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The Flaming Lips › The Dark Side Of The Moon

cd • 9 titres • 41:00 min

  • 1Speak to Me/Breathe05:19
  • 2On the Run03:55
  • 3Stardeath and White Dwarfs - Time/Breathe (Reprise)04:56
  • 4The Flaming Lips - The Great Gig in the Sky03:58
  • 5The Flaming Lips - Money05:31
  • 6The Flaming Lips - Us & Them07:45
  • 7Any Colour You Like02:42
  • 8Stardeath and White Dwarfs - Brain Damage04:42
  • 9Eclipse02:12

extraits vidéo

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line up

The Flaming Lips : Wayne Coyne, Steven Drozd, Michael Ivins, Kliph Scurloch; Stardeath and White Dwarfs : Dennis Coyne, Casey Joseph, James Young, Matt Duckworth

Musiciens additionnels : Peaches (voix 1, 4), Henry Rollins (voix 1, 3, 4, 5, 6, 8, 9)

remarques

Le titre original est : "The Flaming Lips and Stardeath and White Dwarfs With Henry Rollins and Peaches Doing The Dark Side of the Moon", l'album étant crédité à la fois aux Flaming Lips et à Stardeath and White Dwarfs.

chronique

Styles
rock
progressif
psychédélique
indie rock
Styles personnels
répertoire pop classique transfiguré

