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Radikal Satan › Clochette

1cdr • 5 titres • 31:11 min

  • 1Circa 55:58
  • 2Barcelona3:58
  • 3Artox3:13
  • 4Periférico6:05
  • 5Espacio11:57

enregistrement

Enregistré en direct sur Radio Bronka (radio libre de Barcelone), durant l'émission Fuck The Bastards, où le groupe avait été invité à l'occasion d'une tournée.

line up

César Amarante, Mauricio Amarante, Johnny Bourguine (percussion et cassettes)

Musiciens additionnels : Mr Labrador et Dr. Stephane (sur 5)

remarques

CDr tiré à deux cents exemplaires, offert avec le n°2 du fanzine La Voix Des Sirènes.

chronique

Belle stratégie de l’égarement, encore : ce disque n’est pratiquement constitué que de reprises du groupe lui-même, morceaux entendus sur d’autres disques d’avant. Joli jeu retors qu’ils nous lancent : êtes vous capables, comme ça, de nommer pour chaque plage l’album où ils l’ont prise, dérangée ? Pour l’un : Surprise ! On n’y arrive pas du tout. On avait bien trouvé que chacun, pourtant, avait son ambiance propre. Ou bien pour l’autre : Surprise ! On les replace une à une, sans erreur. On était persuadé, pourtant, que ce groupe n’avait fait qu’un seul disque, vaste, indéfinis, en tranches découpées aux contours de hasard… Jeu fin et changeant : certaines tournent encore autours de leurs durées premières. D’autres les doublent ou les rétractent à leur mitan. On reconnaît des proportions : pourtant les distances, les volumes, ne sont pas les mêmes. Sur Periférico, César Amarante bouffe et braille des paroles dont on croyait se souvenir. On jurerait qu’il les a changées. Il s’agit de jeter d’autres ombres pour modeler. "La nuit s’ouvre doucement en dessous du paradis…". Les bidouillages – les enregistrements de sons quotidiens – ont varié, sont ceux d’autres moments. Découvre-t-on vraiment ce message téléphonique ? Est-ce une réminiscence ? Est-ce un trait de la chanson, une composante, une ligne qui déjà, ailleurs, avait tenté une… sortie ? Et cette voix, d’ailleurs – la transition s’est faite, imperceptible, d’une piste à l’autre – était-elle une fin, l’amorce de ce nouveau, de ce dernier morceau ? Celui là seul, de fait, est de nom, de tracé, de mélodie, inédit. Les doigts du contrebassiste, souvent, tout au long du disque, tambourinent sèchement – frappent des phalanges – sur l’instrument, son corps de bois, pour faire seul rythme ou presque, le pied à l’autre bout du type cognant ou non sur la cymbale. Je l’ai vu faire ça, en concert. Je suis sûr, à ce point de l’écoute, de l’avoir entendu, avant. Réalise-t-il seulement ce geste comme technique, l’explore-t-il, l’essaye-t-il complètement ? Le tenait-il en plein sans que je m’en sois aperçu ? Clochette – instruments de rituel, tiens, souvent, ceux du nom qui fait ce titre ; de fêtes populaires ; les monarques aztèques et ceux de leurs prisonniers qu’on apprêtait au sacrifice dans le théâtre donné en offrande au soleil, en portaient aux chevilles, au cou ; et certes : les grandes surfaces et les supermarchés en font aussi l’usage, me direz-vous, aux alentours de noël ; certes ; et puis il y a une fée, paraît-il, qui se nomme ainsi – n’est pas une manière de best-off. C’est un objet sorti à titre d’auteur, CD gravé mais tamponné d’aucune cote, encore. De toute façon, un tel groupe ne saurait assembler, proposer ce genre d’objet moyen, tiède équilibre, échantillon – la compilation, j’entends dans l’acception commune. C’est un montage de leurs obliques, de leurs traverses, une autre machine de guerre – celles qui ne servent pas à la guerre mais à la vie. Une musique qui n’est pas un art spécialisé. Mais un moment fiché, traversé, posé dans l’existence – on y entre, on y sort, et vice-versa. "… mais de chercher de nouvelles armes". Ah pardon : ces mots-ci ne s’entendent pas sur ce disque ci. Ils ont été cités ailleurs. Ils résonnaient déjà, plus tôt. L’album s’achève sur un montage d’interview – des bouts coupés, passés à toutes les vitesses et dans des sens divers. Il s’appelle "Espace". Habitable, vital, vivable, ouvert… Interprétez comme vous voulez. De ça, ils viennent de faire leur part. Le disque suivant – leur dernier à ce jour, cette nuit où je vous l’écris – parlera d’une ville en feu.

note       Publiée le vendredi 12 décembre 2014

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Klarinetthor › lundi 3 août 2015 - 22:24  message privé !

L'ecouter en suant a grosse gouttes, surtout ce Radikal satan-ci assez facile a penetrer, c'est vraiment le pied. Ca me ferait presque aimer la chaleur etouffante.

Note donnée au disque :       
Dioneo › vendredi 12 décembre 2014 - 18:57  message privé !
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Salut ! Et merci beaucoup à toi pour les infos. J'avais pris les miennes sur discogs, c'est parfois hasardeux... Je vais corriger ça donc. (En plus vos disques sont parfois assez chauds à trouver ! Ce qui fait qu'on apprécie d'autant plus que vous les mettiez librement à dispo sur votre site). Il m'en reste d'ailleurs un à chroniquer, tiens.

(PS... Bon, le PS plutôt en MP, en fait, si jamais tu repasses par là).

cesar › vendredi 12 décembre 2014 - 18:40  message privé !

Bonjour Dioneo, merci beaucoup pour tes chroniques !! je voudrais te donner quelques infos supplementaires concernant ce disque. Il a eté enregistré, lors d'une tournée, dans une radio libre de Barcelona, "Radio Bronka", pour l'emission "Fuck the Bastards". Tout a eté joué en direct, autour de la table, avec Johnny Burguine en percussion et cassettes sur tous les titres et avec la participation de Mr Labrador et le Dr. Stephane sur "Espacio".... Melody et Austin ne jouent pas. En tout cas, merci encore !!