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Odessey & Oracle › Odessey & Oracle and the Casiotone Orchestra

version cd | 17 titres | 46:43 min

  • 1 2016 [4:32]
  • 2 Invention #1 [1:16]
  • 3 The Unicorn [4:25]
  • 4 Invention #2 [0:37]
  • 5 Esprit du Ciel [4:15]
  • 6 Invention #3 [1:59]
  • 7 The Cat With Lipstick [3:35]
  • 8 Invention #4 [0:54]
  • 9 Alphabet [2:11]
  • 10 Invention #5 [1:13]
  • 11 I Saw My Mother [6:09]
  • 12 Invention #6 [0:55]
  • 13 Fixing the World [4:05]
  • 14 Invention #7 [1:40]
  • 15 Night of the Tacky Toys [4:31]
  • 16 Invention #8 [1:16]
  • 17 V.I.A.G.R.A. [2:50]

version lp | 14 titres | 39:37 min

  • Face A
  • 1 2016 [4:32]
  • 2 Invention #1 [1:16]
  • 3 The Unicorn [4:25]
  • 4 Invention #2 [0:37]
  • 5 Esprit du Ciel [4:15]
  • 6 Invention #3 [1:59]
  • 7 The Cat With Lipstick [3:35]
  • Face B
  • 8 I Saw My Mother [6:09]
  • 9 Invention #4 [0:54]
  • 10 Fixing the World [4:05]
  • 11 Invention #5 (palindrome) [1:13]
  • 12 Night of the Tacky Toys [4:31]
  • 13 Invention #6 [0:55]
  • 14 Alphabet [2:11]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé entre 2012 et 2014 par Guillaume Médioni à Lyon, France.

line up

Fanny L'héritier (voix, pianet, clavecin casiotone), Guillaume Médioni (guitares acoustique et électrique, banjo, viole de gambe, korg MS-20, juno 60, yamaha CP-25, pianet, claviers casiotone, voix, programmation), Alice Baudoin (pianet)

Musiciens additionnels : Anaïs Blondet (voix et paroles), Béatrice Morel Journel (voix), Ariane Cohen-Adad (violons), Aëla Gourvenec (violoncelle), Fanny Rivollier (flûte), Vanessa Virot (flûte à bec), Andrew Dymond (shaker, batterie), Gilles Poizat (trompette), Francesco Pastacaldi (tamburello), Sébastine Finck (caisse claire), Lucas Spirili (solo de korg MS-20), R-Finck (apparition spéciale/voix)

remarques

Composé et arrangé par Guillaume Médioni. Artwork par SOYALEGATO, design graphique par Margaux Crinon, typographie (machine à écrire) par Juliette Zanon.
La version CD/téléchargement du disque propose trois titres de plus que la version vinyle. L’ordre des titres diffère, d’un support à l’autre, passée la plage 7 de l’album.
L'intégralité de l'album est en écoute sur la page bandcamp du groupe (voir lien ci-contre).

chronique

Styles
chanson
baroque
pop
canterbury
psychédélique
Styles personnels
charmes, sonnets et fabliaux

