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Gustavo Jobim › Tsunami

cd | 2 titres | 27:07 min

  • 1 Tsunami [ 14:40]
  • 2 Atlantis [ 12:27]

enregistrement

Composé, joué et enregistré avec les Korg Monotron Delay et Korg Monotron Duo

line up

Gustavo Jobim (Korg Monotron Delay et Korg Monotron Duo)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://gustavojobim.bandcamp.com/album/tsunami

chronique

La MÉ! Le berceau de l'expérimentation! C'est la beauté de cet art. Cette capacité qu'ont les artistes, les essayeurs à œuvrer avec les nouveaux bidules qui inondent régulièrement le marché de l'innovation. Ces artisans, ceux qui comprennent les fils, les connexions et les boutons, s'ingénient à en extirper toutes les facettes et les secrets en modulant des sons, en sculptant des rythmes et en brodant des mélodies. Mais restons dans le berceau de l'expérimentation. Gustavo Jobim est l'un des fiers descendants de la lignée des expérimentateurs soniques qui osent aller là où Conrad Schnitzer, une de ses grandes influences, nous a souvent amené. Composé et joué avec les synthés Korg Monotron Delay, pour la pièce-titre, et le Korg Monotron Duo, pour "Atlantis" “Tsunami” est déjà son 16ième album et il poursuit cette passion qui dévore le synthésiste Brésilien pour les expérimentations sonores. C'est un album intensément noir où les tonalités défient constamment les oreilles. Bref, un album qui ne renie pas du tout les œuvres précédentes de Gustavo Jobim, notamment Manifesto et Inverno. La pièce-titre émule nos oreilles avec de lourdes et sombres respirations. Et défié est un terme qui s'impose ici. Sculpté dans les effets d'échos, de distorsions et de réverbérations du Korg Monotron Delay, "Tsunami" gronde, crisse et amplifie ses offrandes soniques dans un lent mouvement velléitaire où la violence nourri plus l'imagination, avec une fascinante impression d'inconfort, de panique et d'immersion, que le sens du rythme, même un tant soit peu ambiant. On peut aisément confondre les sons avec des vents qui rugissent, alors que les éléments de panique qui émanent de la finale ne laissent aucun doute quand à l'urgence de la situation. Ici il faut voir au-delà de l'harmonie, car il y en a aucune ombre, aucune trace, et se mettre dans les oreilles des potentielles victimes qui voient ces grandes vagues, qui entendent ces énormes brises mortelles déferlées et soufflées entre les oreilles. Impressionnant, mais ça demeure une approche très expérimentale. "Atlantis" gronde comme une machine. Toujours aussi menaçante, l'intro grogne avec de fines saccades dans des bruits parasitaires. En réalité on se sent plus près du cosmos, à bord d'une méga navette spatiale, qu'au cœur d'Atlantis. Mais ça peut être aussi bien le contraire, tellement la sensation d'être ailleurs est omniprésente. Plus musical que "Tsunami"? Je dirais moins violent et plus doux à l'écoute. Mais ça demeure une symphonie passive pour sons et éléments de distorsions où Gustavo Jobim semble si à l'aise qu'un dauphin dans l'océan.

note       Publiée le lundi 12 janvier 2015

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Dioneo › samedi 24 janvier 2015 - 02:08  message privé !
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OK, merci pour la précision ! Et non, pour l'instant j'en suis resté à celui-là... J'irai y jeter les oreilles. (Après si c'est toujours dans ce registre là, j'ai un peu peur d'être assez vite lassé, passée la découverte... Je vais réécouter celui-là, déjà, je pense, histoire de voir si ça me fait une accroche un peu durable, au delà du côté "intrigants, ces glouglous et blips en masses").

Phaedream › samedi 24 janvier 2015 - 00:58  message privé !
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La majorité de ses oeuvres sont tous aussi obscures et assez expérimentales Dioneo. Tu as essayé Inverno?

Dioneo › mercredi 21 janvier 2015 - 16:49  message privé !
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Je l'ai écouté hier, tiens, intrigué par ta chronique, Phae - comme tu m'a semblé l'être par le disque. Curieuse impression. Celle, un peu, que le mec prend "la chose électronique", les "bidules", comme tu dis, à peu près exactement comme si c'était 1971, là-dehors. D'un côté ça entraîne un certaine fraîcheur du truc, je trouve - au sens où le gars n'a pas l'air de vouloir reproduire le son de tel ou tel, ou il semble délirer et se lâcher en roue libre avec les paramètres... De l'autre j'ai quand-même eu la sensation d'entendre des chutes d'Electronic Meditation, de vieux Kluster ou d'autres bouts de préhistoire du genre-MÉ... Un peu comme si le type "faisait comme si" rien n'était arrivé entre temps. Ses autres albums sont aussi free-form/impro/informes que celui-là, du coup, ou celui-là particulièrement ? (Je pense le réécouter, ceci-dit, peut-être pas mille fois mais... ça ne m'a pas rebuté, quoi, un truc peut y accrocher, aux bonnes heures).