedow quand ils ne se nomment pas Elysean Fields mais La Mar Enfortuna, et qu’il débranchent ; et tout ça, précisons : sans la nimbe érotique de ceux là ; seulement pour la tension tombée, le grain de l’image, les couleurs qui dé-saturent ; comme la pression du sang qui retombe et nous fait sursauter au moment de s’endormir. Aussi, je repense à ces débuts de la décennie d’après. Aux groupes du label Prohibition, par exemple, ceux de ceux-là qui lâchaient le hardcore un moment – laissaient les amplis eux aussi, pas dans un "renonçons" mais comme un "retournons", plutôt. Tout ça est subjectif. La musique, c’est subjectif. Celle-là, de toute façon, est en fait de son temps – le notre. De ses instants. Curieusement, c’est un son immémorial qui nous le rappellerait le plus, qui soudain noircit le flot doux et triste : cette striure de la vielle à roue qui charge l’horizon mais brise tout flou, concentre la vue, la sensation, imprime d’un coup les contours nets. Le tableau est immobile – sauf la rivière, qui ne nous attend pas ; et il ne fait pas chaud puisque, disais-je, on a laissé les attirails ; on la regarde couler, l’onde, tranquillement ; fatalement ; on s’y noie, on s’y lave, on y nage, on y dérive sur le dos et là, ce sont les nuages qu’on voit ; je me souviens : la parabole de l’homme dans la barque, dite par un cheminot couvert de suie, dans Dead man ; je me rappelle : un groupe nommé Swell ; il me semble que c’était doux, un peu amer, engourdi et sensible, trop sensible au toucher. Loup Uberto chante en anglais, tiens, cette fois. Je trouve le titre de ce disque bizarre, même un peu maladroit. Peu importe. Peut-être, il se révélera comme la musique qui s’y tient m’est venue au fil des écoutes, plus lentement que celle du précédent, Le Ventre Articulé. Elle est plus mate, il me semble, là. Si elle ne frémit pas, c’est que sa respiration s’allonge, se boit et s’expire à longs traits ; posée sur une des rives, yeux grands ouverts, ouïe dilatée ; pas figée : attentive. Ce disque est encore court. Je lui trouve la parfaite durée. Cette écoute-ci était son adéquat moment. Une pensée me souffle que ce n’était pourtant pas l’heure pour ce xième café (même cardamome). Tant pis, tant mieux, de toute façon ça me regarde, comme eux le choix de ces seulement vingt minutes. Il ne s’agit pas de jouer le mystère… C’est simplement que parfois, il n’est pas besoin de s’étendre pour ne rien refermer.

note       Publiée le vendredi 23 janvier 2015

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