"En l’an 2016, je flotterai loin dans les rêves". Nous n'en sommes pas là. Ce début 2015, à vrai dire, n'est pas des plus joyeux. L'ère n’est pas si guillerette, les dernières nouvelles plutôt saumâtres… Il y a moins d’un mois, à part ça, Odessey & Oracle sortaient un disque. Le trio (augmenté) – à Lyon, en 2014 donc – tient toujours son nom d'un album des Zombies – groupe britannique qui l’avait sorti, lui, comme un adieu, en 1968. Odessey & Oracle portent aussi des chemises étroites à motifs végétaux, voire des pantalons en velours ; et jouent de ces machines qu’on osait autrefois appeler – aux temps où tout était analogique, avec l’émerveillement du nouveau qui ne faisait pas mine d’effacer tout le reste – des instruments. Casiotone – c’est même dans le titre – Korg, pianet… Alors ? Sont-ce là de ces jeunes gens coincés dans un passé qu’ils n’ont jamais connu ? Des escapistes réfugiés dans l’âge supposé d’or et sa légende enluminée ? Vont-ils sous la pochette – qui elle même reprend, interprète celle du sus-cité Zombies – dupliquer à la note, au son près, les canons d'une défunte époque ? Eh bien… Pas tout à fait. Ce qui veut dire que non : rien ici qui reproduise platement ni cherche à égaler, ou à faire croire qu’on y est encore. Qu’Odessey & Oracle révèrent – ou plutôt aiment, tout simplement, au sens non-anodin, non mondain du terme – la pop des années soixante, ses contrées baroques, celles aux contours les plus joueurs, aux touches les plus acidulées, acides, aux mélodies les plus technicolores, ça fait peu de doute, pas de mystère. Mais regardez : les couleurs, hommage ou pas sur ladite couverture, ne sont pas les mêmes. Ni la physionomie des figures, silhouettes, créatures qui s'y tiennent. Odessey & Oracle, certes, font donc de la pop. Et nettement, une qui s’inspire d’alors et là-bas. Mais "inspirée", justement – tout court – c’est aussi le mot. Et puis la pop – au meilleur de ce qu’elle peut être – n’est pas une simple et bête fuite, l’illusion du monde sans tache, la régression dans l’idyllique, qu’il soit décades passées ou bien bas âge, d’avant les questions. Celle-ci – "la bonne" – est comme toujours une singularité ; qui s’exprime et se nourrit de tout ce qui fait un monde pour qui s’y adonne, se pique à son artisanat. Des formes baroques, disais-je : au sens premier, aussi, dans celui de l’histoire, de la musique classique – la viole de gambe frayant, taillant tout à coup la bavette d’égal à égal avec les claviers électriques. Une certaine imagerie enfantine – oui. Des façons, dans le chant – c’est indéniable – "comme avant". Mais cette introspection n’est au fond pas un frileux repli, une tentative de coupure, de négation, d’isolement. Elle s’exprime en pistes courtes, concises, aux formes découpées nettes et en jeux de perspectives qui les exceptent de toute platitude. En même temps qu’elle plonge dans ce qu’on appellera si l’on veut "la psyché", elle nous convie au jeu, à la visite pas forcément – et c’est tant mieux – guidée. Et l’enfance, là encore, n’est pas donné comme un âge innocent, bêta, dénué d’ombres. Les jouets sont des objets collants, poisseux. Ils s’ennuient délaissés dans le placard, les avatars et avanies du bon goût, la mise en vente de la mode suivante les ayant décrété dépassés ; ils reviendront, parce que les gosses s’attachent ; et la "résurrection" sonne comme une fanfare portée par la caisse claire des marches – vaguement inquiétante mais ses timbres et lignes empilés, montés, spiralés, sombrant et ressurgissant, réellement réjouissants ; ah oui, sauf que ça va finir, tout ça, comme dans un cauchemar d'Akira… Ah, et aussi : ne tuez jamais la licorne si vous n’êtes pas sûr que ce ne soit pas votre père… Même, ici, la parole adulte – marchant et planant sur les arrangements presque toujours lumineux, limpides – parle parfois d’addiction, de dépendances, de manque (sur Esprit du Ciel ou V.I.A.G.R.A. au moins ; cette dernière – à mon sens la seule, d’ailleurs, qui tranche un peu sur le reste, avec son parti pris presque disco – d’ailleurs absente de la version vinyle du disque, que ses auteurs donnent comme "plus vintage") ; et puis de doutes, de la tentation – justement – de rester perché, coincé dans le songe (on y revient, tiens… présentement, c’est aussi parce que je viens de remettre le disque) ; ou alors de voir sa mère nue et d'aimer vraiment ça. Tout ça, bien sûr, dit avec poésie. Mais la poésie – la poétique – n’est pas un renoncement, un amoindrissement, une dissimulation. Dans cette acception là, elle dit et joue un point de vue – pas en le simulant mais en dessinant l’espace, qu’on le sente et le parcoure. Ce n’est pas pour rien que les manières d’interludes instrumentaux, ici, s’appellent "inventions". On aurait pu dire "fantaisies". Ça définit toujours des formes libres, ouvertes mais tenues. C’est là subjectif et pleinement lisible. Comme cet album des Zombies, au fait, à quoi le groupe, je le disais plus haut, emprunte son nom. Une sorte de "classique", maintenant ; mais alors, on l’oublie parfois, un disque enregistré, publié presque à titre d’auteurs, budget dérisoire ; un recueil au fond pas si béat, qui tranchait même – rappelons nous Butcher’s Tale (Western Front 1914) ou l’ouverture Care From Cell 44, message certes de pure affection chaleureuse mais écrite depuis une cellule carcérale. Voilà : Odessey & Oracle disent en fait une source secrètement rare – le genre de lieu, d’esprit, qui ne se retrouve guère, finalement, que dans une poignée de disques à part, de cette époque, subtilement profonds sous les teintes vives. Les Zombies donc, quelques uns des Kinks à leur plus ambigu, mélancoliques sous la fraîcheur et fourmillants sous l’apparente simplicité des compositions ; et puis quelque chose de ce rock dit de Canterbury – Caravan, par exemple et en particulier – dans cette liberté de jeu et d'écriture qui ne dérivent jamais dans la démonstration de force mais semble vous détailler – à mesure, mine de rien – ses passages d'un monde à l'autre, ses ruses et amusements qui désenclavent la raison raisonnante, trop figée. C'est une question de sensibilité, voilà. Qui fait que ça ne tombe pas dans le commun, le pour rien, l’exercice. Pas un moment de nostalgie suspendue ; mais à la place : un temps où l’on respire, où si l’on veut des cieux clairs, c’est pour voir, ce laps-ci, sans flou terne. Voici donc un bel album de pop, originale et réussie, aussi sensibles soient ses sources et allusives, élusives ses périodes. Il est vrai que ça se fait peu fréquent – qu’au fond ça l’a toujours été. L’impression me touche, à cette minute, que sa fresque aux feutres en nus et fleurs et créatures humaines ou bêtes ou hybrides curieusement conformées n’est pas de celle qui va sitôt me passer, déteindre et disparaître.

