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Poporc › Schisskhotz

cd • 22 titres • 42:46 min

  • 1Barriage4:24
  • 2Clontact2:42
  • 3ULTRA BEATBOX BREAK1:30
  • 4Ach…2:05
  • 5Le prix du vin4:23
  • 6Raccourci pour vega1:31
  • 7Utax.jpg2:12
  • 8Interlude Byte-Bougah0:51
  • 9IL parle par ma bouche0:52
  • 10Le-petit-sifflet4:12
  • 11Qua Maggle2:10
  • 12Bou Boit Bièa0:19
  • 13Croonette1:36
  • 14ULTRA BEATBOX22:45
  • 15Savoir-Parler1:36
  • 16La Vie Du Rail0:55
  • 17Frotis0:47
  • 18Paulette et son pépé2:46
  • 19Banalités2:38
  • 20Godziamaman ovrer Dresden2:06
  • 21teuh1:04
  • 22Jah is my puyo bean2:32

extraits vidéo

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enregistrement

Non renseigné.

line up

Poporc

remarques

Cet album - qui n'existe pas sous forme matérielle - est téléchargeable gratuitement sur le site de Los Emes Del Oso (voir la rubrique des éditions). Il est également disponible en écoute et en téléchargement gratuit sur la page freemusicarchive de l’artiste (voir lien ci-contre).