A l'heure où sont écrites ces lignes, la question se pose alors que les Flaming Lips reprennent intégralement le monument Sgt. Pepper en compagnie d'invités aussi à priori aberrants que Miley Cirus, pop-star génération Pornhub et twerking, se mettant à dos aussi bien les pénibles gardiens du temple des Beatles que des légions de vieux indie-kids fustigeant à coup de "you sold out !" leur ancien groupe vénéré, déjà devenu louche à force de sorties qui sentaient le gimmick foireux, à présent juste bon à être voué aux gémonies pour perte définitive de crédibilité voire de crise de la cinquantaine (Wayne Coyne, vieux dégueulasse qui se toucherait sous son costume à paillettes devant le cul cambré de Miley la Marie-salope ?), et que ce qui reste de Pink Floyd, c'est à dire plus grand chose de ragoutant, se lance dans un dernier raclage de tiroirs sur la carcasse de Rick Wright qui n'en demandait pas tant histoire de faire les fonds de poche des fans les plus séniles ou les plus sourds (souvent les deux à la fois), la question se pose donc : n'y a-t-il plus rien de sacré dans l'histoire de la pop ? D'ailleurs n'est-ce pas là une conception ridicule, grotesque, risible ? La pop. Cette petite chose fragile élevée au rang d'Art du 20eme siècle (le précédent, alors que la génération d'après le bug de l'an 2000 arrive déjà à sa majorité sexuelle), que les baby-boomers, vite fatigués du jazz et incultes en terme de musique classique ou contemporaine (bourgeoise, forcément, alors qu'eux-même ne le deviendront que plus tard, quand ils feront de leurs vieilles idoles défraichies les nouveaux dieux d'un nouveau Panthéon, que même les plus odieux réacs d'entre les réacs pourront alors se réclamer fans de la première heure des Rolling Stones) a porté aux nues sans trop savoir pourquoi. Parce qu'ils s'emmerdaient entre le plein emploi et la révolution sexuelle, probablement. Vu de 2014, est-ce que cette vénération n'apparaîtrait pas un peu fate ? La pop, figée dans le temps. Au musée. Pire que le jazz, car interdit d'y toucher. Ce serait une offense que d'oser *interpréter*. Politique des auteurs, de la chanson. Pourtant le répertoire, il est bien là pour être chanté, joué, repris, tordu, malmené. Et pourquoi pas d'abord ? Est-ce qu'on serait arrivé au point où il faut s'agenouiller bêtement devant quelques accords, même pas savants ? La musique classique est interprétée. Le jazz est interprété. Le folk, au sens des traditionnels, est interprété. Et la pop serait devenu cette chose prise dans le ciment, intouchable, au risque de déchainer les cris d'orfraie de rock-critiques tous plus liquides les uns que les autres, de vagues de vieux fans déjà rongés depuis longtemps par la maladie de la ratiocination imbécile du "à mon époque" ? Laissez le sacré où il repose, dans les églises. On s'y emmerdera bien assez à nos enterrements. Les Flaming Lips ont raison de reprendre à leur goût leurs classiques. "Dark Side of the Moon". Plus emblématique, tu meurs. Un truc tellement énorme qu'une génération entière a été traumatisée par ce machin un peu génial, un peu mal foutu, très vendeur avant tout. Sacré "Dark Side" ? Pas touche ? Et pourquoi pas ? D'ailleurs personnellement je m'en contrecarre de "Dark Side of the Moon". Tout a déjà été dit. Trop même. Beaucoup trop. Y compris que finalement, le Floyd avait fait mieux avant et ferait mieux après. Peut-être Wayne Coyne et ses Lips ne sont pas d'accord. Peut-être est-ce leur album préféré. M'en fout. Il peuvent bien en faire ce qu'ils veulent. D'ailleurs je préfèrerai toujours les Flaming Lips à Pink Floyd. Du coup, le risque de lèse-majesté, d'outrage à un monument de la pop, ne m'effleure même pas. Et le résultat est là. Ce "Dark Side" sonne d'abord comme du Flaming Lips, avec ces basses énormes, ces guitares triturées, ces voix fausses au-delà de la rupture, ces claviers élégiaques mais lessivés de tristesse. Alors les Lips ne sont pas seuls, mais soyons honnête, Stardeath and White Dwarfs, groupe du neveu de Coyne, est pratiquement indétectable au milieu de ce mix, tellement leur son est noyé dans l'esthétique des fondus de Tulsa, Oklahoma. Et les narrations faites par Henry Rollins, rien de moins, ne sentent pas le featuring décalé juste pour faire genre, les Lips viennent d'ailleurs de ce grand écart là, entre le hardcore et le prog, entre le noise et les trucs de hippies. D'un coup, je redécouvre cet album que j'ai toujours trouvé surfait. Les sommets y prennent des détours surprenants, balayant les gimmicks à base de bruitage sans doute fascinants à l'époque mais légèrement kitsch aujourd'hui, et les pièges y sont évités avec un culot monstre (voir le traitement impitoyable réservé à "Money", scie d'entre les scies, massacrée, désossée, salie et ainsi régénérée sous forme d'une bizarrerie lo-fi). Les grandes chansons apparaissent comme elles sont, c'est à dire tout aussi grandes, mais avec ce son propre aux Lips, un son qui me touche, m'émeut beaucoup plus que celui du Floyd (en ça je vais ressortir le cliché de la génération, mais non, je n'échangerai pas "The Soft Bulletin" contre toute la disco des dino du space rock certifiés audiophile), à l'image d'une bouleversante "Us and Them", traversée de vents cosmiques, déposée douloureusement dans le creux de l'oreille. Sans parler du fait que Peaches (un featuring vraiment inattendu pour le coup, mais bien raccord avec l'esthétique des Lips, avec déjà le côté slut-en-minishort qui en annonce d'autres à venir), dans un écho dégueulasse, remplace très avantageusement les ignobles vagissements qui foutaient en l'air le par ailleurs sublime "Great Gig in the Sky". Les Flaming Lips font ressortir l'aspect quasiment funky de certains morceaux, les grosses syncopes rythmiques accompagnées de guitares salopées et noisy accompagnant des cascades de synthés aquatiques. Par l'alchimie des Flaming Lips, "Dark Side of the Moon" reprend des couleurs, se révèle plus grand qu'il ne m'apparaissait. Parce que leur singularité est à la hauteur des morceaux qu'ils interprètent. Parce qu'ils n'hésitent pas à malmener la bête. Parce qu'ils sont un immense groupe. Et que du coup, si je devais choisir entre l'original et leur version, c'est bien celle-ci que je choisirais. Hérésie ? Et alors ? Plutôt brûler avec les hérétiques dans un immense feu de joie que de s'incliner devant des monolithes de finalement peu de chose.

