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CHROMB! › I

cd • 6 titres • 45:05 min

  • 1Il l’a fait avec sa sœur6:50
  • 2Apocalypso4:33
  • 3Tu es ma pause déjeuner9:08
  • 4Atmosphère 40245:40
  • 5Des lombrics3:43
  • 6Maloyeuk15:07

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en juillet 2011 par François Reme. Mixé et masterisé par Jérôme Rio.

line up

Camille Durieux (synthétiseurs, rhodes, piano, chœurs), Guillaume Gestin (batterie, chœurs), Lucas Hercberg (basse, dictaphone, effets, chœurs), Antoine Mermet (saxophones alto et baryton, voix, synthétiseur, vocodeur, delay)

remarques

Composé par Camille et Chlotilde Durieux (1), Lucas Hercberg (2), Camille Durieux (3, 4, 6) et Antoine Mermet (5). Textes (3, 4) d’Antoine Mermet. Arrangé par CHROMB! Illustrations de Benjamin Flao.
Les albums de CHROMB! sont écoutables en intégralité sur la page bandcamp du groupe (voir lien ci-contre).

chronique

Chromb! sont à Lyon et ne boivent pas de pastis mais du beaujolais ; ils nous demandent de ne pas voter pour eux au tremplin Paul Ricard ; d’ailleurs ils ne se sont pas inscrits ; Chromb! aiment bien faire consciemment des fautes d’orthographe, aussi, écrire Franse pour parler du pays ; par exemple… Chromb! disent un coup de leur musique qu’ils voudraient, comme impression, qu’elle laisse celle d’un "monticule de graisse". Aussi, au détour d’une interview pleine de ce genre de sorties, les gars font écouter aux gens du Can ou du Broadcast. Et puis plus tôt déclarent – cette fois sans déconner – qu’ils trouvent à la complexité "quelque chose de drôle"… Ils ont raison, en fait, à entendre comme ils la prennent. La complexité, j’entends. La, leur musique. Comme ils la balancent, la décalent, la calent, la piègent. Les structures, les revers, les creux, les soudaines saillances. En fait, Chromb! doivent bouffer de tout – certainement pas sans discernement mais sûrement sans snobisme. Et prendre le tout – disions-nous – avec humour. Il ne faut pas confondre : ça ne veut pas dire par dessus la jambe. Et pas non plus avec cynique désinvolture. Parce que voyez vous, toutes blagues à part et mines pataudes qu’ils nous servent – justement – "pour rire", la musique de ces quatre types prend au dépourvu par son immédiateté, derrière les coups tordus, les constructions en concrétions ou en soudaines ébullitions qui moussent en déluge hors des cassures qu’ils leur impriment. Encore un groupe impossible à classer et pas plus à confondre – c’est heureux qu’il y en ait ; notre époque en est pleine, qui ne sont pas les mélanges sans goût qu’on essaye de nous vendre à longueur de chaînes (celles de youtube relayant la plus ancienne arnaque nommée télévision) ; ici, à la place, un incongru qui prend, en compagnie de quoi on s’attarde, à quoi on revient ensuite souvent ; qui fait cohérence, finalement, parce qu’il s’appelle personnalité, sans que le terme fasse étiquette ni liste pondérée d’ingrédients. La musique de Chromb!, pour brasser tout ce qu’ils y jettent, fait voler les wagons comme sur la pochette ; ça les concasse, les marchandises, ça leur réinvente ainsi une gueule neuve, en toute spontanéité ; c’est presque un peu effrayant, l’énergie que ça engendre, l’insouciance avec quoi ils semblent jouer leurs tarabiscotés phrasés, la souplesse avec quoi les parties impossibles s’emboîtent, se chassent, se courent après, se trébuchent et bondissent gracieusement par dessus leurs césures. Ouvrant le digipack, on voit un homme en imper et chapeau qui attend le train dans un bled, en regardant sa montre. La localité ressemble à la fois aux villes champignon des albums de Lucky Luke et à Saint André le Gaz, Bouffémont ou Vireux-Wallerand ou bien encore Francheville Belvédère ou Montchanin Le Haut… On n’ose imaginer le nombre d’aiguilles à sa tocante, ni trop le sens dans lequel elles tournent (si encore elles en ont un constant et commun à toutes). On en vient à se demander si lui même se doute de la tronche qu’aura la machine à l’imminente arrivée. Une bestiole à dix-milles pattes de fer et dix mille milliards de poils ? Ces mêmes fourgons qui se poseront en retombant de ce même ciel, en fracassant l’oreille interne en une saignante jubilation ? Une draisienne à six bras, autant de jambes et quatre bouches hurlant ou chantant de drôles d’harmonies propulsées, exaspérées par le Méchant Maloyeuk ? … La batterie dézingue le jazz avec fracas au millimètre et frappe enfoncée jusqu’aux coudes – à coups aussi de syncopes plus clouées, de formes aux gnons plus frontaux ; la basse fuzze quand ça lui prend et groove en comptant jusqu’à "fonctions dérivées" ; par moments il y a du sax et ça perce et éclabousse ; et même cette voix qui soudain se pique d’une espèce de soul n’arrive pas à nous faire croire que "festif", un jour, ça voulait dire "Tryo" ; et puis ce vocodeur dissout tout mauvais souvenir d’une soit disant french touch ; parce qu’elle est là, l’audace, chez les frondeurs l’air-de-rien de cette espèce, qui vont leur trip sans espérer les stades ; et puis ce clavier, bon sang… Ces textures, ces délires, ces foutues atmosphères qu’ils nous coulent dans les creux et anfractuosités ! Trouvez ça ce que vous voudrez : soul (si) ou jazz donc, prog explosé au produit local, rock sans guitare comme ils disent – et la vigueur de la chose leur donne cent fois raison (ou mille ou soixante neuf ou quoi) – ou… Monticule de graisse, oui, encore, allez tiens, on y revient ! Mais de l’appétissante, alors, de la pleine de goût. Comme dans "le gras c’est la vie", ainsi que disaient l'Agathe et la Justine une nuit de cookies cramés. Et qu’ils l’aient fait avec nos, ou leur, ou bien avec des sœurs – excusez l’idée saugrenue, j’habite après tout dans un ancien couvent, paraît-il – on ne leur en tiendra pas rigueur. Si c’est pour que les rejetons aient des couleurs si vives et que leurs danses nous attrapent dans de si vivants remous.

