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Rotting Christ › Kata ton daimona eautou

cd | 10 titres | 51:37 min

  • 1 In Yumen - Xibalba [06:24]
  • 2 P'unchaw kachun - Tuta kachun [04:44]
  • 3 Grandis Spiritus Diavolos [05:52]
  • 4 Κατά τον δαίμονα του εαυτού [04:52]
  • 5 Cine iubeşte şi lasă [05:58]
  • 6 Iwa Voodoo [04:36]
  • 7 Gilgameš [04:02]
  • 8 Русалка [04:33]
  • 9 Ahura Mazdā-Aŋra Mainiuu [04:44]
  • 10 Χ ξ ς' [05:46]

enregistrement

Enregistré par Sakis Tolis au Deva Soundz Studio, Athènes, Grèce (juillet-octobre 2012). Mixé et masterisé par Jens Bogren au Fascination Street Studios, Örebro, Suède (novembre 2012). "Cine iubeşte şi lasă" enregistré au Esoteron Studio.

line up

Sakis Tolis (guitare, voix, basse, claviers), Themis Tolis (batterie)

Musiciens additionnels : Georgis Nikas (cornemuse), Babis Alexandropoulos (choeurs), Alexandros Loutriotis (choeurs), Theodoros Aivaliotis (choeurs), Giannis Stamatakis (choeurs), Eleni Vougioukli (piano, voix), Suzana Vougioukli (voix), Androniki Skoula (choeurs), George Emmanuel (guitare).

remarques

Titre translittéré.
Sorti également sous forme vinyle par Season of Mist. Edité en CD également par Mazzar (Russie) et Heavy Metal Rock (Brésil). Edition cassette par Inferna Profundus (Lithuanie).

chronique

Rotting Christ. Appétissant ! J’espère que nos lecteurs chrétiens ne vont pas prendre ombrage en lisant cette nouvelle chronique bouffeuse de curetons… mais c’est comme ça, on aura beau balancer de l’eau bénite autour de Clisson, le rock est sorti des États-Unis et non de Thaïlande. L’export de ce mélange de chants religieux et de blues dans leur valise soft power s’est infiltré partout en Europe, et 1 ) le rock étant officiellement une musique de révolte, le metal aussi a fortiori, 2) ces musiques ayant marmité dans les garages de pays en voie de déspiritualisation intense, MAIS toujours dominés par les coquilles désormais vides des religions majoritairement en place, eh bien l’expression de la révolte metal européenne sera toujours à un moment donné plus anti-chrétienne qu’anti-bouddhique. Voilà. Rotting Christ, “Christ Pourrissant” (révolte toussa), groupe de metal d’Athènes a une histoire bien alambiquée, se construisant une identité transgenre, à l’image d’autres combos comme Tiamat ou Samael : ils sont en effet partis du grindcore pour arriver à un black metal enrobé de gothique… un peu comme si Extreme Noise Terror jouait aujourd’hui du Lacuna Coil, pour caricaturer (oh, vraiment ?). Près de 25 ans séparent le premier album de celui-ci, sorti en 2013. Alors, quid, quo, quoi ? Déjà, ce qui me plaît, c’est que le groupe ne va pas forcément chanter qu’en anglais, on aura droit à du roumain et du grec, au moins, et ça passe très bien façon complainte ou growlée. Ensuite, ce disque est original, voulant faire un tour international de l'occulte (voodoo, démonologie à la grecque, sumérianisme...), même si j’imagine qu’il ne va pas forcément plaire aux plus ténébreux tendance glauque d’entre vous. Côté forme, je pourrais en fait qualifier cet album de “liturgie metal”. Non ? Écoutez, Madame Chazal, quasiment tous les morceaux ici présentés sont chantés, enfin entonnés comme si on avait une chorale de prêtres pleins de taurine derrière le micro, avec force "woohooh" bien graves, scansions terribles, tambours, synthés, clochettes, cabrette et nana au fond qui fait des wüüüüüüü, yaaiiiyaa un peu comme dans des BO de peplums modernes (genre les bouses hollywoodiennes comme Troie ou Alexandre…). Mais vous me répondrez : “et alors ?”. Et alors, après m’être envoyé trois hectolitres de groupes qui veulent faire juste comme c’était avant (mais avant quoi ?) ça m'a fait du bien d’entendre quelque chose d’un peu original, et de sentir des mélanges, une nouvelle potion sortir du creuset - ici, ça serait un morceau de folk tradi en fond de sauce avec une pincée de Bathory, un petit bout de chants de moines cisterciens, un chouia de Dead Can Dance, du riff metal metal et une masse de testicules pleines d’énergie. Les titres se veulent d’un solennel très pincé, dans des ambiances tellement sorties d’un générique de fin de Gladiator que ça peut friser le ridicule - il m’arrive parfois de voir les pénitents fans du Dies irae dans le film Sacré Graal quand j’entends leur récitations alignées les uns derrière les autres par exemple. Bien sûr, vous aurez encore des thèmes bien black avec blastouillerie de batterie légère comme une sauterelle, grognement d’ours mal léché, gros riffs, et tout, mais s’il n’y avait eu que cela, je n’aurais peut-être pas écrit sur ce disque… car celui-ci est quand même le résultat d’un travail réel d’exploration des possibles dans un pot commun mélangeant malfaisance black / solennité goth / puissance marketing pour survivre. Surproduit, d’une grandiloquence incroyable en ces temps d’une grisaille affreuse, ce dernier album de Rotting Christ est somme toute assez rafraîchissant malgré le nom de groupe qui sent le faisan et le titre de l’album qui sent le Père Lachaise, dans son intention de créer des autels d’une ténèbre insondable à chaque coin de chapelle tout en essayant à la fois de contenter le monde des festoches metal et de creuser un peu plus loin en se sortant les doigts de la salade - et Dieu sait qu’il y a beaucoup de chapelles en Grèce. Cela sera donc un 4,1, sous le soleil de Satan. Ou de Dieu. Ou d’autre chose, si vous êtes trop offensés par le discours d’enfants de chœur retors de Rotting Christ.

note       Publiée le samedi 20 décembre 2014

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Wotzenknecht › vendredi 5 mai 2017 - 10:22  message privé !

En fait non, c'est un fondant au chocolat qui nous glisse dans la gorge transie. Moëlleux et sucré. Putain d'endorphine.

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Demonaz Vikernes › vendredi 19 août 2016 - 15:17  message privé !

Un album qui donne l'impression d'avoir était fait uniquement pour déboîter des nuques en concert (et ça marche d'ailleurs, toujours un plaisir de les voir). Efficace, indéniablement.

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Wotzenknecht › samedi 26 mars 2016 - 18:56  message privé !

Usine à hymnes ! Facile mais imparable, comme du chocolat noir 79%.

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