note       Publiée le jeudi 8 janvier 2015

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Klarinetthor › mercredi 23 décembre 2015 - 17:44  message privé !

Le groupe nous souhaite un joyeux Noel maison et conscious https://soundcloud.com/odessey-and-...

Note donnée au disque :       
Dioneo › dimanche 13 septembre 2015 - 14:06  message privé !
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Au fait... Le 25 novembre à la MJC Charlie Chaplin (à Vaulx-en-Velin, près de Lyon) Odessey and Oracle en première partie des... Zombies ! (Vont pas du tout se foutre la pression, eh eh eh...).

Dioneo › samedi 17 janvier 2015 - 14:09  message privé !
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Tiens, pour les Parigots : Odessey & Oracle jouent chez vous le 11 février à l'Espace B (avec les Rennais de Sudden Death of Stars, groupe que je ne connais pas, en revanche). (Mettez de la couleur dans vos vies, allez... Ou Put Love in Your Life, comme chantent aussi George et ses amis pas pareillement psychédéliques).

Dioneo › dimanche 11 janvier 2015 - 11:10  message privé !
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Son album/EP est aussi sur bandcamp… (Et pour les références très anglaises dans l'ensemble oui, ça me semble net, concernant Odessey, au delà de l'évidence de ce nom). AH, et curieusement, écoutant ça, j'ajoute qu'elle est davantage folk, aussi, dans ce projet solo (au sens deux-côtés-de-l'Atlantique je trouve, pour le coup… Ce qui m'avait moins frappé quand je l'avais vue à la Triperie, pourtant).

Klarinetthor › samedi 10 janvier 2015 - 23:04  message privé !

Quand à Areski et Brigitte,... je ne vois pas tellement le lien à part le coté pop montée; si je me refère à "l'Incendie"; j'imagine leurs références plus anglaises. Dariev aurait sans doute à causer là-dessus?

Note donnée au disque :