note       Publiée le vendredi 2 janvier 2015

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notes

Note moyenne        2 votes

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Dun23 › mercredi 21 octobre 2020 - 17:45  message privé !

Le chant sur Tu es ma pause déjeuner me parle franchement, m'évoque ce qu'un Nosfell aurait pu faire, c'est bien dommage que je ne l'entende pas ailleurs, dans leur production. Le dernier est plus opaque, 1000 a quelques charmes cachés, le 2, je ne l'ai pas encore bien apprivoisé et pour l'heure, c'est celui ci qui me botte le plus.

Klarinetthor › samedi 5 septembre 2020 - 14:53  message privé !

Pas du tout accroché à leur évolution, je préfère largement le II, déjà un peu moins le 1000 et pas accroché le dernier, je vais encore laisser reposer ça. Par contre, je me souviens pas de ce premier, à part sa pochette inoubliable.

Note donnée au disque :       
Dioneo › lundi 31 août 2020 - 09:55  message privé !
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Oui, je me disais justement hier qu'eux aussi, j'avais un peu lâché le fil de leurs sorties et qu'il faudrait que j'y retourne vior ! (Faut dire que de mémoire, 1000 m'avait moins causé, jcrois bien...).

sergent_BUCK › lundi 31 août 2020 - 00:58  message privé !
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Franchement, écoutez le tout dernier, 'Le Livre des Merveilles'

Note donnée au disque :       
Dun23 › dimanche 30 août 2020 - 18:59  message privé !

C'est prévu, le premier a un fort goût de reviens y.