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Syndromeda › Connected!

  • 2014 • SynGate Syngate | CD-r SS20 • 1 CD

cd • 5 titres • 68:52 min

  • 1The Smell of Fear 17:08
  • 2They Live in the Black Hole 13:31
  • 3Into Temptation 12:16
  • 4Inside That Thing! 16:19
  • 5Syndromeda's Soundpool 9:37

line up

Danny Budts (Synthétiseurs Roland, Claviers, séquenceurs, percussions, percussions électroniques et FX)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://www.syngate.biz/Syndromeda-Connected

chronique

Faut voir la pochette pour comprendre toute la signification de ce dernier album de Danny Budts. Les fils de sa bête lui rentrent dans la tête! Et c'est un peu beaucoup cela l'univers de Syndromeda. Il faut aborder la musique du synthésiste Belge avec une bonne ouverture d'esprit. Faut voir la musique avec ses oreilles ou l'entendre avec ses yeux. C'est selon. Il faut accepter d'y voir ses couleurs et d'entendre ses formes s'embrouiller et se frotter dans un univers surréaliste. Et “Connected!”, comme la très grande majorité des œuvres de Syndromeda, c'est l'univers de la MÉ et de ses infinis possibilités.
C'est par la voie des vents intersidéraux que "The Smell of Fear" tente une approche entre nos oreilles. On reconnait d'emblée la signature musicale de Syndromeda avec ces multiples pépiements et ces murmures d'une autre dimension qui assaillent la paisibilité des brises cosmiques et de ces vagues qui les enroulent délicatement. Ça beau être ambiant que le territoire semble marqué par une subtile odeur d'inconfort. Des ions moqueurs se mettent à sautiller un peu après la barre des 6 minutes. Leurs tonalité organiques dégagent aussi ce parfum de psychédélisme cosmique qui rôdent souvent dans les œuvres de Danny Budts. Ces ions sautillent et batifolent avec leurs ombres alors que des lignes de synthé nasillardes infiltrent la danse passive des séquences avec des brises moirées et des ébauches de solos torsadées. Si délicate et imprécise, la structure du rythme de "The Smell of Fear" gonfle sa pression avec des séquences basses qui accentuent et alourdissent une cadence, toujours aussi passive, qui se gorge d'une fusion de séquences et dont les pépiements et les vifs pas lourds débouchent vers une finale où la brève fluidité du rythme se perd dans les confins du cosmos. Après une autre intro ambiocosmique, qui entoure en fait les 5 titres de “Connected!”, où une chorale d'enfants fantômes exhument ses chants et ses murmures dans de lentes nappes de réverbérations, "They Live in the Black Hole" propose une lente figure de rythme sphéroïdale. Une horde d'ions sauteurs, dans des tons de basses et de pépiements organiques, organisent une ascension sous de sinistres lignes de synthé bourrées de résonnances et de bourdonnements et dont les effets électroniques amplifient le décor d'un univers analogue que Syndromeda arrose de solos aussi perçants que magnétisants. J'ai bien aimé. Les brises qui enveloppent l'introduction de "Into Temptation" nous plonge dans les univers très acidifiés des premières œuvres de Klaus Schulze. On peut y entendre les poussières d'éther hurler dans ces vents lugubres qui peu à peu dévoilent la délicate approche d'un rythme ascensionnel et de son mouvement linéaire orné de subtiles caresses d'un synthé somme toute assez mélancolique. C'est un bon titre, avec un bon rythme ambiant, qui me connecte avec les œuvres de Schulze, post Cyborg. "Inside That Thing!" est un audacieux titre ambiosphérique, genre tribal ambiant, qui présente une première partie sculptée à travers les mailles de fines modulations et les vagues de subtiles impulsions. D'oblongues réverbérations et des lames de synthé déterrent des voix rauques qui marmonnent comme les lamentations du seigneur des didgeridoo, traçant un mince parallèle avec les odes au désert de Steve Roach. L'attrait réside dans ces impulsions qui tranquillement jettent les bases d'un rythme qui gonfle sa cadence en cachette. On doit cependant attendre à l'orée des 10 minutes pour entendre ce rythme éclore. Il est doux et embrasse les pulsations soutenues d'un mouvement de techno ambiant, alors que "Inside That Thing!" secoue des ions plus limpides qui hoquètent dans une belle phase de rythme, assez complexe, qui irradie tous les charmes ténébreux des œuvres de Syndromeda. Avec un titre comme "Syndromeda's Soundpool", on comprend que nous entrons dans le garde-manger sonique de Danny Budts. Des vents patibulaires, des voix d'outre-tombe, de lentes réverbérations caustiques, des pépiements électroniques et une ébauche de rythme qui égare ses séquences dans un océan de dissonances; tout l'arsenal qui meuble les structures complexes de Syndromeda git ici comme une peau qui veut se faire gonfler. Et ça arrive! Par un rythme qui crache des tambourinements dans les reflets des séquences scintillant comme les charmes noirs d'Halloween et les chants irisées des solos de synthé aux torsades magnétisantes. En fait, "Syndromeda's Soundpool" est très à l'image du style de “Connected!”, mais avec une plus grande parade psychédélique où le rythme, comme les ambiances, nait du néant de la bête aux mille fils pour finir par épouser une forme dont les charmes ne seront jamais à ignorer.

note       Publiée le samedi 6 décembre 2014

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