note       Publiée le mercredi 10 décembre 2014

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Aladdin_Sane › jeudi 19 mai 2016 - 11:00 Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Je retenté une écoute de l'album de reprises du Sergent Poivre et c'est finalement moins catastrophique que dans mon souvenir. Comme quoi, il faut parfois laisser du temps...

dariev stands › vendredi 12 décembre 2014 - 13:16 Envoyez un message privé àdariev stands
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Mais non Lennon n'aurait pas adoré, voyons, Saint-Lennon aurait condamné car Saint-Lennon n'avait pas d'humour c'est bien connu, et d'ailleurs il n'aimait que les intellectuelles japonaises maigres ! ;)(psst, en vrai John Lennon aurait trouvé ça génial et invité Milette à une partie fine avec May Pang la famous slut "class of '73" et . Quant aux Flaming Lips, ils déjà joué un titre avec Justin Timberlake à la basse, et même avant ça, ils ont pas attendu la célébrité puisqu'ils étaient déjà dans Beverly Hills 90210 en 93... Et le sacro-saint "Dark Side", il suffit de voir l'historique des comms ici pour voir que pas mal de monde s'est rendu compte qu'il était pas si inattaquable que ça. Sur youtube c'est pas vraiment les plus fins qui l'ouvrent, un peu comme partout ailleurs mais en pire, quoi. Qu'ils aillent voir une vidéo des Rutles (approuvé et finançé par les Beatles) ou mieux le clip de "Je m'éclate au sénégal" pour comprendre l'esprit, si ils le peuvent.

Dun23 › vendredi 12 décembre 2014 - 07:58 Envoyez un message privé àDun23

Vient de mater la video de Lucy. Petit exemple de commentaire parlant:
I think John Lennon will come out from his grave, get in a taxi, go to Miley "I'm so cool" Cyrus and slap her face with his boney hand. Then, he'll go to the Flaming "Our fame is dwindled so we asked Miley "I'm so cool" Cyrus the famous bitch" Lips and burn them down. Then he'll go back to his grave and Yoko is still alive.
Si ça se trouve, Lennon aurait adoré! Moi j'ai bien aimé, faut dire qu'on y voit un joli cul dedans, m'en faut pas plus!

(N°6) › jeudi 11 décembre 2014 - 17:52 Envoyez un message privé à(N°6)
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Les Salman Rushdie de la pop. J'aurais aimé la trouver moi-même ! C'est bien tourné. Y a qu'à voir les réactions outrées lors de leur performance avec Miley Cyrus, un mélange habituel de slut-shaming et de pose hystéro-orthodoxique mélangeant l'indie-cred (comme si c'était une valeur morale, la marrade) et la préservation du Temple Pop. Y a d'ailleurs une sorte de lien entre les deux quand on y pense. Wayne Coyne brûlera en enfer. J'espère qu'il fera un album de r'n'b la prochaine fois.

Dun23 › jeudi 11 décembre 2014 - 17:37 Envoyez un message privé àDun23

J'ajoute mon avis et mon avis, c'est que N°6 pose d'entrée de jeu le problème des trucs machins bidules cultes: comme le prophète, il ne faut pas y toucher sous peine de se voir prononcer contre soi une fatwa des auto proclamés détenteurs de la vérité vraie. Les Flaming Lips deviendraient ils les Salman Rushdie de la pop? Y'a qu'à voir les coms sur tutube où j'ai écouté le bouzin, une fois, histoire de pas mourir idiot, Darkside n'est clairement pas mon PF préféré mais je trouve la démarche sympa. C'est bien foutraque, Peaches assure méchamment (si c'est bien elle sur Gig), bref, c'est rigolo. Mais j'irai pas l'acheter.