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Oyohualli › Le Ventre Articulé

cd • 4 titres • 16:04 min

  • 1L’embarquement3:19
  • 2L’appel3:51
  • 3Les réponses et les rites4:01
  • 4Chants4:53

extraits vidéo

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enregistrement

Prises de son, mixage et mastering : Boris Jacquier-Laforge.

line up

Nans Leclerc (clavier), Loup Uberto (création sonore, compositions, arrangements ; voix, instruments à vent, lapsteel, sanzas), Alexis Vineis (batterie)

remarques

Textes : Loup Uberto et Thomas D. Lavorel. Création visuelle : Thomas Porte, Laboratoire de l’Hydre.
L'intégralité du EP est en écoute (et en téléchargement libre) sur la page bandcamp du groupe (voir lien ci-contre).

chronique

Voilà, cœur de la nuit, hiver. Je ne dors pas. C’est une heure où la poussière brûle en odeur entêtante sur les résistances des convecteurs. (Vienne la facture…). C’est celle où les questions, les inquiétudes, s’allument alors qu’au dehors tout bruit s’est tu, même la dégringolade, les précipitations – mais pas asséchée la chaussée. On leur fait face. On se toise. On se rend compte qu’ils, qu’elles, que ce sont nous. "Ce que l’enfant décidera d’appeler un langage se passera de vos compréhensions"… Oyohualli – projet de Loup Uberto, entre autres vocaliste et clavier dans Mesdames (mais de toute façon il semble que tous les membres dudit groupe aient bien plus d’heures que nous tous à leurs jours, si l’on en croit le nombre invraisemblable de formations dans lesquelles chacun d'entre eux joue par ailleurs) – fait usage du verbe. Le bon ; c’est à dire : en le retournant, en le faisant rythme sur quoi, par quoi se meut le son – à moins que ce soit le contraire : que ce soit lui qui dans la vibration se confonde ; en l’articulant pour qu’on saisisse bien, surtout, ce qu’il, à quel point il ne peut pas dire. Cet homme écrit ; et parle ; et pousse parfois une gueulante un peu aigüe ; en français, en anglais, oh my captain… ; il joue du saxophone et d’autres corps sonores, à lamelles, à cordes ; ils sont deux autres, là-dedans, un qui frappe, un qui touche ; appelez ça si vous voulez du jazz, du free… Les mots disent dans leur creux, je répète : les formes mutent, les bribes sont remontées, inversées elles aussi, parasitées ; Oyohualli veut dire Grelots, en nahuatl (en d’autres langues amérindiennes d’hémisphère sud aussi, il semble…) – ce sont ceux que portaient aux chevilles, au cou, les empereurs, et les captifs aussi sacrifiés au Soleil ; je ne sais ce que par là ils veulent dire ; les grelots en tout cas sont accessoires de danse, et particules minimums de musique. Il est question d’enfance, encore, dans Oyohualli, dans ce disque nommé Le Ventre Articulé – celui là aussi, tiens, pourrait être un des noms de la Musique. Ici plus directement dite que dans Mesdames – où elle est autrement en jeu, vécue, atteinte. Ici elle est fragilité et recherche constante. Elle est moment de fatigue de celui qui a couru tout le jour. Vulnérable mais tous sens ouverts. Le sommeil s’enroule, enfle, fait le cocon où va s’engouffrer le rêve qui nous plonge dans les souffles, nous y tient, nous en cerne, qui nous soulève ou nous plaque. C’est un seuil de perception. Et un moment très court – ceux-là sont toujours brefs, où l’état de celle-ci bascule. Il s’agit de poésie. Pas celle d’ornement – et c'est pour ça qu'il n'est pas honteux ou ridicule de l'appeler ainsi. Celle qui cherche, disais-je, qui défait l’évidence pour en trouver le noyau, le palpitant. C’est instable, étrange, tout de suite familier. L’image par les yeux, la saveur qui s’entend, la fumée qui chemine sur ses membres. L’obscurité qui pose paume à la peau. Il y aura, des mêmes, un autre disque, l’année d’après. On pourra dire – si on y tient, à nouveau – que celui-là sera rock, davantage. Ce sera un autre angle. De nuit, on vous dit, dans le crépuscule industriel, la règle diffère : les plans parallèles peuvent s'y croiser. Cette fois, il est temps d'éteindre l'allogène. ("Où le ciel animal envahit la rétine"…).

note       Publiée le mardi 20 janvier 2015

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Klarinetthor › dimanche 31 mai 2015 - 19:41  message privé !

J'ai bien du me l'ecouter 10 fois pour comprendre, mais la perseverance et le ptit objet glissé par le chanteur avec la commande du Mesdames a fini par faire mouche.

Note donnée au disque :