chronique

Sur la pochette – l’image qu’on télécharge avec les mp3 – un type vêtu d’un costume-masque en plat de côte ; d’intérieur de quartier de bœuf, tout simplement ; ou alors d’une peau de dindon géant retourné, on ne sait pas trop. Sur ses phalanges – façon Robert Mitchum dans La Nuit du Chasseur, évidemment – les mots LOVE et… BITE. Emballez, ça fera le concept. Attendez… Le titre du disque est imprononçable – de l’alsacien édenté ? du kobaïen cuité ? de la frappe au hasard sur le clavier ? Pas grave… De toute façon, ce n’est pas écrit sur la tronche de la volaille-pièce-de-boucherie, ni à côté ni en-dessous ni nulle part. Attendez voir… Un mec parle en anglais au ralenti. Une intro en voix ridiculement grave. Il cause d’amour. Cette passion, cet infini… Puis du cul de la baratinée. "Tout est dans ton corps, comme si tu étais… Ma mère ou je ne sais pas…". On entend qu’il actionne des bidules, des boutons. Sans doute des magnétophones à cassettes. A un coin de foutaise voilà qu’il se met à brailler, façon power electronics. BWWWAAAAAAAHHH ! Attendez voir un peu, mais… Mais… Mais c’est totalement n’importe quoi, ce truc ! Eh oui. Mais "la vie c’est la mouise". Votre banquière vous le dit tous les jours, avant de rentrer chez elle poster les photos de ses gosses en train de s’amuser chez Mickey, entrées payées avec vos agios. Taux fixe. C’est comme ça mon bon monsieur. Ma bonne dame. Jeune homme, poulette. Votre groupe de black metal – true, dépressif, régional-socialiste, c’est au choix – vous le vend la même, vous refourgue le même message : servez vous ; démerdez vous – mais avec eux ne vous avisez pas de rire, c’est sérieux, leur philo… Bon. Il faut admettre que dudit N’Importe Quoi – je veux dire : dans le délibérément entorse à toutes les mœurs acceptées, protégées, dans l’insulte à tout – Poporc est bel et bien une sorte de maître. C’est ce même type qui balance sur fond de bruit blanc-rose-rouge-suintant des insanités revancharde dans Gouffre d’un Pôle à l’Autre – rappelle-toi la Rue de la Bite ; celui qui menace, délire, attaque en mode pithécanthrope aux hormones de feu chez 1400 Points de Suture ; celui aussi qui sous le nom de Jean Poultre dévide du spoken word gaulliste-vichyste-psychotique en roue libre – ça existe : si vous en doutez, écoutez le donc sous cet alias déblatérer sur une certaine idée de la France ; ou alors allez : imaginez un peu Ferrat déclamant du Déroudèle mâtiné Mauras. Bref… C’est cet Outrageux là. Et ces vingt-deux plages nous assènent toutes les facettes de son art. Power Electronics, donc, saturations instables à gros grain, gueulantes sans queue ni tête pitchées à la main – je soupçonne que les voix soient alors simplement enregistrées à la "mauvaise" vitesse, en enclenchant pas complètement, par exemple, la touche "play" en même temps que "record ", avant d’être rejouées "normalement" ; autres cris simplement enregistrés trop fort, afin que la bande en nous les restituant dégueule en masse de saturations à tous les étages du spectre (c’est beau, l’analogique…). Une idole bien de chez nous (bien que belge, à vrai dire) qui passe un sale quart d’heure, la face refaite à coup de cut-ups et de distorsions barbares. Des sketches à la débilité terminale où tout le monde prend pleine-face : les dark-indus-folk nazillons (Ach… ou comment se payer la tronche de Der Blutarsch et autres collectionneurs d’épaulettes Troisième Reich en trois phrase de yaourt pseudo-teuton réverbérée/accélérées) ; les cultivateurs à l’accent de Colmar et les Wesh de cité jamais sortis de leur béton (Le prix du vin…) ; les Chinois, les babos, les journalistes amateurs (Bou Bois Biè ou Banalités : les Inconnus, se remettant d’un brainstorming sous colle à rustine, relisent avec horreur leurs brouillons… et les refilent illico à la chaîne qui les emploie pour une soirée spéciale "consternation") ; le temps béni du service militaire (Savoir-parler…). Curieusement il y a une espèce de blues vocal, à un moment ; visiblement assemblé, construit selon les mêmes techniques primaires de bidouillages et de superpositions. Plus bizarrement encore : c’est ici assez beau. Pire que tout : il y a partout des passages où ça tourne franchement à l'hilarant. Des sons de vaisseaux spatiaux à budget pièces jaunes. Des bruits de fouet en famille avec des grognements de femmes qui jouissent. Des jacks branchés à un seul bout et tripotés indécemment de l'autre. Et puis... "Oui, bon, mais quand même, c’est bien bête, et crasse, et tout". Oui ! Mais c’est – à sa manière – foutrement inventif. La crasse, la merde, ça la sculpte : le matériau est malléable (et de plus abondant, partout et toujours). Ça s’explore. Lui en fait son artisanat. Nous le sert jusqu’à la garde. Et puis "IL" Parle Par Sa Bouche. Le Malin ? Jean-Louis Costes De Son Vivant Réincarné ? Le Grand Démiurge A La Coulée De L’Univers Même ? … Peu importe. Ça éjecte, ça souille, ça soulage. C’est un moment chaud et sale. C’est un peu vain en effet, si vous y tenez. Après, ça va mieux. Au moins on aura ri sans voir venir. Il y a eu cet élancement et ce bruit pas agréables – comme quand le dentiste perce l'enflure (et dans le même instant presque vous vous sentez l’haleine d’un qui aurait bouffé quelque vermine, au passage du pus). Il n’empêche qu’après ça on se trouve désengorgé. Je l’ai trouvée assez bonne, après tout : la farce, la phase, la sortie, l’incongrue. Je repasserais bien une autre fois pour un de ces bains à même le réservoir.

note       Publiée le samedi 6 décembre 2014

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cyberghost › vendredi 19 juin 2015 - 12:34  message privé !

Et Jean Poultre ?
http://crapautronc.blogspot.fr/
Je me tape les sons de ce site depuis le début de la semaine ; j'avoue que je peine à m'en lasser :-D

Klarinetthor › dimanche 14 décembre 2014 - 16:48  message privé !

Bon je sais pas s'il y a un trip à avoir; j'apprécie pour l'instant que les passages spoken crument droles, ce qui ne fait pas lerche.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › dimanche 14 décembre 2014 - 16:25  message privé !

Tel Wotz écoutant White Noise quand son facteur arrive, Poporc fait (logiquement) venir les poulets. "listening to video games?"; eh bien non c'est bien pire que ça. M'ont cassé mon trip du coup.

Note donnée au disque :